Un rapport s'alarme sur des problèmes de gouvernance :

Menace sur un Parc National dont Didier Robert ne veut plus


Publié / Actualisé
Dans un rapport de novembre 2017, l'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) tire la sonnette d'alarme sur l'état du Parc National de La Réunion. L'union déplore en premier lieu un accroissement des espèces exotiques envahissantes sur le bien. Le rapport attire aussi l'attention sur " l'insuffisance des moyens alloués et les besoins de renforcement de la gouvernance et de la coordination de la lutte ". Pas facile, lorsque l'une des collectivités les plus importantes de l'île, à savoir la Région, met des bâtons dans les roues des Pitons, Cirques et Remparts en souhaitant une reclassification du parc en parc régional.
Dans un rapport de novembre 2017, l'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) tire la sonnette d'alarme sur l'état du Parc National de La Réunion. L'union déplore en premier lieu un accroissement des espèces exotiques envahissantes sur le bien. Le rapport attire aussi l'attention sur " l'insuffisance des moyens alloués et les besoins de renforcement de la gouvernance et de la coordination de la lutte ". Pas facile, lorsque l'une des collectivités les plus importantes de l'île, à savoir la Région, met des bâtons dans les roues des Pitons, Cirques et Remparts en souhaitant une reclassification du parc en parc régional.

Les Pitons, Cirques et Remparts inscrits au Parc National. Une reconnaissance légitime pour ce petit joyau qu’est l’île de La Réunion. Le résultat d’un combat de longue haleine mené par des acteurs déterminés à "met en lèr" le beau péi. C’est chose faite en 2007. Et trois ans plus tard, la valorisation monte encore de plusieurs crans avec l’inscription au Patrimoine mondial de l’Unesco. Un label international, une fierté locale, mais aussi un engagement de préservation et de conservation.

Aujourd’hui, nous sommes en plein dans les 10 ans du Parc National. Dans le même temps, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) tire la sonnette d’alarme face à la protection du bien. On pouvait rêver mieux comme cadeau d’anniversaire. Les préoccupations de l’UICN ? La menace des espèces exotiques qui ne cesse de s’accroître, d’une part. Les "problèmes de gouvernance liés aux responsabilités de gestion", d’autre part. C’est le rapport de l’UICN qui le dit.

Lire aussi - Parc National : grave menace sur La Réunion patrimoine mondial de l'Unesco

- L’éviction de Marylène Hoarau -

En parlant de "problèmes de gouvernance", impossible de ne pas penser à la polémique liée au départ précipité de Marylène Hoarau de son poste de directrice du Parc National. Par un simple mail, celle qui dirigeait l’instance depuis 2011 a indiqué son retrait. Et ce, alors que la Région lançait un appel d’offre visant à étudier des "perspectives d’évolution"… et notamment un passage au statut de parc régional. Dans une interview du Quotidien, Marylène Hoarau avait alors critiqué ce projet de "régionalisation" du parc. Sans tarder, un courrier de la Pyramide Inversée lui signifiait la possibilité d’un avertissement suite à ses propos. Une éviction que Daniel Gonthier, président du parc, assimilait à une " ingérence politique " en septembre 2016. 

- Un président de Région qui juge la réglementation du Parc trop contraignante -

Car oui, on ne peut pas dire que le Conseil Régional ait activement participé à la sauvegarde de ce Parc National. C’est même tout le contraire. Pour rappel, une des promesses de campagne de Didier Robert était de rétrograder le Parc National au statut de Parc Régional. Pour quelle raison ? Le président estime que la réglementation régissant le Parc National est par trop "contraignante". Des contraintes qui mettraient les hauts de l’île sous cloche, empêchant de bâtir certaines structures… comme une structure d’hébergement "de qualité" au volcan, déplorait Didier Robert en septembre 2016.

Ce déclassement risque pourtant d’agir comme un jeu de dominos… et pourrait bien provoquer la perte de l’inscription de La Réunion au patrimoine mondial de l’Humanité. Daniel Gonthier, président du Parc, avait alors refusé de prendre part aux discussions : "Je ne veux pas être associé à la destruction du Parc National, qui est le fruit d’un travail de passionnés depuis les années 60" déclarait t-il en septembre 2016. Car, plus qu’une simple reconnaissance, l’outil a été déterminant pour obtenir des financements européens. Et bien sûr, pour la conservation du label patrimoine de l’Unesco. Et Daniel Gonthier de préciser alors, qu’en cas de déclassement au rang de parc régional, le fonctionnement du Parc ne pourra se faire qu’avec les sous des collectivités locales.

- Le Parc National assure la gestion technique de la zone labellisée -

Il est bon de rappeler que c’est bien le Parc National qui assure la gestion technique de la zone labellisée par l’Unesco. Le bien inscrit représente un peu plus de 40 % de la surface de l’île et correspond au cœur du Parc National. Une inscription qui a entraîné l’île dans le cercle très fermé des "biens naturels" du patrimoine mondial de l’Unesco. Le Parc National avait pour mission de garantir l’intégrité du Bien, en veillant au respect de la réglementation en vigueur.

Lire aussi : Les menaces sont de plus en plus sérieuses (et nombreuses)

L’enjeu prioritaire étant de résoudre le problème des espèces invasives… Un problème qui n’est toujours pas réglé et qui tend même à s’intensifier, dix ans après la mise en place du Parc. "La protection et la gestion à long terme seront améliorées une fois que les problèmes de gouvernance liées aux responsabilités de gestion seront entièrement résolus" conclue le rapport de l’Union internationale pour la conservation de la nature. Pour autant, malgré ce rapport alarmant, pas sûr que ces problèmes se résolvent immédiatement. Surtout face à une volonté aussi inflexible de changer le statut du Parc.

Dommage pour nos pitons, cirques et remparts. Dommage pour la reconnaissance mondiale. Dommage pour la fierté de La Réunion.

mp/www.ipreunion.com

 

   

4 Commentaire(s)

C12, Posté
Trop contraignant pour Mr Robert ... un déclassement pour "développer l'économie de l'ile" qui passe selon lui par la construction et donc la destruction de l'identité naturelle (endémique) de l'ile... identité naturelle menacée car pas de portage politique régional ??? "fait honte les gars" !
Bibik, Posté
Alors Mr Robert!!!! Il est Où ce fameux rapport rendu depuis plus de 6 mois??? Vous prenez le temps de modifier les phrases?? ou vous décidez enfin à nous le transmettre publiquement .. C'est de l'argent publique utilisé, vous nous Devez ses résultats....Sinon, Rende anou largent
TAGOUN, Posté
Bof ! ti coq à part les honneurs, voyager en First Class et se prendre pour Dieu le père.....le reste il s'en fout.
ANONYME, Posté
AH BON IL N'EN VEUT PLUS, QUI A OUVERT SA "BOUCHE" POUR DIRE PENDANT LA PERIODE DES ELECTIONS REGIONALES QUE LA REGION PRENDRA LA GESTION!!! TROP DE MAGOUILLE, C'EST NORMAL QU'IL N'EN VEUT PLUS PARCE QU'IL A UNE MAUVAISE GESTION..