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Réforme de la loi travail par ordonnances :

Pourquoi tout le monde s'en fout


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La première grande manifestation sous le quinquennat d'Emmanuel Macron se déroulait ce mardi 12 septembre 2017 partout dans le pays. Moins d'un demi-million de personnes descendait dans la rue pour s'opposer à la réforme de la loi travail par ordonnances. À Saint-Denis, environ 2 000 manifestants se déplaçaient. (Photo d'archives de la manifestation du 12 septembre 2017 à Saint-Denis)
La première grande manifestation sous le quinquennat d'Emmanuel Macron se déroulait ce mardi 12 septembre 2017 partout dans le pays. Moins d'un demi-million de personnes descendait dans la rue pour s'opposer à la réforme de la loi travail par ordonnances. À Saint-Denis, environ 2 000 manifestants se déplaçaient. (Photo d'archives de la manifestation du 12 septembre 2017 à Saint-Denis)


Un flop si l'on se souvient des 20 000 manifestants de la mobilisation historique du Cospar (Collectif contre la vie chère) en mars 2009. Les organisateurs de l’époque avançaient, eux, le nombre de 35 000 dans le chef-lieu et à Saint-Pierre. Huit ans plus tard, les rues réunionnaises semblent bien vides quand il faut s’opposer aux textes législatifs importants, souvent impopulaires.

Lire aussi : 20 000 opposants à la vie chère

L’action du 12 septembre contre l’emblématique loi travail confirme l’état de passivité avancé des Français de La Réunion ou de métropole. Les ordonnances : on s’en fout ? Une réponse assurément positive. Comme en témoigne l’absence de contestation face aux mesures qualifiées "de régression sociale" par plusieurs centrales syndicales. Notamment la CGTR et la CGT, au plan national.

Lire aussi : Près de 2000 personnes mobilisées contre la loi Travail

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Leurs dirigeants annoncent en effet une casse sociale à venir. Avec une remise en cause jamais vue du Code du travail. Et des droits pour les salariés considérablement revus à la baisse selon eux. Fusion des instances représentatives du personnel, modalités des CDD négociées dans la branche, plafonnement des indemnités prud’homales, délai de saisine raccourci, négociations des primes dans l’entreprise et possibilité de conclure des accords sans les délégués syndicaux…

- La rue ne gouverne plus -

De quoi donner aux Français l'envie de rejoindre les cortèges ? Et non ! Le phénomène contraire  se produit avec une absence de révolte généralisée. La rue ne gouverne plus. À quoi doit-on la disparition de la culture de la manifestation de masse ? À des syndicats incapables de rassembler les troupes ? Ou ne parvenant pas à attirer de nouvelles recrues ? Des éléments sans doute réels avec les faibles chiffres observés ce 12 septembre.

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La Confédération générale du Travail prévoit une nouvelle mobilisation le jeudi 21 septembre dans tout le pays. La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon l’imitera deux jours plus tard. Le 23 septembre. Ces acteurs politiques et syndicaux espèrent initier une fronde contre le gouvernement d’Édouard Philippe. Réussiront-ils à installer une vague de grève durable ? Rien n’est moins sûr… Le premier mouvement social tend à valider cette hypothèse.

- Sentiment de fatalité -

Des organisations impuissantes et une opinion publique désintéressée des combats sociaux. Un constat sévère à mettre en lien avec les très faibles taux de participation aux récentes élections. Aussi bien aux présidentielles qu’aux législatives. Le 7 mai dernier, Emmanuel Macron battait la candidat du FN. Un scrutin marqué par une abstention élevée au second tour (25,44 % des inscrits). Près de 12 % des bulletins de vote ne se portaient sur aucun des deux prétendants à l'Élysée avec 8,51 % de blancs et 2,96 % de nuls. Un record.

La désignation des députés marquait également une percée très forte de l'absention avec un taux de 57,4 %. Seuls 42,6 % des électeurs se déplaçaient.  43,6 % des inscrits sur les listes portaient leur choix sur Emmanuel Macron. Soit 20,7 millions de suffrages. Une majorité très relative synonyme d’une très haute démobilisation de l’électorat. Preuve supplémentaire d’un désintérêt de la chose politique. Après celui de la constestation sociale.

La société française délaisse-t-elle définitivement les pavés pour le canapé ? Les citoyens sont-ils touchés par un sentiment de fatalité ? On pourrait le penser. Les luttes à venir donnerons une indication sur cette tendance à l'apathie généralisée ou au sursaut.

ts/www.ipreunion.com

   

2 Commentaire(s)

Pénélope, Posté
La population 'd'en bas", les sans dent, les fainéants (dixit Macreux) n'ont ni amour-propre ni courage.
Les autres fainéants (dixit Jupiter) dorment sur leurs acquis... la prie de vie chère, les postes bien rémunérés planqués dans les collectivités, les subventions. Ils ne pensent pas que demain un pétard peut leur peter à la tronche, ils ne pensent pas à leurs enfants à leurs petits-enfants à l'AVENIR qui s'annonce noir...

CHABAN , Posté
Bravo pour cette analyse
Fataliste en attendant que tout pète ! 😈