Des recherches sont menées à La Réunion :

Des moustiques tigre mâles stériles pour combattre le chikungunya


Publié / Actualisé
Et si ces chercheurs de La Réunion avaient trouvé la solution pour éradiquer le virus du chikungunya ? Dans un reportage de sciencesetavenir.fr publié ce mardi 10 octobre, des scientifiques du laboratoire MIVEGEC à l'institut de recherche pour le développement (IRD) de La Réunion expliquent avoir trouvé une nouvelle méthode pour lutter contre la maladie transmise par le moustique tigre. Leur idée : lâcher des millions de moustiques tigre mâles stériles dans la nature. Explications.
Et si ces chercheurs de La Réunion avaient trouvé la solution pour éradiquer le virus du chikungunya ? Dans un reportage de sciencesetavenir.fr publié ce mardi 10 octobre, des scientifiques du laboratoire MIVEGEC à l'institut de recherche pour le développement (IRD) de La Réunion expliquent avoir trouvé une nouvelle méthode pour lutter contre la maladie transmise par le moustique tigre. Leur idée : lâcher des millions de moustiques tigre mâles stériles dans la nature. Explications.

Introduire des millions de moustiques tigre sur toute l'île de La Réunion ? L'idée peut faire peur, mais elle pourrait bien permettre de faire disparaître l'insecte de notre île, mais surtout éradiquer le virus du chykungunia. Le projet "Technique de l'insecte stérile de La Réunion" (TIS-Réunion), dirigé par Louis-Clément Gouagna, entomologiste, se veut efficace et surtout naturelle. Comme le rappelle le coordinateur, les précédentes approches testées ont souvent été retoquées "car il s'agit d'OGM".

Pour cette nouvelle méthode, les chercheurs réunionnais développent la technique de l'insecte stérile. "Les moustiques sont élevés au laboratoire, puis les mâles sont stérilisés irradiation au rayon X ou rayon gamma. Ils sont alors relâchés dans la nature et vont s’accoupler avec des femelles sauvages. Comme ils sont stériles, cet accouplement ne donnera rien. En bloquant la reproduction, les chercheurs espèrent ainsi faire disparaître l’insecte des zones ciblées" explique Sciences et Avenir. Problème, pour que l'espèce disparaisse dans sa totalité, le nombre de mâles stériles doit être bien supérieur à celui des femelles dans le but d'augmenter leurs chances de se rencontrer. Pour Louis-Clément Gouagna la donne est simple : il faudrait "relâcher cinq à dix fois plus de mâles stériles que de femelles sauvages présentes dans la nature". Soit plusieurs centaines de milliers voire de millions de moustiques stériles mâles dans la nature, ce qui pose deux problèmes.

D'abord, comment produire autant de moustiques stériles mâles dans ce laboratoire de l'IRD ? Actuellement, le scientifique explique produire "5.000 à 10.000" moustiques par jour, mais il raconte avoir pensé à une solution en extérieur pour grossir l'échelle de "200.000 à 500.000" moustiques par jour. Seul hic, le financement qui pourrait avoisiner les 250.000 euros.

À lire aussi : Il y a 10 ans le chikungunya s'abattait sur La Réunion

Second problème, réussir à faire accepter cette solution aux Réunionnais. Comme le rappelle justement Sciences et Avenir, la population a vécu comme "un traumatisme" l'épidémie du chikungunya de 2005-2006, la plus meutrière depuis 40 ans, touchant près de 40%  des habitants en touchant 260.000 personnes et causant 225 décès. L'idée de lâcher des millions de moustiques sur l'île ferait aussi craindre à la population l'effet de la mouche bleue. Le coordinateur du projet indique toutefois que contrairement à la mouche bleue, les moustiques introduit "ne pourront pas se reproduire et se répandre dans la nature". Et que les insectes étant stérilisés "avec des rayons X, cela ne produit pas de radioactivité". Louis-Clément Gouagna l'assure : "toutes les démarches se feront en concertation avec la population de l'île". Affaire à suivre.


hf/www.ipreunion.com

   

1 Commentaire(s)

Comeg, Posté
250 000 euros ? Franchement si ça fonctionne c'est pas si cher pour une région.