Ils demandent l'état de catastrophe naturelle :

Letchis : les agriculteurs ne peuvent honorer leurs charges sociales et fiscales


Publié / Actualisé
Ils s'annoncent bien plus rares que les années précédentes sur les étals. En raison d'un hiver sec et chaud et des fortes pluies à l'heure des premiers fruits à récolter, Seuls 30% des letchis produits l'an dernier seront récoltés pour cette saison 2017-2018. Les agriculteurs, qui accusent un manque à gagner de 70%, demandent que soit décrété l'état de catastrophe naturelle. De son côté, la Chambre d'agriculture a monté plusieurs dossiers à destination de la sécurité sociale ou des impôts. Elle demande qu'un geste soit fait vers les planteurs quant aux appels à cotisations qu'ils ne peuvent honorer.
Ils s'annoncent bien plus rares que les années précédentes sur les étals. En raison d'un hiver sec et chaud et des fortes pluies à l'heure des premiers fruits à récolter, Seuls 30% des letchis produits l'an dernier seront récoltés pour cette saison 2017-2018. Les agriculteurs, qui accusent un manque à gagner de 70%, demandent que soit décrété l'état de catastrophe naturelle. De son côté, la Chambre d'agriculture a monté plusieurs dossiers à destination de la sécurité sociale ou des impôts. Elle demande qu'un geste soit fait vers les planteurs quant aux appels à cotisations qu'ils ne peuvent honorer.

Il va leur falloir de l'aide. Comme annoncé le mois dernier, la saison des letchis s'annonce catastrophique. Les agriculteurs perdent cette année 70% de leur production, entraînant dans le même temps, autant de pertes de revenus.

C'est sur la météo que les agriculteurs comptent jouer pour justifier la demande pour que soit déclaré l'état de catastrophe naturelle. Ils évoquent la sécheresse et les températures douces subies pendant l'hiver austral, ainsi que les fortes pluies, notamment dans la région Est, qui ont eu des conséquences sur la floraison des pieds de letchis. L'importante baisse de revenus qui touche les agricuteurs sera également mentionnée. La balle est maintenant dans le camp de la Direction de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (DAAF), autrement dit dans les mains de l'Etat, décisionnaire sur cette question.

Une dizaine de producteurs, notamment ceux qui ne produisent que des letchis, ont pour l'heure demandé de l'aide à la Chambre d'agriculture. Cette dernière s'adressera à la Sécurité sociale et aux impôts pour qu'à minima, un échéancier des cotisations soit appliqué aux agriculteurs qui ne peuvent les honorer. La Chambre s'attend à ce que les demandes de ce type évoluent crescendo. "On espère une oreille attentive de la part des instances" explique Eric Lucas, technicien fruit au sein de la Chambre.

- Un impact important sur l'export -

De son côté, l'organisation consulaire s'inquiète du marché à l'export. "Nous avons mis plusieurs années à être présents sur le marché métropolitain. Cette année, nous allons le perdre au vu de la baisse de la production. Il nous faudra au moins deux ans pour récupérer ces parts de marché", déplore Eric Lucas.

Un dilemme s'impose ainsi devant les producteurs présents sur le marché de l'export : "soit ils honorent le marché local et abandonnent leur marché extérieur, soit, ils consacrent une partie de leur maigre production à l'export, au détriment des bazardiers réunionnais" note le technicien. Des aides exceptionnelles pourraient être allouées par les collectivités ou par l'Etat, pour pallier le manque à gagner qui s'annonce important pour la filière toute entière.

 

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La majorité des letchis devrait être disponible aux alentours du 20 décembre. Ils étaient vendus le 5 décembre l'an dernier. Leur prix, actuellement compris entre 15 et 20 euros le kilo, devrait baisser dans les prochains jours, mais n'atteindra que rarement le prix d'un euro. En effet, quand 10.000 tonnes étaient produites en 2016 sur l'ensemble de l'île, seules 2.500 tonnes de letchis sont prévues pour la récolte de cette saison. Comme un noyau qui reste en travers de la gorge.

jm/www.ipreunion.com

   

1 Commentaire(s)

Yvan, Posté
et l'année dernière, il y en a eu trop, ont-ils demandé de payer plus de charges...