L'épidémie a tué 128 personnes depuis le 1er août :

Peste - La situation semble s'améliorer à Madagascar


Publié / Actualisé
L'épidémie de peste qui touche la Grande-Île depuis le début du mois d'août est en régression ces derniers jours. Si la propagation de la maladie s'amenuise depuis une semaine, le gouvernement appelle à la vigilance et veut mobiliser le pays pour venir à bout de la maladie qui a tué 128 personnes en trois mois. (photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
L'épidémie de peste qui touche la Grande-Île depuis le début du mois d'août est en régression ces derniers jours. Si la propagation de la maladie s'amenuise depuis une semaine, le gouvernement appelle à la vigilance et veut mobiliser le pays pour venir à bout de la maladie qui a tué 128 personnes en trois mois. (photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Si un vent de panique a soufflé sur Madagascar ces dernières semaines après la propagation rapide et urbaine de la peste, la situation est en voie d'amélioration ces derniers jours. "C’est le début de la fin de l’épidémie si on maintient la vigilance", avait déclaré le Dr Mahery Ratsitorahana, directeur de la Veille sanitaire et de la surveillance épidémiologique (DVSSE) au sein du ministère de la Santé publique, lors d’une conférence de presse sur la situation de peste ce samedi 28 octobre, comme le rapporte lexpressmada.com. Des propos confirmés à la radio nationale malgache, mardi 31, par le Dr Manitra Rakotoarivony, directeur de la promotion de la Santé, indiquant "une amélioration dans la lutte contre la propagation de la maladie de la peste" avec "presque plus de décès dûs à la peste aussi bien dans les hôpitaux que dans les quartiers ces derniers jours".

Selon un dernier bilan transmis par le BNGRC, bureau national de gestion des risques et des catastrophes de la Grande Île, le nombre de décès s'élevait ce mardi 31 octobre 2017 à 128, pour 83 malades actuellement sous traitement. Quatre décès ont été recensés entre le lundi 23 octobre et le mardi 31 octobre. Entre le jeudi 5 octobre et le lundi 23 octobre, le nombre de décès avait très rapidement grimpé de 24 à 124 personnes, faisant craindre le pire à la population malgache et aux îles voisines.

- La vigilance reste de mise -

Malgré un ralentissement de l'épidémie, le gouvernement malgache invite la population "à continuer les assainissements et à rejoindre les hôpitaux pour ceux qui ne se sentent pas très bien". Le chef d'État Hery Rajao­narimampianina a annoncé dimanche 30 octobre une grande journée de mobilisation nationale, en vue d'un assainissement global de l'île : "J’en appelle à tous les Malgaches, à se mettre ensemble pour assainir leurs localités, notamment, les endroits où des cas de peste sont survenus, ainsi que tous les endroits à forte circulation de personnes, que ce soit, dans les campagnes ou dans les villes, et cela dans toute l’Île". 

À Tananarive, la capitale malgache, certains élèves ont fait leur rentrée ce lundi 30 octobre, contre l'avis du Ministère de l'éducation qui préconisait une rentrée scolaire le 6 novembre. Vendredi 27 octobre, alors que certaines écoles catholiques avaient décidé d'ouvrir leurs portes la veille, lexpressmada.com faisait état de mesures dérisoires de lutte anti pesteuse. " Elles contrôlent la température en mettant seulement leurs mains sur le cou de toutes les personnes fréquentant l’établissement, mais n’utilisent pas de thermomètre" relatait le site malgache.

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- Des incidents qui inquiètent -

Comme le rapporte nos confrères de l'Express Mada, quelques fausses notes vient ternir cette régression de la maladie. Le lundi 30 octobre, un contrôle sanitaire a mal tourné dans l'Est de l'île. L'interpellation musclée des policiers qui ont menotté le passager d'un taxi-brousse sans en avoir la clé a lancé les hostilités. "Une foule en furie s’est déchaînée sur les chapiteaux ainsi que le matériel du ministère de la Santé" explique le site malgache. Résultat, le matériel du dispositif de lutte contre la peste a été "saccagé".

Le lendemain, mardi 31 octobre, le Dr Joséa Ratsirarson, secrétaire général du ministère de la Santé publique, a confirmé qu'un malade de la peste s'est échappé d'un centre hospitalier, jeudi 26 octobre. Le membre du gouvernement a considéré que le malade était "le danger public numéro un" actuellement.

- La Banque mondiale prête main-forte au gouvernement -

Alors que l'organisation mondiale de la santé (OMS) avait apporté son soutien en fournissant notamment plus 1,2 millions de doses antibiotiques au début du mois d'octobre, la banque mondiale a décidé de venir en aide à la Grande Île, a-t-on appris ce mardi 31 octobre. Une enveloppe de cinq millions de dollars va être accordée pour venir à bout de l'épidémie de peste frappant Madagascar. Un financement venu à la suite d'une demande du gouvernement malgache formulée lors des assemblées annuelles de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI), mi-octobre, à Washington. "La Banque mondiale se joint aux efforts du gouvernement et de tous les partenaires dans la riposte face à la peste. Ce soutien financier devrait permettre à l’Etat de mieux faire face aux dépenses urgentes liées à la riposte, sans affecter les autres dépenses sociales et d’infrastructure essentielles au développement du pays", a annoncé Coralie Gevers, Country manager de la Banque mondiale à Madagascar.

hf/www.ipreunion.com

   

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