Un système comme Irma pourrait toucher La Réunion :

Actus Météo 974 : "statistiquement, on se rapproche" d'un cyclone dévastateur


Publié / Actualisé
Alors que la saison cyclonique 2017/2018 connaît un lent démarrage, le risque de voir un cyclone dévaster l'île se rapproche saison après saison. Alexandre Dijoux, dit "Axou", président de MétéoR OI et contributeur d'Actus Météo 974, évoque la crainte d'être confronté à un système de type Irma, l'ouragan qui a ravagé Saint-Barthélemy et Saint-Martin en septembre dernier. Car, dit-il "statistiquement, on se rapproche de l'irrémédiable"
Alors que la saison cyclonique 2017/2018 connaît un lent démarrage, le risque de voir un cyclone dévaster l'île se rapproche saison après saison. Alexandre Dijoux, dit "Axou", président de MétéoR OI et contributeur d'Actus Météo 974, évoque la crainte d'être confronté à un système de type Irma, l'ouragan qui a ravagé Saint-Barthélemy et Saint-Martin en septembre dernier. Car, dit-il "statistiquement, on se rapproche de l'irrémédiable"

"Une prévision de cyclogenese au-delà de cinq jours, c'est du pipeau". Pour Alexandre Dijoux, passionné des phénomènes cycloniques, "il est aujourd'hui impossible de prévoir l'arrivée, sur ou à proximité immédiate des Mascareignes, d'un système cyclonique au-delà de cinq jours". Malgré tout, les chiffres parlent. "Quand on évoque les événements naturels, on étudie aussi les phénomènes par occurrence" explique-t-il. Il prend l'exemple "des crues décennales, centennales, etc…".

Niveau cyclone, le dernier violent système "remonte à Dina (en 2002) pour les années 2000" qui avait causé de nombreux dégâts matériels mais aucune victime directement liée au phénomène. Pour Alexandre Dijoux, il faut "finalement revenir à 1962 avec Jenny ou avec le cyclone de 1948 qui avaient réellement dévasté l'île et avaient fait de nombreux morts". Selon le contributeur d'Actus Météo 974 "statistiquement, plus on avance dans le temps, plus on se rapproche de l'irrémédiable".

Si rien ne dit qu'un système dévastateur touche l'île dans "un, deux ou trois ans", l'île sera de toute manière touchée de nouveau par un ouragan majeur tôt ou tard... Alexandre Dijoux évoque sa plus grande crainte : "se retrouver face à des ouragans de type Irma ou Maria", les deux systèmes qui ont ravagé Saint-Martin, Saint-Barthélemy, la Guadeloupe ou encore la Floride en septembre dernier. Selon lui, "si l'île n'a pas de piqûre de rappel avant un phénomène de ce genre, les dégâts pourraient être terribles". Il évoque notamment les nombreux logements où "les fenêtres, vitres, baies vitrées ne sont pas protégées par des volets" à La Réunion. Et comme le rappelle le passionné, "aux premiers vents violents aux Antilles, les logements ont été dévastés car ils n'étaient pas protégés non plus. Et on sait que quand les fenêtres craquent, c'est tout l'habitat qui en subit les conséquences des inondations aux arrachages de toits". Par "piqûre de rappel", le spécialiste entend "au minimum un cyclone tropical intense" : il prend pour exemple "Colina en 1993 ou Hollanda en 1994".

- Une saison tardive non sans danger -

À quelques jours de la fin de l'année 2017, pas la moindre tempête tropicale ou cyclone en vue dans les prévisions d'ici le 31 décembre. Si la tendance venait à se confirmer, et que le premier cyclone arrivait en 2018, il s'agirait d'une première depuis la saison 2000/2001. Pour Alexandre Dijoux, c'est un "phénomène rare mais pas exceptionnel". Sur les quarante dernières années, seules cinq saisons sont concernées par un premier système baptisé après le 31 décembre (1986/1987, 1990/1991, 19997/1998, 1998/1999, 2000/2001).

Pour le contributeur, le lent démarrage de cette saison s'explique par "la persistance d'une anomalie de température océanique (dipôle subtropical) qui avait fortement impacté le début de saison 2016/2017. Cette anomalie a contribué à maintenir des conditions anormalement sèches sur notre zone. De plus, ce début de saison souffre d'une anomalie des vents en altitude qui contraint les nuages convectifs et donc l'amorce de système dépressionnaire".

Selon les signaux "de grande échelle", "les choses ne devraient pas bouger avant le 13 à 15 janvier" explique Alexandre Dijoux. À cette date, la première "vraie" cyclogenèse -processus par lequel une circulation cyclonique prend naissance ou s'intensifie-  devrait voir le jour. Pour parler de phénomène exceptionnel, les experts se basent sur la date de référence pour l'île : "le 8 février 1998, date de baptême du cyclone Anacelle". Il s'agit historiquement de la saison à s'être déclarée la plus tardivement. "1998 reste une année particulière" nuance toutefois Alexandre Dijoux.

Si la saison cyclonique devrait démarrer dans le courant du mois de janvier, cela ne réduit pas pour autant les risques et dangers. "En théorie, une saison qui démarre plus tard signifie une saison avec moins de systèmes cycloniques, comme l'a indiqué Météo France dans ses prévisions" rappelle le passionné. "Mais si la formation des phénomènes se concentre plutôt dans la zone ouest de l'océan indien, le risque potentiel de menace sera nécessairement plus élevé". Les Réunionnais sont prévenus.

hf/www.ipreunion.com

   

2 Commentaire(s)

Syracuse , Posté
La crainte d'être CONFRONTÉ aux fautes d'orthographe !
THOR, Posté
Le "spécialiste" qui s'exprime !.....propos anxiogènes, "statistiquement" ben oui c'est comme de gagner au loto ! "les réunionnais sont prévenus" c'est vrai qu'on est des abrutis et que l'on ne sait pas qu'un cyclone dit intense pouvait nous frapper un jour ! çà c'est le genre d'info pourrie...