Ils sont là où ils ne devraient pas être (actualisé) :

Cases les pieds dans l'eau ou restaurants sur la plage : cherchez la différence...


Publié / Actualisé
Depuis le 28 septembre 2017, une initiative citoyenne baptisée "Rend a nou la plage" a vu le jour. Depuis, communiqués, revendications et actions s'enchaînent : le collectif réclame le recul des restaurants de l'Hermitage de 100 mètres. Si ces établissements sont visés, il est cependant tentant de s'interroger sur les cases "les pieds dans l'eau", construites un peu partout sur le littoral de l'ouest. Ou de la question du deux poids deux mesures.
Depuis le 28 septembre 2017, une initiative citoyenne baptisée "Rend a nou la plage" a vu le jour. Depuis, communiqués, revendications et actions s'enchaînent : le collectif réclame le recul des restaurants de l'Hermitage de 100 mètres. Si ces établissements sont visés, il est cependant tentant de s'interroger sur les cases "les pieds dans l'eau", construites un peu partout sur le littoral de l'ouest. Ou de la question du deux poids deux mesures.

 

Crissant et brûlant : le débat autour du recul des restaurants situés sur les plages est un peu à l’image du sable de l’Hermitage un jour de décembre. L’initiative citoyenne du collectif "Rend a nou la plage" a, pour sûr, de quoi faire grincer les dents de certains. Ses membres demandent le retrait des bâtiments de 100 mètres du rivage. Des établissements de l’ouest, plus ou moins solidement implantés quasi les pieds dans l’eau sont particulièrement visés. Ces revendications ont ensuite et visiblement trouvé un écho ailleurs que dans la sphère associative et citoyenne. Ainsi, la municipalité de Saint-Paul commence à élaborer une solution de derrière les filaos.

Lire aussi - Les restaurants vont reculer à l'Hermitage : "C'est inadmissible de privatiser des plages"

L’idée : reboiser l’arrière plage de l’Hermitage pour maintenir le sable en place et ainsi permettre le recul de ces établissements, explique Virginie Peron, conseillère municipale de la majorité chargée de la politique environnementale. En précisant par ailleurs que les choses seraient faites de manière à "ne pas gêner les riverains".

Justement, parlons-en de ces riverains, plus particulièrement de ceux dont la porte d’entrée donnerait presque sur le lagon. Ces cases "les pieds dans l’eau" au charme exotique et au parfum perpétuel de vacances. Ces cases dont les fondations sont creusées dans le sable et où la terrasse peut tutoyer les adeptes de la farniente et du bronzage. Quand bien même ces maisons ne proposent pas des tartares de poisson ou des cocktails fruités, le souci reste globalement le même : l’implantation du bâti sur la plage. Pourtant, le tableau n’a pas l’air d’être aussi dérangeant.

- Les plages de La Réunion, une micro-société -

Mais il faut reconnaître que les plages de La Réunion sont un monde à part, en matière de respect et d’application de la législation. Une sorte de micro-société où il devient difficile de dissocier le baigneur du délinquant. Où le respect de la loi se fait parfois sous le régime du deux poids deux mesures. Où organiser une manifestation est passible d’être considéré comme une mise en danger de la vie d’autrui. Pour ne laisser planer aucun doute, on parle bien sûr ici de la mise en examen de Jean-François Nativel à l’initiative du rassemblement "Nou’t tout’ dan la mer" aux Roches Noires. Le leader d’OPR (Océan Prévention Réunion) avait été mis en examen pour l’organisation non autorisée d’une manifestation. Le parquet, qui réclamait également des poursuites pour "mise en danger de la vie d’autrui" avait ensuite fait appel. Le délibéré est annoncé pour le 24 octobre.

Question mise en danger de la vie d’autrui, l’érosion côtière a quand même de quoi faire frissonner. Certes, le danger est moins marqué et flagrant qu'une attaque de requin, mais il n’est pas tout à fait inexistant. À chaque épisode de forte houle, son lot d’inondations et de risques. Et un prochain lot n’est probablement pas loin de déloger des familles sans ménagement. Il n’y a qu’à observer la plage des Roches Noires, sans cesse grignotée par l’écume et le sel marin pour se rendre compte de l’urgence du phénomène naturel. Ce dernier, un peu rélégué en arrière au profit de l’argument de la privatisation des plages, est pourtant à prendre on ne peut plus au sérieux.

Car il va sans doute être difficile de négocier avec Mère Nature, pas toujours très tendre, pour grappiller sa place au soleil.

Publié ce mardi 17 octobre 2017 à 3h/mp/www.ipreunion.com

   

2 Commentaire(s)

Alex de la saline , Posté
La Loi littoral existe dans sa version rudimentaire depuis 1976. Or bon nombre de ces constructions existaient antérieurement à cette loi. Par conséquent on ne peut pas priver non plus un propriétaire de bonne foi de son droit de propriété qui rappelons le est un droit inscrit dans notre constitution. Tout a fait d'accord pour que cette loi s'applique aux constructions récentes sans autorisations où avec une autorisation contraire à la loi . D'autre part la véritable question à se poser , c'est pourquoi les vagues montent de plus en plus haut et vont même jusqu'à déraciner des filaos vieux de 50 ans et plus ?? La réponse se trouve dans le lagon et son ensablement ! Vouloir se réapproprier une plage c'est bien mais dans le respect de la loi. Cependant tenir compte que de la problématique "plage" sans tenir compte de la problématique Lagon c'est tout simplement crétin et dommage !
Jiudix, Posté
La privatisation sauvage de l'emprise du CPR (Chemin de fer et Prot de la Réunion) et des pas géométriques par les "premiers de cordée" ( chers à notre Président !) est à l'origine des désordres constatés dans cette partie du lagon.