Nuit d'Halloween sous tension :

"Ras-le-bol" chez les syndicats de police


Publié / Actualisé
Suite aux troubles sur la voie publique dans la nuit du mardi 31 octobre au mercredi 1er novembre, les syndicats de police de l'île attendent une réaction du gouvernement et demandent des renforts d'urgence.
Suite aux troubles sur la voie publique dans la nuit du mardi 31 octobre au mercredi 1er novembre, les syndicats de police de l'île attendent une réaction du gouvernement et demandent des renforts d'urgence.

"Nous sommes dans une situation de guérillas urbaines" martèle Gilles Clain, secrétaire départemental du syndicat SGP Unité Police Force Ouvrière. "Nous avons besoin de 100 policiers supplémentaires, en plus des remplaçants que trouvent l'Etat pour les départs à la retraite etc…" explique-t-il. Alors que de nombreux riverains se sont plaint ce mercredi matin du manque d'effectifs sur place lors des dégradations de mardi soir, le policier déplore le fait que "toutes les forces en présence ce soir-là étaient sur les différents lieux des événements". Idriss Rangassamy, secrétaire départemental Alliance Police Nationale 974, atteste-lui qu'il n'y a "15 policiers de l'équipe de nuit pour toute l'Île. C'est insuffisant et de très loin".

- Le gouvernement responsable ? -

Une situation qui "n'est plus tenable", tant au niveau "des conditions de travail qui se dégradent" qu'au niveau de "l'escalade des violences" dont sont victimes les forces de l'ordre selon Gilles Clain. "Aujourd'hui, ces délinquants n'hésitent plus à frapper impunément les forces de l'ordre" regrette-t-il, en remettant en cause "des peines trop faibles" et "un manque de considération sur les violences" qui touchent les policiers.

Les deux syndicats pointent du doigt le même problème : "le manque d'écoute" du gouvernement. La promesse de recruter 10.000 policiers et gendarmes durant le quinquennat Macron ? "Ce sont des belles phrases" pour Idriss Rangassamy, "nous on ne veut plus des mots mais des actes" argue-t-il. Gilles Clain craint lui que La Réunion soit oubliée : "des chiffres d'accord, mais on a besoin de renforts d'urgence et encore faut-il que La Réunion soit concernée". "Le gouvernement veut garder cette image d'île paradisiaque sous les cocotiers, et minimise ainsi les moyens alloués à la sécurité publique" indique de son côté Idriss Rangassamy.

-  La population, première touchée -

"Tout cela, c'est la population qui en subit la première les conséquences" signale le secrétaire départemental Alliance Police Nationale 974, Idriss Rangassamy. Pour Gilles Clain, c'est le "ras-le-bol qu'une fête populaire comme Halloween serve de prétexte à ces individus pour des actes de vandalismes et de violences". "Les gens sont avec leurs enfants, ils s'amusent, vont chercher des bonbons et voient ce genre de choses. Ce n'est pas comme ça qu'on veut que La Réunion vive" proteste Idriss Rangassamy.

Du côté des forces de l'ordre, des dégâts matériels et physiques ont été constatés mardi soir : "trois policiers blessés, certainement suite aux jets de projectiles au Chaudron" explique Gilles Clain. "Des véhicules ont également été dégradés" affirme-t-il. Des "dispositifs particuliers" sont d'ores et déjà prévus pour les fêtes de fin d'année.

hf/www.ipreunion.com

   

Votre avis nous intéresse, soyez le premier à vous exprimer !