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Fin des quotas sucriers :

Les syndicats de planteurs ne paniquent pas


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Le sucre réunionnais brut extrait de la canne va maintenant se retrouver en concurrence avec celui de la betterave de métropole. Le produit raffiné localement va devoir affronter les importations étrangères. Le lundi 1er octobre 2017 marque en effet la fin des quotas. L'aide de l'État de 28 millions d'euros accordée à La Réunion servira à l'industriel Téréos afin de garder sa compétitivité intacte et à écouler sa production sucrière brute.
Le sucre réunionnais brut extrait de la canne va maintenant se retrouver en concurrence avec celui de la betterave de métropole. Le produit raffiné localement va devoir affronter les importations étrangères. Le lundi 1er octobre 2017 marque en effet la fin des quotas. L'aide de l'État de 28 millions d'euros accordée à La Réunion servira à l'industriel Téréos afin de garder sa compétitivité intacte et à écouler sa production sucrière brute.

 

L'officialisation de la libéralisation du marché européen intervient en pleine coupe "kan". La Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) alerte sur les pannes à la centrale thermique de Bois Rouge, à Saint-André. La cinquième fois selon elle. "L’usine stoppe automatiquement les réceptions de canne par un envoi de texto aux planteurs", indique la FDSEA dans un communiqué. Conséquences : pas de livraison, un non-rattrapage du quota perdu et des cannes laissées aux champs.

De quoi influer sur la richesse de la ressource et occasionner des pertes financières pour les professionnels. Certains d’entre eux risquent de ne pas terminer la campagne. Des planteurs demandent l’organisation d’une commission mixte d’usine afin de trouver une solution. Les syndicats réagissent, eux, à cette fin des quotas prévue depuis 2013.

Jean-Bernard Gonthier, président de la Chambre d’agriculture et 1er vice-président de la Confédération générale des planteurs et éleveurs de La Réunion (CGPER), analyse ce changement. Il craint l’avenir malgré les 28 millions d’euros censés servir de garantie jusqu’à 2021. Pour rappel, les organisations syndicales et l’usinier signaient le 11 juillet la dernière convention cannes.

"Les planteurs savent qu’il y a un répit jusqu’en 2021 mais ils surveillent de près le prix du sucre en métropole. Concrètement, le planteur ne verra pas de changement mais pour le sucre raffiné, si le cours baisse trop au niveau européen, les 28 millions serviront à compenser la baisse du prix", commente-t-il. Selon lui, les exploitants tentent déjà de se moderniser ou de lancer de nouvelles variétés. Il compte également sur les autres sous-produits de la canne.

Lire aussi : Les syndicats et Tereos ont signé la convention cannes. Le conflit est terminé

Johnny Apaya, directeur de la FDSEA, insiste lui aussi sur les prix de la tonne de canne validés dans le cadre de la convention. Il évoque la diversification à envisager après 2021. "La réflexion est déjà engagée avec les planteurs. On est davantage inquiets sur le sucre donc on prospecte vers d’autres modèles comme Maurice ou l’Inde. On veut emmener les planteurs vers l’après 2021. On s’y prépare", considère-t-il.

Cette préparation reste pour le moment à l'état de réflexion. Bruno Robert, président des Jeunes agriculteurs (JA), ne s'inquiète non plus. La filière cannes-sucres aurait déjà anticipé cette libéralisation annoncée. Notamment avec les 28 millions d’euros de l’État.

"Les sucres spéciaux sont exclus de cette réforme et le prix minimum de la canne est garanti. L’inconnu concerne le bonus indexé sur le prix du sucre. On a tout intérêt à ce que le cours augmente. Globalement le prix devrait remonter jusqu’à 2021. Pourquoi pas avoir un bonus d’ici 2 à 3 ans", précise-t-il.

- 200 000 tonnes de cannes en moins -

Selon lui, la canne doit rester le pivot du monde agricole. Le but : mieux valoriser la ressouce afin de maintenir, a minima, le revenu du professionnel. Même s'il espère plutôt une augmentation. Les usines du Gol et de Bois Rouge réussiront-elles à broyer 2 millions de cannes d’ici la fin d’année ? Un objectif difficile à atteindre d’après le dirigeant de la Chambre.

"Nous aurons une très bonne campagne dans le Nord-Est et une très mauvaise voire une campagne moyenne dans le Sud. Aux alentours d’1 million 8 à 1 million 85. En 2016, nous étions à 1 million 78. Le Nord-Est devrait approcher le million", avance Jean-Bernard Gonthier. Il ne met pas ce recul annoncé sur le compte du retard dans le début de la coupe avec le bras de fer entre agriculteurs et l’industriel.

Il évoque surtout la sécheresse dans le Sud en fin d’année dernière. D’où la baisse du tonnage. D'après Johnny Apaya, les 2 millions de tonnes ne seront pas atteints. "Il y a 200 000 t de cannes broyées en moins par rapport à l’an dernier à pareille époque. Pour l’Est, les agriculteurs parlent d’un tonnage assez intéressant. La richesse s’élevait à 13,67 l’an dernier. On devrait être dans ces eaux-là. Dans le Sud, il risque d’y avoir une perte importante", ajoute-t-il.

- "Une mauvaise richesse" -

Une diminution de la richesse confirmée par le représentant de la CGPER. "On aura une richesse moyenne dans le Nord-Est et une mauvaise richesse dans le Sud. L’an dernier, 50 agriculteurs étaient en dessous de 11,88 de richesse. De Sainte-Rose à Grand Bois, nous sommes déjà à 150 personnes", regrette-t-il.

Bruno Robert, pense, lui que les deux millions peuvent être atteints. À Bois Rouge, 488 000 t sur 963 000 espérées ont déjà été broyées. "Selon les simulations, la coupe devrait aller au moins jusqu’au 25 décembre. Globalement, on ne sera pas loin du million neuf. Il faut s’attendre à un peu moins de richesse car traditionnellement, beaucoup de tonnage signifie une perte de richesse", explique-t-il.

Pour rappel, 1 million 78 de tonnes de cannes étaient broyées lors de la précédente campagne sucrière. En 2009, ce chiffre était d'un million neuf. On verra s’il est dépassé dans les prochaines semaines.
 

ts.www.ipreunion.com

   

4 Commentaire(s)

GERARD97460, Posté
De toutes les façons vous étiez prévenu de cela depuis maintenant plus de 25 ans que ce quota devait être supprimé et aujourd'hui seulement vous commencez à l'entendre juste un tout petit peu, vous êtes vraiment sourd ma parole. Depuis le temps qu'on vous dit de planter autre chose, NON, vous ne comprenez pas ce qu'on vous disait à l'époque, alors maintenant il faut faire avec. A l'Île Maurice eux là bas ils ont compris cela depuis longtemps déjà et vont tous arrêter de planter la canne à sucer et vont se mettre à planter du cacao, eux n'ont plus de quota depuis un moment déjà, maintenant c'est vous les réunionnais les concerné par le quota. Il faut faire avec maintenant, assumer cela comme des grands assistés....
La galette, Posté
Ils vont se décider à planter carottes, l'ail, le choux, fruit à pain macaroni etc ?
Ah non suis-je bête ils comptent sur les aides et les subventions départementales
CHABAN , Posté
Normal, les fonctionnaires sont rarement inquiets pour leur paye.
CHABAN , Posté
Normal, les fonctionnaires sont rarement inquiets pour leur paye.