Un service méconnu :

Les agricultrices remplacées pendant leurs congés maternité


Publié / Actualisé
Les membres du Service de remplacement de La Réunion (SRR) s'exprimaient ce jeudi matin 24 novembre 2017 à Saint-Pierre à propos de ce dispositif également ouvert aux agricultrices. Notamment quand elles prennent un congé maternité. En cas d'absence, un autre salarié agricole vient travailler à leur place. (Photo d'illustration)
Les membres du Service de remplacement de La Réunion (SRR) s'exprimaient ce jeudi matin 24 novembre 2017 à Saint-Pierre à propos de ce dispositif également ouvert aux agricultrices. Notamment quand elles prennent un congé maternité. En cas d'absence, un autre salarié agricole vient travailler à leur place. (Photo d'illustration)


Souvent ces professionnelles ne s’arrêtent pas durant leur grossesse ou à la naissance de leur enfant. Le moindre arrêt équivaudrait à une perte de revenus. Contactée par téléphone, la présidente de cette structure Reine-Claude Laiton détaille ce service, créé en 2004, et accessible aux femmes depuis 12 ans.

"Ce service affichait 877 journées de remplacement en 2016 mais seules 9 femmes sollicitaient ce dispositif qui permet de remplacer les chefs d’exploitations quant ils sont en mandat syndical, professionnel ou les femmes en congés maternité", précise-t-elle.

Pour bénéficier d’une prise en charge durant un congé maternité ou paternité, il faut avoir travaillé à temps plein ou partiel sur l’exploitation. Et aussi être inscrit à l’assurance-maladie des exploitants agricoles (AMEXA) depuis 10 mois avant la date présumée de l’accouchement.

"Les agricultrices ne connaissent pas suffisamment ce service. Nous lançons des initiatives avec la Sécurité sociale et les coopératives pour envoyer aux professionnels un prospectus les informant sur nos missions. Des affiches seront aussi posées dans les magasins, à la DAAF et à la Chambre d’agriculture", commente Reine-Claude Laiton, installée depuis 20 ans aux Makes dans les hauts de Saint-Louis.

- "Méconnaissance" -

Elle y tient un centre équestre et s’occupe de bœufs et de moutons. Johnny Apaya, directeur de la Fédération départementale des Syndicats d’exploitations agricoles (FDSEA), assistait également à la conférence de presse du SRR. Lui aussi vante les qualités de ce service durant les congés maternité.

"Même si la Sécurité sociale prend en charge ce remplacement, nous demandons aussi à l’État une indemnité pour les agricultrices afin qu’elles puissent continuer à vivre pendant leur congé maternité. Ce dispositif souffre d’une méconnaissance de la part des femmes", précise-t-il lui aussi par téléphone.

Les professionnels intéressés sont invités à composer le 06 92 82 79 01 ou à écrire un e-mail à servicederemplacement974@gmail.com, l’adresse du SRR situé à Saint-Pierre. L’adhésion annuelle à ce service s’élève à 35 euros par an. 105 personnes réglaient cette cotisation en 2017 contre 109 en 2016.  52 % d'entre elles l'utilisent pour le congé maternité, 26 % dans le cadre d'un mandat professionnel et 11 % pour les événements familiaux.

- Congé maternité unique -

Ce remplacement par la Caisse générale de sécurité sociale (CGSS) coûte 112,61 euros par jour. 7,9 € sont à régler par l’agriculteur. Pour rappel, Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, évoquait il y a deux mois un congé maternité unique et annonçait que les agricultrices seraient les premières à en bénéficier sans donner de calendrier précis pour cette réforme.

Le régime actuel prévoit au minimum seize semaines de congés maternité pour les salariées (18 pour le troisième enfant), et dix semaines au maximum pour les indépendantes. Les indemnités perçues sont également différentes : elles sont plus élevées pour les indépendantes, mais doivent, dans leur cas, compenser d’éventuelles baisses de chiffre d’affaires.

ts/www.ipreunion.com

   

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