Baisse des loyers pour compenser celle des aides personnalisées au logement (APL) :

Les bailleurs sociaux de l'île sont inquiets


Publié / Actualisé
Le premier ministre Edouard Philippe a affirmé ce mercredi 13 septembre 2017 que la baisse des aides personnalisées au logement (APL) n'aurait "aucun impact" pour ses locataires. En précisant qu'elle serait compensée par une diminution des loyers identiques. Ces mesures restent pour le moment imprécises et suscitent l'inquiétude chez les bailleurs sociaux locaux.
Le premier ministre Edouard Philippe a affirmé ce mercredi 13 septembre 2017 que la baisse des aides personnalisées au logement (APL) n'aurait "aucun impact" pour ses locataires. En précisant qu'elle serait compensée par une diminution des loyers identiques. Ces mesures restent pour le moment imprécises et suscitent l'inquiétude chez les bailleurs sociaux locaux.

 

Après le tollé provoqué par l'annonce de la baisse de 5 euros des APL, le gouvernement en a rajouté une couche ce mercredi. Sur France 2, le premier ministre Edouard Philippe a affirmé que cette réduction n'aurait "aucun impact" sur les bénéficiaires. Elle serait effectivement compensée par une diminution des loyers "identique". Des mesures visant à faire des économies mais qui restent encore imprécises à ce jour. De quoi interroger les bailleurs sociaux de l'île : "C'est une annonce inquiétante, il y a une forme de méconnaissance des vertus du logement social" estime Olivier Bajard, directeur général de la SHLMR et vice-président de l'association régionale des maîtres d'ouvrage social (ARMOS).

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"Le modèle économique du monde HLM est simple, on finance la construction de logements par l'emprunt, soit nos fonds propres, les aides publiques ainsi que les loyers. L'équilibre subtil que l'on trouve aujourd'hui se fait sur 40 ans" indique le spécialiste. Dans ce sens, un bailleur social commence à être remboursé au bout de 40 ans de loyers payés. Selon Olivier Bajard, c'est l'investissement annuel attribué à l'entretien du parc locatif qui pourrait en pâtir. Parallèlement, le ministre de la Cohésion des Territoires a affirmé ce mercredi matin sur Europe 1 que des discussions étaient en cours avec les bailleurs sociaux à propos du montant de la baisse des loyers. "Nous mettrons en face des facilités pour les bailleurs sociaux" a t-il notamment affirmé, afin qu'ils puissent financer ce manque. Dans les tuyaux, entrent en compte l'allongement des prêts pour les bailleurs et le gel du taux du Livret 1 pendant deux ans. Ce qui permettrait de préserver le financement du logement social.

- "Les loyers sont quasiment gelés depuis deux ans" -

Mais le gouvernement peut-il contraindre un logeur à baisser ses loyers ? Erick Fontaine, président de la Confédération Nationale du Logement est nuancé. Cette contrainte pourrait se jouer à la fois sur un gel des loyers avec un blocage de leur augmentation au 1er janvier. Dans un deuxième temps, "c'est l'État qui fixe le prix des loyers au mètre carré", précise le spécialiste. Ce dernier est catégorique : "cette annonce est à l'image de tout ce que ce gouvernement annonce depuis le départ, c'est totalement incohérent."

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Olivier Bajard rappelle qu'à La Réunion, "33 % des gens sont au RSA et 50 % vivent avec moins de 1000 euros par mois". D'où une capacité difficile de compenser la baisse des APL. D'autant plus que, selon le vice-président de l'Armos, cela fait "des années" que les bailleurs sociaux ne se positionnent pas au plafond fixé des loyers. "Justement parce qu'on a conscience que la population que l'on héberge a un pouvoir d'achat limité" plaide t-il. Si cette annonce est avrée, il ajoute que les futurs logements devront intégrer cette baisse alors que "les loyers sont quasiment gelés depuis deux ans" sur l'île.

Du côté du BTP, cette annonce ne devrait également pas faire l'unanimité : "Ce qui maintient le bâtiment à flot, c'est le fait que les bailleurs sociaux continuent à produire. Il y avait un plan de logement outre-mer qui prévoyait la construction de 4000 logements par an, on en est péniblement à 2200..." lâche Olivier Bajard. Ce qu'il se permet aujourd'hui d'espérer, c'est que cette mesure prenne en compte les spécificités des territoires ultra-marins. Sur l'île, ce sont 27 000 personnes qui sont aujourd'hui en attente d'un logement social. Prévue à l'origine ce mercredi, la présentation du plan logement du gouvernement devrait être présentée la semaine prochaine lors du conseil des ministres.

mp/www.ipreunion.com

   

3 Commentaire(s)

ANONYME, Posté
Ah çà leurs inquiètes les bailleurs sociaux, qui vous font taxer des charges diverses tous les mois avec le loyer. Quand vous les appelez pour faire réclamation de travaux parce que c'est votre droit, ils vous recontactent quelques mois après, on vous envoie des sociétés bidons copinages qui viennent faire des travaux non contrôlés par le bailleur.. et avec çà ils ne sont pas content quand le gouvernement une baisse de l'APL..
Jocelyne Fontaine, Posté
Ah ça fait mal quand on vous ampute de 50 euros n 'est ce pas ? Pour contester tout cela , ils devraient envoyer LES ACTIONNAIRES DE LEURS SOCIETES D ECONOMIE MIXTE dans la rue avec brandissant chacun leur panneau de gains de puis 5 ans !
Qu'on rigole un peu !
Ce que nous voulons c 'est la transparence messieurs !
Alégout, Posté
Normal que les bailleurs s'inquiètent! Comment se verser des salaires à 10 000 ???