Après le passage dévastateur d'Irma :

Reprise du pont aérien et maritime avec Saint-Martin, Macron sur place mardi


Publié / Actualisé
Le pont aérien et maritime a repris dimanche avec l'île de Saint-Martin, dévastée par l'ouragan Irma mais épargnée par José, sur laquelle se rendra mardi Emmanuel Macron alors qu'une partie de la population a critiqué l'action de l'Etat, comme certains politiques à Paris.
Le pont aérien et maritime a repris dimanche avec l'île de Saint-Martin, dévastée par l'ouragan Irma mais épargnée par José, sur laquelle se rendra mardi Emmanuel Macron alors qu'une partie de la population a critiqué l'action de l'Etat, comme certains politiques à Paris.

 

"Le président de la République a décidé de partir dans la nuit de lundi à mardi pour Saint-Martin. Il passera la journée sur l'île pour pouvoir s'entretenir avec les habitants et les élus de l'île", a annoncé dimanche soir le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb après une réunion à l'Elysée.

Après le passage de l'ouragan José plus au large que prévu de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy, l'heure est au soulagement sur place et à la reprise du pont aérien et du pont maritime pour évacuer en priorité les plus vulnérables dans un sens et acheminer du fret et des vivres dans l'autre.

Le pont aérien et maritime a repris dimanche avec l'île de Saint-Martin, dévastée par l'ouragan Irma mais épargnée par José, sur laquelle se rendra mardi Emmanuel Macron alors qu'une partie de la population a critiqué l'action de l'Etat, comme certains politiques à Paris.

A l'aéroport de Grand-Case, au nord de la partie française de Saint-Martin, un ballet incessant d'hélicoptères et d'avions a repris, a constaté l'AFP. Tifanie, 31 ans, part, seule et définitivement, valise cabine pour tout bagage: "Nos maris et frères restent pour aider, mais moi je pars, j'ai tout perdu".

La préfecture de Guadeloupe a également annoncé dimanche soir la reprise des liaisons maritimes entre la Guadeloupe, la Martinique et Saint-Martin. Un navire accostera lundi "avec une grue de 5 tonnes, qui permettra de décharger des conteneurs de grande capacité". Dans un paysage de ruines, les secours, militaires et forces de l'ordre dépêchés sur l'île sont désormais 1.500 et passeront bientôt à 2.000.

- "Ordre rétabli" -

"L'ordre a été rétabli. Il n'y a plus aujourd'hui les scènes de pillage" post-Irma, a assuré M. Collomb. Il y a eu 11 interpellations jusqu'alors, selon la place Beauvau. Une interdiction de circulation s'apparentant à un couvre-feu reste en vigueur à Saint-Martin entre 19H00 et 07H00 jusqu'à mercredi.

En plus de "145.000 bouteilles d'eau" livrées dimanche, "les vivres sont assurés et un des deux supermarchés de l'île a ouvert", selon le ministère de l'Intérieur, annonçant également l'installation "dans les jours prochains d'un hôpital de campagne sur Marigot".

EDF a indiqué que 140 tonnes d'équipements électriques étaient arrivés par avion en Guadeloupe avant d'être acheminés en bateau. Les opérateurs travaillent à rétablir au plus vite les télécommunications, toujours coupées alors que Radio France a lancé une radio d'urgence, disponible sur les ondes (91.1 FM à Saint-Martin) et sur internet.

M. Collomb a également annoncé une réunion lundi autour du Premier ministre avec les ministres concernés pour définir "un plan sur les questions de santé, de logement, de reconstruction". Avant le soulagement de voir l’ouragan José s'éloigner, la tension était parfois palpable à Saint-Martin. "Je suis en colère après Paris et sa gestion de crise", disait Nicolas, fonctionnaire depuis six ans sur l'île.

- Polémique politique -

Un début de polémique politique est aussi apparu à Paris. Marine Le Pen (FN) a dénoncé samedi un gouvernement n'ayant "rien anticipé" et des moyens "tout à fait insuffisants", Eric Ciotti (LR) a fustigé dimanche les "défaillances de l'Etat". Chef de file de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a réclamé une commission d'enquête parlementaire sur la gestion en amont de la catastrophe et "plus de solidarité" internationale dans les zones confrontées aux ouragans.

Face aux critiques, le gouvernement s'est défendu. Son porte-parole Christophe Castaner, a dit "comprendre la colère", mais insisté sur les moyens déployés par l'Etat et la "première priorité" donnée aux secours. "L'Etat, depuis le début, a fait face à la situation, a prévenu le pire", a assuré M. Collomb, pour lequel "le temps n'est pas aux polémiques".

"Jamais je ne laisserai dire que les services de l'Etat, que les services de la collectivité territoriale n'auraient pas été à la hauteur", a martelé Mme Girardin. "Tout ce qui devait être fait a été fait", selon le président du conseil territorial, Daniel Gibbs.

Après deux jours sur place, Mme Girardin s'est engagée à "revenir plusieurs fois sur l'île" qui "devra se transformer pour faire face aux cyclones de plus en plus fréquents".

Un premier coût des dommages a été évalué samedi à 1,2 milliard d'euros par la Caisse centrale de réassurance. L'ouragan Irma a fait au moins dix morts et sept disparus dans les îles françaises, quatre dans la partie néerlandaise, selon le dernier bilan. Cela porte à 27 le total des personnes ayant trouvé la mort dans les Caraïbes, si l'on ajoute six décès dans les îles Vierges britanniques, quatre dans les îles Vierges américaines, deux à Porto-Rico, un à Barbuda.

L'ouragan, rétrogradé en catégorie 4, a fait ses premières victimes en Floride, où il s'est abattu dimanche, avec trois morts dans des accidents de voiture visiblement dus aux vents puissants et pluies intenses.

AFP

   

Votre avis nous intéresse, soyez le premier à vous exprimer !