Un énorme bloc rocheux ralentit les travaux de la NRL :

Viaduc - Lorsqu'un gros galet stoppe la pile


Publié / Actualisé
À la fin du mois d'août 2016, la méga-barge Zourite a posé la première pile du viaduc de la Nouvelle Route du Littoral depuis la Grande Chaloupe. Plus d'un an après, en octobre 2017, plus d'une dizaine se sont élevées jusqu'à Saint-Denis. Sauf au niveau de la 32ème et 33ème position. Faute à "un gros, un immense galet" sur lequel les travaux se cassent les dents.
À la fin du mois d'août 2016, la méga-barge Zourite a posé la première pile du viaduc de la Nouvelle Route du Littoral depuis la Grande Chaloupe. Plus d'un an après, en octobre 2017, plus d'une dizaine se sont élevées jusqu'à Saint-Denis. Sauf au niveau de la 32ème et 33ème position. Faute à "un gros, un immense galet" sur lequel les travaux se cassent les dents.

 

Si vous passez régulièrement sur la route du Littoral, vous avez forcément le loisir d’observer l’avancée du chantier de la Nouvelle Route du Littoral (NRL). Les piles se suivent, plus particulièrement entre la Grande Chaloupe et Saint-Denis. Le rythme est soutenu, entre 14 et 17 piles ont été posées dans l’eau. La barge Zourit continue à se déplacer au gré de l’évolution des travaux. Mais il suffit parfois d’un petit grain de sable – ou d’un gros caillou – pour venir enrayer cette belle machine.

Car s’il est difficile d’observer ce qui se passe dans les fonds marins, nul besoin d’être expert en génie civil pour constater qu’il manque deux piles dans cette file de monstres de béton. Sur la page Facebook spécialement dédiée au pharaonique chantier, une explication ainsi qu’un détail de la procédure suivie ont été relatés : "Pour la pose des piles 32 et 33, le sol est trop dur à terrasser. On aurait pu miner, sauf qu’on est trop près de la falaise. Pour éviter tout risque, au lieu de creuser, on va créer une estrade en béton. On va faire des massifs béton. À la place de reposer sur le sol, la pile va reposer sur une estrade en béton. Au niveau de la pile 33, les camions-toupies transfèrent le béton dans une pompe stationnée sur les voies côté mer de la RN1, un grand bras de 58 mètres, puis le relais est pris sur le ponton avec une 2ème pompe qui va directement injecter le béton sous l’eau au niveau de la pile".

En précisant, pour qu’il n’y ait aucune méprise, qu’il s’agit d’un "béton spécial, qui ne se délave pas dans l’eau", et que "toutes les mesures sont prises pour respecter les enjeux environnementaux avec des contrôles en continu et des mesures en temps réel". Une transparence louable, qui date du 9 septembre.

Plus d’un mois après, ces fameuses piles 32 et 33 n’ont toujours pas jailli de l’océan.

- Un "immense galet qu'il faut casser" -

Et pour cause : si le sol est "trop dur à terrasser", c’est parce qu’à cet endroit, se trouve "un gros, un immense galet qu’il faut casser", indique l'un des responsables du chantier travaillant activement sur cette zone. De quoi se casser les dents dessus. Avec la proximité de la falaise, le miner est impossible. Un "travail environnemental et géologique" serait actuellement mené par Egis, maître d’ouvrage du chantier. Contactée par Imaz Press Réunion, la société nous a orienté vers le service communication de la Région Réunion. Un mail a été envoyé par notre rédaction à 14h57 ce mardi 17 octobre. Aucune réponse n’a encore été apportée (ça ne vous étonne pas ? nous non plus...)

Mais que l’on se rassure, la barge Zourite poursuit vaille que vaille sa pose de piles. Plus d’une dizaine, espacées à une distance d’environ 120 mètres, ont déjà pris place face à la falaise escarpée de la route du Littoral. Un travail délicat, entrepris par des ouvriers dont il faut applaudir le savoir-faire, la technique… et surtout la patience. Car, ils sont bien lésés dans cette affaire : si les études d’impact sur l’environnement sont louables, elle interviennent alors que les travaux sont déjà lancés. Et forcément, cela entraîne du retard.

