Rapport de la Cour des Comptes sur les finances publiques locales :

Il y a les emplois aidés... et les autres


Publié / Actualisé
Dans son dernier rapport sur les finances publiques locales, la Cour des Comptes a épinglé le recours massif de La Réunion aux contrats aidés. En rappelant que ce type de contrats fait " l'objet d'aides financières de l'État ", l'institution n'est pas tendre avec cette habitude spécifique au département. Mais au regard des salaires et rémunérations, ce type d'emploi n'est peut-être pas le plus à blâmer au sein des collectivités.
Dans son dernier rapport sur les finances publiques locales, la Cour des Comptes a épinglé le recours massif de La Réunion aux contrats aidés. En rappelant que ce type de contrats fait " l'objet d'aides financières de l'État ", l'institution n'est pas tendre avec cette habitude spécifique au département. Mais au regard des salaires et rémunérations, ce type d'emploi n'est peut-être pas le plus à blâmer au sein des collectivités.

 

La problématique revient perpétuellement : dans la bouche des politiques, dans la sphère sociale ou au sein des communes et collectivités. L’emploi, c’est un peu le cheval de bataille de tout un chacun. Rien d’étonnant dans un département où 136 200 personnes étaient à la recherche d’un travail à la fin du mois d’août.

Et quand on parle d’emploi en ce moment, on pense forcément aux contrats aidés : la question enflamme les débats depuis la rentrée scolaire, en août dernier. Et les épisodes ne cessent depuis de se succéder, un peu comme dans une série, avec du suspense garanti. Lors de sa visite sur l’île, la ministre de l’Outre-Mer a notamment promis 300 nouveaux contrats pour les emplois verts. Car la multiplication des "ti contrats" est une habitude à La Réunion.

Dans son dernier rapport sur les finances publiques locales, la Cour des Comptes a notamment épinglé ce sempiternel "recours massif" aux contrats aidés. En rappelant qu’il s’agit de "contrats de travail de droit privé, dérogatoires au droit commun et réservés aux personnes en difficulté sur le marché du travail", qu’ils font "l’objet d’aides financières de l’État et sont exonérés de cotisations sociales". En 2015, ce sont 26 100 contrats aidés qui ont été financés dans les collectivités territoriales et les établissements publics. Soit un coût de 118,5 millions d’euros. La comparaison avec d’autres départements et territoires d’Outre-Mer est quasiment impossible : en Martinique, ils étaient à 4300 et en Guyane à 3800. Pour le maire de Sainte-Suzanne, cité dans le rapport, il s’agit pour les élus "de répondre par ce biais à la détresse sociale engendrée par le niveau du chômage".

- Les "ti contrats" sont-ils les plus à blâmer ? -

Les collectivités réunionnaises ont également plus facilement recours à des recrutements de contractuels, glisse la Cour des Comptes dans son rapport. Si ce choix "répond à une préoccupation sociale", nul besoin de se voiler la face : leur exclusion des dispositifs de majoration du traitement joue indéniablement un rôle. "À titre d’exemple, ils sont quatre fois plus nombreux que les agents titulaires à Saint-Philippe" souligne l’institution. En précisant par ailleurs que "les recrutements de contractuels contournent le statut général de la fonction publique territoriale en ne respectant pas les conditions dans lesquelles ils sont autorisés". Les communes de l’Entre-Deux, de Sainte-Suzanne ainsi que la Civis (Communauté intercommunale des villes solidaires) est  notamment pointée du doigt. "Ces recrutements lèsent les intérêts des fonctionnaires et des lauréats inscrits sur les listes d’aptitude" pointe, pas tendre, la Cour des Comptes.

Conclusion : les "ti contrats" péi n’ont pas fini de se faire taper sur les doigts. Et c’est une réalité, La Réunion a bien tendance à privilégier de façon massive ce type d’emploi. Pour autant, sont t-ils les premiers à blâmer ? Car, question salaire, les sommes ne sont pas pour autant mirobolantes : le montant est au moins égal au SMIC horaire, soit un peu moins de 800 euros à raison de 20 heures par semaine. En comparaison avec d’autres types d’emploi parfois dispensés par les collectivités, le chiffre ne pèse pas bien lourd dans la balance. Chargés de mission, chargés d’étude, membres de cabinet… ils ont tendance à se multiplier, sans que l’on sache avec précision l’intitulé exact de leurs missions. En attendant, leurs rémunérations s’élèvent bien au delà de 800 euros. Mais eux sont beaucoup plus tranquilles – dans tous les sens du terme – et n’ont pas au dessus de leur tête la même épée de Damoclès. Pourtant, cette abondance d’emplois n’est pas pour arranger les budgets des collectivités. Quand cabinet, dépendances et apparentés comptent près de 200 membres, il ne doit pas toujours être facile de faire des économies…

Qu’il s’agisse de contrats aidés ou d’autres types de contrats – peut-être plus sympathiques – le contexte reste le même. Selon les derniers chiffres, l’île compte 136 200 personnes au chômage. Ce nombre a augmenté de 0,2 % sur trois mois. Sur un an, il progresse également de 0,8 %. Pas glorieux. Avec la fin des emplois aidés, pas sûr qu’il aille en s’améliorant. Mais qu’on se rassure, il y aura toujours d’autres types de contrats.

mp/www.ipreunion.com

   

3 Commentaire(s)

Giovanni, Posté
Beaucoup contrats aidés servent à rien dans certaines mairies les jeunes ne veulent pas travailler ils viennent pointer.
Heureusement pas tous les jeunes sont comme sa!!!
Jose, Posté
Les rapports de la cour des comptes n'est qu'une vaste escroquerie qui sert à nourrir quelques inutiles payés aux frais du contribuable.
C'est une institution des milliers de fois moins utile que les contrats aidés, qu'ils aillent bosser au lieu de critiquer dans le vide.
CHABAN, Posté
Ces rapports sont destinés à la poubelle!
Y aura-t-il un courageux pour porter plainte?