Protection de la faune - Life+ :

Rentrée des pétrels : "sans la population, la protection de l'environnement n'est rien"


Publié / Actualisé
Comme chaque année, les pétrels de Barau et les pétrels noirs de Bourbon font leur retour sur l'île pour se reproduire. Avant "la rentrée des pétrels", l'événement organisé par la commune de Saint-Louis avec le Parc national de La Réunion à travers le projet Life+ Pétrels. Le point avec Camille Payet, chargée de communication du projet, sur les conditions de vie des pétrels et les gestes à suivre pour les habitants de l'île.
Comme chaque année, les pétrels de Barau et les pétrels noirs de Bourbon font leur retour sur l'île pour se reproduire. Avant "la rentrée des pétrels", l'événement organisé par la commune de Saint-Louis avec le Parc national de La Réunion à travers le projet Life+ Pétrels. Le point avec Camille Payet, chargée de communication du projet, sur les conditions de vie des pétrels et les gestes à suivre pour les habitants de l'île.

 

Mis en place en 2014, le projet européen Life+ Pétrels mené par le Parc National de La Réunion vise à protéger ces oiseaux marins endémiques de l'île grandement menacés. Aujourd'hui, le nombre d'individus est estimé à "10.000 couples pour le pétrel de Barau qui est en danger d'extinction, et 10 à 50 couples pour le pétrel noir de Bourbon pour qui la menace d'extinction est critique" explique Camille Payet. Si la population semble rester stable au fil des années, c'est "parce qu'il s'agit d'un travail de longue haleine. Quand on met une bague d'identification à un oiseau, on ne le revoit que trois à six ans après sur l'île. Il est impossible de dire aujourd'hui s'il y a plus ou moins de pétrels que l'an passé", décrit Camille Payet.

- "Un chat peut tuer jusqu'à 90 pétrels par an" -

Si les pétrels sont ainsi en danger d'extinction, la raison est simple : "tout le cycle de vie du pétrel est impacté par les menaces". La menace terrestre d'abord, les prédateurs. "Les chats et les rats sont très présents même au sommet du Piton des Neiges", l'un des trois logis à haute altitude choisis par le pétrel de Barau avec le Grand Bénare et le Gros Morne. "Les chats mangent les adultes et les oeufs, pendant que les rats attaquent les poussins. Un chat peut tuer jusqu'à 90 pétrels par an" alerte la chargée de communication du projet. Par ailleurs, elle nous indique que les pétrels ne pondent qu'un oeuf par an : "si l'oeuf ou le poussin est tué, il n'y a pas de seconde reproduction".

L'autre grande menace est constituée par la pollution lumineuse et en particulier l'éclairage urbain, même s'il "ne s'agit pas de toute les lumières que l'on trouve à terre" précise Camille Payet. "Lors de leur premier envol, les pétrels partent de nuit pour aller se nourrir en mer. Ils se repèrent en fonction du reflet de la Lune sur la mer et des astres. Mais en traversant l'île, ils sont confrontés à la pollution lumineuse qui les attire et leurs caractéristiques physiques font qu'ils ne peuvent reprendre un vol vers le large" détaille-t-elle.

- Sensibiliser la population à "des gestes simples" -

Du côté du Parc National de La Réunion, on sensibilise la population depuis plusieurs années pour lutter contre ce danger. Les "Nuits sans lumière" organisées en partenariat avec la Société d'Etudes Ornithologiques de la Réunion (SEOR), lancées en 2009, permettent notamment de réduire l'échouage des pétrels lors de leur envol. 

Pour permettre de réduire les risques et les menaces qui pèsent sur ces oiseaux menacés, Camille Payet explique le rôle que peuvent jouer les habitants de l'île par "des gestes simples" : "Sans la population, la protection de l'environnement n'est rien". La gestion des déchets est aujourd'hui une des actions que peut mener chacun. "La première chose à faire est de ramener ses déchets à la maison" explique-t-elle. "Pour beaucoup, jeter un déchet dans la nature ce n'est rien. Mais les déchets contribuent au développement de la population de chats et de rats sur l'île, puisqu'ils s'en nourrissent".

À quelques jours de "la rentrée des pétrels" organisée à Saint-Louis le 7 octobre prochain, fête célébrant le retour des oiseaux sur l'île, l'organisation s'attend à recevoir "beaucoup plus de monde que l'an passé, près de mille personnes". Si Camille Payet avoue que la sensibilisation de la cause auprès de la population "se fait lentement mais sûrement", elle assure que chaque fois qu'une personne prononce le nom "pétrel" est une victoire pour le projet.

hf/www.ipreunion.com
 

   

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