Contre l'obsolescence programmée des objets :

Ne jetez pas votre marmite à riz, réparez-la !


Publié / Actualisé
"L'électroménager, ce n'est plus ce que c'était". Ce genre de remarque est souvent exprimé lorsque les objets du quotidien cassent alors que les modèles d'antan avait une durée de plusieurs années. Les téléphones portables, les tablettes, mais aussi les fours, les machines à laver ou encore les vêtements ont parfois une date limite d'utilisation. Le processus de fabrication, entraînant des prix toujours plus bas et poussant à la consommation, augmentent dans le même temps les déchets. Face à ce fléau, certaines grandes marques ont décidé d'agir. De même, des associations, telle que la structure Ekopratik poussent les consommateurs à réparer leurs objets du quotidien, plutôt que de les jeter.
"L'électroménager, ce n'est plus ce que c'était". Ce genre de remarque est souvent exprimé lorsque les objets du quotidien cassent alors que les modèles d'antan avait une durée de plusieurs années. Les téléphones portables, les tablettes, mais aussi les fours, les machines à laver ou encore les vêtements ont parfois une date limite d'utilisation. Le processus de fabrication, entraînant des prix toujours plus bas et poussant à la consommation, augmentent dans le même temps les déchets. Face à ce fléau, certaines grandes marques ont décidé d'agir. De même, des associations, telle que la structure Ekopratik poussent les consommateurs à réparer leurs objets du quotidien, plutôt que de les jeter.

C'est un phénomène qui va de fait avec la surconsommation. L'obsolescence programmée des objets concerne les produits que nous utilisons quotidiennenent, et qui finissent hors service de manière prématurée. Obsolètes parce que les pièces pouvant les remettre en état de marche sont introuvables, programmés pour casser par les fabricants afin de pousser le consommateur à racheter du neuf.

Pour la première fois en France, une association de consommateurs portait plainte le 19 septembre dernier contre sept marques d'imprimantes dont les fabricants sont soupçonnés de délibérément monter les produits avec des pièces de mauvaise qualité, programmées pour casser après un délai d'utilisation, et ainsi inciter le consommateur à racheter un nouveau modèle, qui sera lui aussi un jour obsolète.

Pour changer la donne, une alernative, défendue par le milieu associatif commence à faire son chemin. A La Réunion, c'est l'association Ekopratik qui aide les citoyens à réparer leurs objets du quotidien, plutôt que de les jeter. Car, la majorité des objets terminent leur vie en déchetterie à La Réunion. Une fois démentelés, les matériaux utilisés sont renvoyés dans les pays qui fabriquent ces objets à durée de vie limitée, pour en produire de nouveaux.

Grâce aux ateliers "Reparali", organisés aux quatre coins de l'île par l'association Ekopratik, une tonne et demi d'appareils a pu être réparée. En moyenne, 62% des objets amenés en réparation évitent la déchetterie. Les bénévoles qui assurent les ateliers apprennent ainsi aux usagers à changer un fusible, une résistance ou un fil électrique défectueux, majoritairement en cause dans les pannes du petit électroménager.

Sylain Barvot, président de la structure, le constate souvent. Les objets fabriqués avec une obsolescence programmée "sont conçus avec des pièces de si faible qualité qu’elles vont forcément casser juste après la garantie et pour lesquels les pièces détachées ne sont pas disponibles. Ce sont souvent des produits de marque de fabrication asiatique, de la catégorie premier prix. Ceux-là cassent parfois avant même la fin de la garantie". Garantie, qui s'étend à deux ans à l'ensemble des produits. Comme le précise l'association de consommateur UFC-Que Choisir, les consommateurs méconnaisent leurs droits en la matière et "confondent la garantie légale avec les garanties commerciales, qui sont optionnelles".

- "Pas cher coûte cher" -

Ainsi, bon nombre d'entre eux ne font pas la démarche de ramener un produit défecteux au fabricant, qui lui-même rechigne parfois à le remplacer ou à le réparer. Ekopratik a d'ailleurs fait du sujet sa mission : "nous le répétons à chaque atelier "Reparali". Il faut faire l’effort de rapporter l’objet au vendeur. Nous payons une écotaxe pour qu’il se débarrasse de ces objets (...) C’est un effort citoyen qu’il faut mettre en place : plus on en rapportera, moins nous retrouverons ce type de produits sur le marché car cela coûtera cher de vendre des objets de mauvaise qualité qui cassent avant la garantie" explique Sylvain Barvot.

L'obsolescence technique et de logiciel est également très répendue. Les smartphones, qui accompagnent notre quotidien perdront en utilisation optimale au fur et à mesure des installations des nouvelles mises à jours, jusqu'à ce que ces dernières ne demandent trop de ressources à l'appareil pour qu'il puisse être utilisé. Ainsi, un rapport sénatorial datant de l'an dernier estimait à 100 millions le nombre de téléphones portables dormant dans les tiroirs des Français.

L'alternative de la réparation, perdue depuis que les objets du quotidien sont accessibles à très bas tarifs - ce qui n'était pas le cas avant l'importation asiatique - retrouve pourtant des couleurs. Souvent facile, le changement d'une petite pièce fait, au bout de la chaîne, faire des économies aux consommateurs. " +Pas cher coûte cher+, cela résume très bien la réalité : ce que l'on achète pas cher au départ, revient cher au bout du compte" explique le président d'Ekopratik. La réparation peut alors facilement redonner vie à certains appareils : " 95% des marmites à riz qui arrivent au Reparali sont réparées. C’est un fusible thermique qui grille parce qu’il conçu pour durer un certain temps ou parce qu’il a atteint la température qui l'a fait griller. Comme c'est un élément de sécurité, il faut le garder, donc on le remplace par un fusible de qualité, qui va durer longtemps. La marmite est repartie pour 10 ans. De la manière dont est fabriqué l'appareil, il ne devrait pas être jeté et reste très facile à réparer. Le fusible coute 2 euros… Deux tourne-vis suffisent" insiste Sylvain.

Ekopratik fait également de la sensibilisation à l'achat durable lors de ses ateliers. Pour éviter d'acheter des produits à durée de vie limitée, il est préférable de regarder si les pièces détachées adaptables au produit sont disponibles sur le marché ou rechercher les marques entreprenant une démarche durable. Les Echos faisaient d'ailleurs un état des lieux des marques les plus responsables en la matière le 2 octobre dernier, classant parmi elles SEB ou Michelin.

jm/www.ipreunion.com

   

1 Commentaire(s)

China , Posté
Voilà une vraie association qui travaille , qui bouge et qui convainc de plus en plus . Et aux ateliers du Réparali
Bravo à eux !