Grosse tension à la balance de cannes de Beaufonds ce mardi :

L'agent de sécurité blessé témoigne


Publié / Actualisé
Fin de campagne sucrière sous tension dans l'Est de l'île. Ce mardi matin 5 décembre 2017, l'industriel Téréos faisait constater par voie d'huissier un chargement de cannes non-conforme à la balance de Beaufonds. Les choses dérapaient quand une quarantaine de planteurs bloquaient le centre de réception. Un agent de protection rapprochée affirme avoir été frappé par 4 à 5 agriculteurs à coups de poings et de pieds. Laurent était blessé la tête par un galet. Un prénom d'emprunt car le professionnel désire conserver l'anonymat. Vous pourrez constater l'étendue de sa blessure avec la photo que nous publions.
Fin de campagne sucrière sous tension dans l'Est de l'île. Ce mardi matin 5 décembre 2017, l'industriel Téréos faisait constater par voie d'huissier un chargement de cannes non-conforme à la balance de Beaufonds. Les choses dérapaient quand une quarantaine de planteurs bloquaient le centre de réception. Un agent de protection rapprochée affirme avoir été frappé par 4 à 5 agriculteurs à coups de poings et de pieds. Laurent était blessé la tête par un galet. Un prénom d'emprunt car le professionnel désire conserver l'anonymat. Vous pourrez constater l'étendue de sa blessure avec la photo que nous publions.

 

Il décrit une ambiance tendue durant son passage sur le site. Selon lui, un des planteurs menaçait de s’attaquer au bâtiment avec un tracteur équipé "d’une scie circulaire." Les agents tentaient de prendre des photos afin d’immortaliser la scène. Les choses s'envenimaient alors...

"35 à 40 agriculteurs ont commencé à courir après un de mes collègues. J’ai tenté d’attirer leur attention pour qu’ils aillent ailleurs. Je suis passé devant eux, les bras dirigés vers le bas, en tentant d’apaiser les choses. J’ai alors pris des coups de poings, de pieds, des baffes et j’ai été blessé à la tête par un coup de galet", raconte-t-il, contacté par téléphone.

L’agent portait plainte dans la foulée à la Gendarmerie de Saint-Benoît. Il s’indigne également du communiqué de presse envoyé par la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA). L’organisation dénonçait un coup de force de la part de Téréos avec le contrôle mené mardi matin.

"La FDSEA appelle à un climat plus serein mais ce n’est pas serein du tout. On envoie des communiqués pour présenter Téréos comme le méchant mais les agents de protection ne sont pas là pour se faire taper dessus. Qu’ils ne nous agressent pas. Nous sommes là pour car il y a déjà eu des problèmes lors des contrôles. On parlait de râlé-poussé mais pour un râlé-poussé, il faut être deux, là, on a été agréssés", glisse-t-il.

Lire aussi : Téréos dénonce le "comportement frauduleux" de planteurs

Selon lui, un autre agent aurait été victime "d'une béquille" de la part d'un agriculteur mais n'aurait pas réagit. "Mes collègues sont des champions d'arts martiaux mais n'ont pas riposté. Nous sommes restés passifs", indique-t-il. Contacté, Frédéric Vienne, président de la FDSEA, s'exprime à propos de ce témoignage. Il condamne tout acte de violence mais parle de "provocation" à propos du contrôle à Beaufonds.

"Je déplore la violence dans ce genre de situation. C’est une campagne sous tension avec cette provocation de Téréos. On ne fait pas ce genre de contrôle en fin de coupe. Il faut le faire en début de campagne", commente-t-il.

Le syndicaliste parle même "d’acharnement" de la part de l’usinier. Il assure qu’aucune réunion du Comité paritaire de la canne et du sucre (CPCS) ne se tenait depuis la signature de la nouvelle Convention cannes et le début de la coupe.

"Il y a un manque de dialogue avec aucun CPCS organisé. Quand il y a des problèmes, on ne les règle pas en emmenant des vigiles à la balance cannes car il y aura à ce moment-là des débordements", souligne-t-il.

Des débordements prévisibles également selon Bruno Robert, président des Jeunes agriculteurs, présent à Beaufonds pendant les incidents. Lui aussi condamne la violence mais parle de ce qui a été perçu comme une provocation.

Lire aussi : Le torchon brûle entre Téréos et les planteurs

"Envoyer une équipe de sécurité est un moyen de mettre la pression. C’était comme des nervis pour nous impressionner. Il y a eu la convention cannes signée puis le retard dans la coupe derrière. La campagne met tout le monde à bout de nerfs. Ça a dégénéré", lance-t-il. Le responsable syndical assure avoir téléphoné aux responsables de Téréos pour leur conseiller de retirer leur équipe de sécurité car "c’est très tendu en ce moment."

"Ce ne sont pas des méthodes pour régler les problèmes. Les représentants des planteurs n’étaient pas au courant de ce contrôle. Nous attendons les réponses de Téréos à propos de Bois Rouge à l’arrêt car il reste 15 jours à 3 semaines pour rentrer les cannes", précise-t-il. Une campagne sucrière 2017 perturbée à plusieurs reprises. La signature de la convention cannes intervenait en juillet après un long conflit entre syndicats et industriel.

Autre illustration de cette opposition : la comparution le 2 novembre dernier de Frédéric Vienne devant le tribunal correctionnel de Saint-Pierre pour "vol aggravé par deux circonstances" pour un arrachage de cannes supposément commis en sa présence le 30 mai sur le site d’eRcane à l’Étang-Salé, propreté de Téréos.

La décision dans cette affaire tombera ce jeudi 7 décembre 2017. Le parquet requérait trois mois de prison avec sursis et 1.000 euros d’amende. "Je suis convoqué à huit heures du matin", nous confirmait le leader syndical. Il sera fixé sur son sort.

ts/www.ipreunion.com

   

1 Commentaire(s)

Jose, Posté
Des cagnards subventionnés, tricheurs et violents !

Arrêtez cette culture inutile et en faillite, qu'ils aillent planter des légumes !