Ce combat contre la pierre n’est pas sans rappeler le mythe grec de Sysyphe, celui-là qui fut sévèrement puni pour avoir révélé les secrets des dieux. Un acte impardonnable qui lui a valu une condamnation sans appel : depuis, il pousse sans cesse un énorme rocher jusqu’au sommet d’une montagne dans le royaume des morts. Et à peine son objectif atteint, voilà le rocher qui retombe au pied du versant. L’épisode se répète ensuite, encore et encore. Ce mythe rappelle aux mortels la folie que peut représenter une rébellion contre les dieux.

Reste à espèrer que, dans le cadre de la Nouvelle Route du Littoral, la nature ne se formalisera pas à la manière des dieux. Histoire que personne ne soit condamné à injecter du béton sous un gros galet pour l'éternité...

mp/www.ipreunion.com - Publié le mercredi 18 octobre 2017 à 3h00

   

12 Commentaire(s)

Max Saint Denis, Posté
Pas Sysiphe.. Prométhée !! (En fait Max,; pour avoir révélé le feu aux hommes, le titan Prométhée a été condamné par Zeus à être enchaîné à un rocher et a avoir le foie dévoré quotidiennement par un aigle. Pour avoir osé défier les Dieux, Sysiphe a bien été condamné à faire rouler éternellement jusqu'en haut d'une colline un rocher qui en redescendait chaque fois avant de parvenir au sommet - webmaster)
Mickael, Posté
son rebouteux de bellepierre la largue ali koué? fo li amène + de zanimos po services
Cecile , Posté
Décidément, la région, Bouygue et Egis ont du mal avec les roches... entre pas assez (mais combien?) pour faire les digues et trop pour faire les piller du viaduc... ça manque un peu de préparation tout ça non?
Phoénix974, Posté
Est-ce à dire que les nombreuses opérations de sondage des fonds marins n'étaient que mises en scène et diversion dans le seul but de crédibiliser davantage cette gabegie financière?Quelle poisse a pu pousser nos géologues passer à coté de "ce grain de sable"?Avec toutes ces technologies importées (sondage, image aérienne, satellite, forage, sonar etc) la pilule est assez dure à avaler là..!
Solpak, Posté
Zot la fini arrive Ingénieur Génie civil kossa à IPREUNION ?
Papangue, Posté
Merci pour cette info dont certains zintox ne nous parlent pas
Que le début, Posté
Ce n'est que le début mes amis !
Jacques, Posté
Ils pouvaient aisément anticiper, ces gros galets sont visibles du bord, et aussi sur les sites d'images aériennes !

Ils nous prennent vraiment pour des abrutis, voir des pigeons !
AMOIN, Posté
pourquoi prendre des camions toupie depuis la berge et bloquer encore une fois la circulation?, c'est pas plus simple de mettre les camions sur une barge ou lettre le béton dans la barge et le déverser en mer?
CHABAN, Posté
Histoire que personne ne soit condamné à injecter du béton sous un gros galet pour l'éternité...


Très drôle !!!!!
Disons un épisode de la panthère rose ou celui-ci essaie d'arrêter une voiture qui dévale dans une pente, en tendant les bras.
Évidemment il se fait ecrabouiller...

Effectué dans l'ordre, une étude aurait fait varier le tracet de quelques mètres histoire d'éviter cet écueil.

Didier nana un galet !
Jose, Posté
Ce galet est apparu comme un champignon?

Toutes ces soit disant études pour passer à coté d' "un gros, un immense galet"...

Bande de clowns, ou d'escrocs ?
Bondieupunididier, Posté
bien fait pour didier qui veut prendre des petit galets a bois blancs bondieu puni a lu