Fainéants, pauvres, consentement sexuel à 13 ans, lunettes Chanel... :

Chers M.Macron et membres du gouvernement, pourquoi tant de mépris


Publié / Actualisé
Entre "le bordel", "les fainéants" ou "les illettrées", le président Emmanuel Macron est régulièrement accusé de mépris de classes. Car il devient toujours plus difficile de ranger l'ensemble de ces propos dans la simple catégorie des écarts de langage. Même chose pour les membres de son gouvernement, prompts à rappeler qu'ils ne sont pas là pour offrir des montures Chanel à tous les Français. Mais oui, il ne manquerait plus que ça !
Entre "le bordel", "les fainéants" ou "les illettrées", le président Emmanuel Macron est régulièrement accusé de mépris de classes. Car il devient toujours plus difficile de ranger l'ensemble de ces propos dans la simple catégorie des écarts de langage. Même chose pour les membres de son gouvernement, prompts à rappeler qu'ils ne sont pas là pour offrir des montures Chanel à tous les Français. Mais oui, il ne manquerait plus que ça !

 

"Je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques", "Certains, au lieu de foutre le bordel, feraient mieux d’aller regarder s’ils ne peuvent pas avoir des postes là-bas…", "Le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien"… Mises côte à côte, ces phrases ne transpirent pas la bonté et la générosité. Elles ont plutôt le goût âpre du mépris de classe, cher Monsieur Macron. À force, le peuple qui vous a élu - volontairement ou contrait et forcé -, finirait presque par y être habitué. Habitué à être traité de fainéant, d’illettré ou de pauvre. Vous dites assumer vos propos : grand bien vous en fasse ! Mais force est d’admettre que ça passe mal.

Au passage, vous qui dites ne rien vouloir céder aux fainéants. Rassurez-vous cher Monsieur Macron, selon une étude publiée ce mercredi, un salarié du privé sur cinq a renoncé à un arrêt maladie prescrit. Les principales raisons avancées ? Certains avancent le fait qu’il n’est "pas dans (leurs) habitudes de se laisser aller", ou "la peur d’être surchargé de travail au retour" ou encore de se "sentir contraint par la hiérarchie".

Mais vous devez sûrement comprendre que cette petite phrase n’est pas forcément plaisante à entendre pour ces mêmes salariés. Fussent t-ils "rien", comme vous l’avez vous-même laissé entendre lors de l’inauguration d’une pépinière de start-up à Paris : "Une gare, c’est un lieu où on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien".

- À mille lieues du peuple -

Alors oui, les propos peuvent être qualifiés de maladroits, mais il devient toujours plus difficile de les classer rapidement dans la catégorie "écart de langage". Dans cette catégorie, nous demandons d’ailleurs la dernière en date : Agnès Buzyn, ministre de la santé a cru bon de préciser qu’elle n’était pas là pour "offrir des montures Chanel à tout le monde ou des verres antireflet qui filtrent la lumière bleue".

À bon entendeur !

En bref, la membre du gouvernement a voulu faire comprendre que si les soins de base sont bien pris en charge, les dépenses effectuées chez l’opticien ne seront pas intégralement remboursées. C’est bien noté, Mme Buzyn. Sauf qu’aux dernières nouvelles, vous n’offrez rien. Et qu’une monture de lunettes, qu’elle soit de Chanel ou d’une autre marque, a un certain coût. Celui qui vit grâce au RSA ou au SMIC aura toujours des difficultés à pouvoir se payer ses lunettes, pourtant indispensables. Sauf que vous êtes à mille lieues d’être à la place de celui-là…

Car, chers membres du gouvernement, vous semblez parfois bien loin de votre peuple. Vous savez, ce peuple qui a des petites filles et des petits garçons. Des enfants. Ce même peuple qui, pour la grande majorité, a bondi lors de vos annonces sur le consentement sexuel. La ministre de la Justice, Nicole Belloubet avait souligné que l’âge de 13 ans "pourrait être retenu" comme une "borne envisageable". Lorsque l’on sait que 13 ans, c’est l’âge où l’on passe à peine le brevet, ça fait froid dans le dos. On croirait presque, chers membres du gouvernement, qu’aucun d’entre vous n’a d’enfant.

Mais, cher Monsieur Macron et chers membres du gouvernement, n’allez pas croire que cette missive n’a pour d’autre but que de vous accuser. Non, bien sûr que non. Ce courrier souhaite tout simplement vous inviter à faire preuve d’une réelle écoute et - sans trop vous demander- d'un peu de compassion. En bref, d'un peu d'égards envers ce peuple. Vous savez c'est ce même peuple que vous avez flatté et que vous disiez adorer il y a à peine quelques mois, juste avant le passage dans les bureaux de vote.

