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[PHOTOS] Sur le sentier sous-marin du lagon :

À la découverte du récif corallien péi


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Depuis 2002, il est possible de découvrir le patrimoine naturel sous-marin réunionnais avec les visites du sentier sous-marin de l'Ermitage. Initiées par la Réserve Marine, elles jouent la carte ludique pour sensibiliser grand public et scolaires à la préservation du corail. Depuis sa création, le site a accueilli près de 20 000 personnes. Le tout, dans un cadre très strict, au vu du caractère fragile du récif corallien, qui reste "un milieu malade".
Depuis 2002, il est possible de découvrir le patrimoine naturel sous-marin réunionnais avec les visites du sentier sous-marin de l'Ermitage. Initiées par la Réserve Marine, elles jouent la carte ludique pour sensibiliser grand public et scolaires à la préservation du corail. Depuis sa création, le site a accueilli près de 20 000 personnes. Le tout, dans un cadre très strict, au vu du caractère fragile du récif corallien, qui reste "un milieu malade".

 

Une dizaine de personnes et pas une de plus ! À chaque visite du sentier sous-marin du lagon de l'Ermitage, les consignes sont strictes et le nombre de membres par rotation restreint. pas question d'endommager davantage les récifs coralliens, déjà soumis à de fortes pressions. "Ce site a été choisi il y a une quinzaine d'années car il présente l'avantage d'avoir pas mal de zones sableuses" précise Bruce Cauvin, responsable de l'éducation au GIP Réserve Nationale Marine de La Réunion.

Un aspect essentiel pour éviter que les colonies coralliennes ne se retrouvent piétinées par des pieds trop entreprenants. Le principe du sentier est simple : cinq stations sont disposées dans le lagon à l'aide de petites bouées amovibles. Julie, monitrice de plongée et animatrice, invite les visiteurs à se pencher sur le récif corallien sous tous ses états, "à la fois dans des zones saines mais aussi dans des zones dégradées".

Chaque année, ce sont entre 2000 et 2500 personnes qui sont accueillies sur le site. Dont à peu près 1500 scolaires : essentiellement des collégiens, mais aussi des lycéens ainsi que des élèves de BTS et des étudiants. Chacun est invité à embarquer masque et tuba. Avec les palmes, "il faut faire très attention de manière générale", rappelle Bruce Cauvin. Enfin, il est recommandé d'utiliser des crèmes solaires minérales, moins nocives pour les coraux. Des plaquettes sous-marines immergeables sont ensuite fournies pour avoir les noms des poissons et coraux sous les yeux dans l'eau.

- "Un extraordinaire outil" -

L'activité, gratuite et pédagogique, est également une vitrine de la Réserve Marine. "On travaille sur trois grands volets : surveiller, connaître et faire connaître. Évaluer l'état de santé des récifs coralliens fait partie de ces missions, un suivi est opéré depuis 1998 avec des relevés scientifiques" relate le responsable. De la même manière, des comptages de poissons sont menés. Car le fer de lance de la Réserve reposait avant tout sur la protection des récifs coralliens, cet "oasis de la mer où vit une grande richesse faunistique et floristique".

Ces visites sont vues d'un bon oeil par l'association Vie Océane, spécialiste du milieu corallien à La Réunion. "Le sentier est un extraordinaire outil pour faire découvrir l'univers du recif. On ne peut que regretter qu'il n'y en ait pas d'autres, à Saint-Leu par exemple" estime Florence Trentin, présidente du collectif. Une manière aussi de comprendre que les Réunionnais sont privilégiés, au vu de ce "jardin de corail à portée de nos yeux". Selon elle, "peu de personnes comprennet que l'avenir physique et économique de nos littoraux est étroitement associé à la présence d'une barrière corallienne en bonne santé".

- Un changement des mentalités -

Concernant l'état actuel du corail péi, Bruce Cauvin se veut nuancé. Il salue d'abord le changement des mentalités. Lorsqu'en 1998, "100 à 200 personnes" pouvaient piétiner les coraux, les baigneurs font aujourd'hui "plus attention". Mais, ça ne changera rien au fait que le récif corallien "est un milieu malade et que la Réserve Marine n'est pas une baguette magique".

L'évolution de la situation se fait donc en dents de scie : "Il y a des années où ça va bien et d'autres, un peu moins. les récifs sont toujours soumis à une pression humaine toujours plus forte, mais ça s'améliore quant même au niveau des eaux usées" contre-balance le responsable. Il rappelle aussi que des phénomènes naturels tels que le blanchiment des coraux, le changement de températures ou encore d'exceptionnelles marées basses peuvent encore ébranler le monde des coraux. En 2015, une grande et brusque diminution des eaux avait ainsi entraîné une forte mortalité dans le milieu.

Le récif ne s'arrête cependant pas la Barrière de Corail, souligne Bruce Cauvin. Derrière, se cache une pente douce externe qui va jusqu'à 30 mètres de profondeur. Ici, le topo tend plutôt vers une diminution depuis le début du suivi. A contrario, au niveau des poissons, "les spécialistes ont remarqué une évolution positive sur la biodiversité avec le retour de certaines espèces". Ce constat concerne surtout les zones sanctuarisées, qui englobent environ 5 % de la Réserve. "C'est pas gagné sur les coraux, mais pour avoir observé l'évolution des comportements, il y a un sacré changement" conclue le spécialiste.

mp/www.ipreunion.com

   

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