L'association réclame plus de moyens :

Lutte contre les violences faites aux femmes : le Cevif lance un appel à l'aide


Publié / Actualisé
À l'occasion d'un point presse convoqué ce lundi 9 octobre 2017, le Cevif, fer de lance de la lutte contre les violences faites aux femmes à La Réunion, s'est déclarée être dans "une situation catastrophique". Le collectif, par le biais de sa présidente Chantal Jouvenot, attend que l'Etat se positionne en soutenant financièrement sa cause (Photo d'illustration)
À l'occasion d'un point presse convoqué ce lundi 9 octobre 2017, le Cevif, fer de lance de la lutte contre les violences faites aux femmes à La Réunion, s'est déclarée être dans "une situation catastrophique". Le collectif, par le biais de sa présidente Chantal Jouvenot, attend que l'Etat se positionne en soutenant financièrement sa cause (Photo d'illustration)

"Nous allons disparaître. En tout cas c’est bien parti pour".  Voici les mots de Jean-Paul Ciret, secrétaire du conseil d’administration du Collectif pour l'élimination des violences intrafamiliales (Cevif). Dans une conférence de presse tenue dans leur locaux ce lundi, les membres dirigeants du collectif ont fait part de leur inquiétude quant à leur avenir qui est "grandement menacé" selon Chantal Jouvenot, présidente.

- Un manque de 60.000 euros -

Si le Cevif pourrait disparaître, c’est bien à cause du manque de subvention qui se fait ressentir cette année. "Le conseil départemental nous a supprimé 60.000 euros de subventions pour l’année 2017". Le montant total des subventions demandées par le collectif : 120.000 euros pour l’année 2017. En 2016, elle avait reçu 180.000 euros. Si, l’association a reçu "la promesse d’une aide exceptionnelle de 35.000 euros" d’ici à la fin de l’année de la part du conseil départemental, il n’en reste pas moins que Chantal Jouvenot assure n’avoir "aucune visibilité pour 2018". La solution ? Elle attend que "l’Etat se positionne" en injectant les fonds nécessaires à la continuité de l’activité. "Nous sommes démunis financièrement" assure-t-elle.

- La prévention au cœur du débat -

Dans les nombreuses actions menées par le Cevif sur l’île, la prévention apparaît comme un volet important. Et il s’agit là du "budget prévention" que l’association n’a pas reçu cette année. "On mesure la prévention sur une génération, pas sur année" lance la présidente qui regrette la ligne directrice du gouvernement : "on ne peut pas dire qu’on fait de la prévention, puis revenir sur sa politique trois ans plus tard. Ça n’a pas de sens". Avec "4.072 jeunes aidés", la prévention reste "primordiale" pour le Cevif, qui alerte sur le problème des "violences qui sont très présentes à La Réunion". L’association a accompagné "plus de 150 victimes de violences" cette année.

Arnold Jaccoud, psychosociologue et membre du conseil d’administration du CEVIF, marche lui aussi dans ce sens : "Les services publics financent les conséquences et les effets indésirables des violences, au lieu de s’inquiéter avant tout de la causalité. C’est une aberration" signale-t-il. Pour lui, "les associations ne font que suppléer là où le service public n’est pas compétent". Un avis visiblement partagé par les membres du Cevif présents autour de la table.

- Les contrats aidés, une "autre menace" -

Nouvelle bataille pour le collectif, les contrats aidés posent également problème. Alors que l’association ne compte "plus que quatre animatrices contre dix-neuf auparavant", la "menace" des contrats aidés pèse également sur elle. Actuellement, trois personnes sont embauchées en contrat aidés au sein du Cevif. "On ne sait pas ce qu’il va advenir pour eux" confie Chantal Jouvenot, qui craint fortement la réduction du nombre de contrats aidés par le gouvernement.

Avec la baisse progressive du nombre d’employés, le collectif se voit contraint de changer d’orientation politique. "Avant, on réalisait des actions sur toute l’île, et pas que sur Saint-Denis" explique la présidente. Jean-Paul Ciret rappelle lui que "chiffres de la violence à La Réunion sont beaucoup plus élevés qu’en métropole", et que "beaucoup de violences restent cachées". À La Réunion, "10% des femmes décident de porter plainte" indique Chantal Jouvenot. Un nombre encore "beaucoup trop faible". Et si le Cevif venait à disparaître, "les victimes de violences seraient les premières touchées" énoncent plusieurs membres de l’association présents autour de la table.


hf/www.ipreunion.com
 

   

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