Thierry Robert sur la commande publique :

"Que de temps perdu par la Région"


Publié / Actualisé
"Que de temps perdu par la Région". Voici comment s'intitule le communiqué de presse envoyé par le député Thierry Robert à propos de la commande publique. Selon lui, le secteur du BTP rencontre une crise et se trouve à l'agonie. Nous publions intégralement son texte. (Photo d'archives de la manifestation du 5 septembre dernier)
"Que de temps perdu par la Région". Voici comment s'intitule le communiqué de presse envoyé par le député Thierry Robert à propos de la commande publique. Selon lui, le secteur du BTP rencontre une crise et se trouve à l'agonie. Nous publions intégralement son texte. (Photo d'archives de la manifestation du 5 septembre dernier)

 

Commande publique : que de temps perdu par la Région ! Lors des journées de l’ancrage territorial, le CESER a émis des propositions et des engagements que je partage et défends depuis plusieurs années. Parmi elles, la stratégie du bon achat pour que la commande publique serve le tissu économique local mais aussi une instance d’évaluation des politiques publiques. Nombre de fois, j’ai répété l’importance du retour sur investissement et la préférence économique régionale.

Je me réjouis de voir ces sujets fondamentaux inscrits dans le débat public aujourd’hui et notamment dans le cadre des Assises des Outre-mer. Les ambitions semblent désormais partagées, restent à voir maintenant les actes. Car, si nous pouvons attendre des Assises des Outre-mer des propositions allant dans ce sens, il appartient aussi, depuis longtemps, aux acteurs publics, ici à La Réunion, d’appliquer cette philosophie qui consiste à agir en faveur de nos acteurs locaux : chaque euro dépensé doit pouvoir rapporter à notre territoire.

Sur le sujet, la volonté politique prime et elle a souvent manqué, notamment à la Région Réunion. La NRL est lancée, il faudra la finir et les contribuables devront malheureusement en supporter les surcoûts suite aux manques d’anticipation de la Région. Au-delà de cet élément, il est légitime de poser la question du retour sur investissement de ces deux milliards d’euros, notamment en terme d’emplois réellement créés. Etait-ce la meilleure solution ? Probablement pas.

Lors de ces journées de l’ancrage territorial, le Président de Région a annoncé son souhait d’être " dans une démarche environnementale responsable ". Cela veut dire renoncer au projet dévastateur de carrière à Bois Blanc ? Il aussi partagé l’engagement de créer pour l’horizon 2018, une instance d’évaluation des politiques publiques. Deux ans après que le groupe LPA à la Région le lui ai demandé et qu’il a refusé de mettre en place dans sa propre collectivité.

Enfin, plus surprenant, la volonté du Président de Région de " tordre le cou " au Code des marchés publics en faveur des entreprises réunionnaises. Cela me rappelle cette assemblée plénière du 23 Juin 2016, où avec le LPA, nous déposions une motion en urgence relative à l’avis de marché pour le nouveau franchissement de la Rivière des Galets. Le marché tel que présenté, ne permettait pas aux TPE-PME d’y répondre et pour cause : absence d’allotissements et des seuils de chiffre d’affaires bien trop élevés.

Nous lui demandions alors en vain, de revenir sur le montant du chiffre d’affaire minimal exigé pour répondre à ce marché, afin de ne pas restreindre l’accès direct des PME à cette commande et de reconsidérer le nombre de lots composant ce marché, en fonction de la nature des travaux. Finalement, que de temps perdu par le Président de Région. Qui puis est, nul besoin d’aller jusqu’à tordre le cou au Code des marchés publics.

Faut-il rappeler au Président de Région, comme nous le lui avons indiqué en 2016, que l’esprit de la dernière réforme du Code des marchés publics est justement de mettre la commande publique au service de l’économie. Cette réforme indiquait par ailleurs : " il n’y a plus de marché public trop gros pour les petites entreprises : l’allotissement, c’est à dire le découpage des marchés publics en lots accessibles aux PME, devient la règle pour tous les acheteurs " mais aussi que " les exigences de capacité doivent être proportionnées à l’objet du marché public ".

Faites ce que je dis mais pas ce que je fais. Ce qu’il pouvait faire, il ne l’a pas fait, fera-t-il ce qu’il défend désormais bec et ongles ? Pour nos entreprises locales, la filière BTP à l’agonie, j’ose espérer que oui.

Thierry ROBERT

   

1 Commentaire(s)

Jose, Posté
C'est l’hôpital qui se fout de la charité...

Qui s'est mis en non solvabilité pour éviter de payer ses créanciers, qui est un marchand de sommeil, qui est un mytho...