- Comme le peuple vous semblait beau à l'époque -

Souvenez vous, cher Monsieur Macron et chers membres du gouvernement, comme ce peuple vous semblait beau à l'époque. Ce même peuple, celui qui vous a élus - volontairement ou contraint et forcé -, se souvient de cela.

Dans "L’homme révolté", Albert Camus disait "toute forme de mépris, si elle intervient en politique, prépare ou instaure le fascime".

Méditez sur cette parole cher Monsieur Macron et chers membres du gouvernement... et souvenez-vous à votre tour à quel point l'extrémisme le plus nauséabond a menacé la France il y a à peine quelques mois.

C'est pour dire non à ce danger mortel pour notre démocratie que beaucoup ont voté pour vous, sans forcément partager vos idées. À La Réunion par exemple, beaucoup ont sans doute voté pour vous après qu'en meeting à Saint-Denis, vous ayez invité des pauvres et des fainéants incapables de se payer des lunettes Chanel à venir près de vous sur scène pour vous interroger en direct.

Il serait bien dommage pour vous, cher Monsieur Macron, que ces pauvres fainéants s'aperçoivent que tout cela n'était que de la mise en scène ou, comment dites-vous déjà? Ah oui : de la poudre de perlinpinpin...

mp/www.ipreunion.com (mis en ligne jeudi 23 novembre 2017 à 3 heures - actualisé)

   

10 Commentaire(s)

El kamion, Posté
Mais qui signe ce texte ? La Rédaction ? (Bonsoir El Kamion, oui, il s'agit d'un édito signé par un journaliste de notre rédaction - Webmaster IPR)
Domnin, Posté
Le bordel, les fainéants, les cyniques ça existe. Quand Macron en parle il vise ces gens là, pas les autres. Généraliser ces mots à tout le peuple est malhonnête. Quand Macron va visiter au pied levé les jeunes de la Crique à Cayenne personne ne peut dire qu'il est loin du peuple. Ce président appelle un chat un chat, tant mieux, ça nous change des langues de bois habituelles.
Tata, Posté
QUE VOULEZ VOUS.C UN PRESIDENT ELU PAR DEFAUT.C LES BANQUIERS QUI DIRIGE LA FRANCE....
CHABAN, Posté
Eh ben !
Ben oui, où voyez-vous la montée des extrémistes ? Dans certains commentaires ? Zamais, jamais jamais !!!LOL
Krikri29, Posté
Texte certes plein de vérité mais de quelle droit pouvez vous parler d’extrémistes nauseabonds menaçant la France ? Vous donnez une leçon de morale à mr Macron et son gouvernement et vous bafouez d’un revers 40% d’electeurs Français qui n’ont pas voté Macron? Vous feriez mieux de vous remettre en question car vous ne valez guère mieux mr le rédacteur de cette article !
Lou_gabrielle, Posté
Bravo!!! Vous avez mouillé la chemise. Le fascisme monte depuis le premier jour. Un système fascisme met en place des personnes vulnérables voire incapables. Il leur donne plein pouvoir et lorsque l'on donne le pouvoir à des opprimés ou des "rien" qui rêvent de pouvoir, ils vont exercer ce pouvoir de façon totalitaire avec une bêtise et une méchanceté digne de ce gouvernement. On copie le style du chef mais on va encore plus loin (et pourtant il a déjà mis la barre très haut). On connait la suite dans 5 ans.
Kg, Posté
Excellent article ..............triste de vérités!!
GramounFM, Posté
Ras-le-bol de ces raccourcis, de ces amalgames utilisés par des "journaleux" minables qui veulent se faire passer pour des braves justiciers alors qu'ils ne sont que de piètres démagogues. Continuez à avancer M.MACRON, vous êtes courageux et moi qui n'ai pas voté pour vous au 1er tour de l'élection présidentielle, je vous salue pour cela. "
"Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d’un seul mot ..."
...tu seras un homme mon fils. ( R.KIPLING )
Lela , Posté
Un tissu d'approximations, de raccourcis, de populisme orienté : ce texte est un mauvais torchon !
CHABAN, Posté
BRAVO
Tout est dit, malheureusement rien de nouveau avec ce personnage.
On était descendu au sous-sol avec Sarkozy et Hollande avec ce triste 1er de cordée la croûte terrestre n'est plus très loin !