Le service n'est plus assuré depuis le 1er janvier :

Le transport des travailleurs porteurs de handicap est arrêté


Publié / Actualisé
Des salariés handicapés ne bénéficient plus depuis le 1er janvier 2018 du service de transport dédié afin de se rendre dans leur entreprise. Selon eux, le groupement d'insertion des personnes handicapées (GIHP) vient de mettre un terme à cette prestation en raison de ses difficultés financières. Plusieurs usagers reprochent d'avoir été mis devant le fait accompli. (Photo d'illustration)
Des salariés handicapés ne bénéficient plus depuis le 1er janvier 2018 du service de transport dédié afin de se rendre dans leur entreprise. Selon eux, le groupement d'insertion des personnes handicapées (GIHP) vient de mettre un terme à cette prestation en raison de ses difficultés financières. Plusieurs usagers reprochent d'avoir été mis devant le fait accompli. (Photo d'illustration)

 

Non-voyant,  Nicolas M’Tima, standardiste à la Direction de l'agriculture, de l'alimentation et de la forêt (DAAF), utilisait ce moyen de circulation. Avec un véhicule avec un chauffeur mis à disposition par le GIHP. Objectif : l’emmener et le récupérer à son travail entre le quartier de la Montagne et Saint-Denis tous les jours. Depuis le 1er janvier, il doit se débrouiller autrement.

"Le 13 décembre 2017, le président du GIHP nous adressait un courrier pour une rencontre au siège de l’association mais elle a été annulée Je l’ai finalement eu au téléphone et il m’a dit que les administrateurs avaient voté l’arrêt définitif de la prestation transport pour les travailleurs handicapées au 1er janvier 2018", déplore le Dionysien, contacté par téléphone ce mercredi 3 janvier 2018.

Il évoque du "mépris" de la part des dirigeants de cette association. Selon lui, ils auraient invoqué des difficultés financières et un manque de contrats aidés pour justifier la fin de cette prise en charge. "C’est un manque de respect car il n’y a eu aucune concertation. On aurait pu nous donner au moins un mois de plus avant de prendre une décision. J’ai même proposé au président de revoir le tarif mais je n’ai pas eu de réponse. C’est même nous qui l’avons appelé pour avoir des réponses", ajoute-t-il.

Dans le secteur Nord de l’île, cinq personnes seraient concernés par la disparition de ce service. Des personnes en fauteuil roulant et des non voyants notamment. Les conséquences ne tardaient pas. "Le 4 janvier, en plus, c’est la journée internationale du braille. J’essaye de me tourner vers d’autres solutions. Vers le taxi par exemple", lance Nicolas M’Tima. Il utilise quand cela est possible City ker.

- Même type de difficultés -

Il s'agit du service de transport pour les personnes à mobilité réduite, dans l’incapacité d’accéder aux bus des lignes régulières du réseau Citalis, mis en place par la Communauté intercommunale du Nord. Le standardiste souhaite d’ailleurs alerter le préfet de La Réunion pour le sensibiliser à ce dossier. Et afin d’organiser une table ronde autour de la question du déplacement des personnes à la mobilité réduite.

Fabrice Bègue, mal-voyant, rencontre également le même type de difficultés. Actuellement en congés, il cherche une solution de remplacement. L’agent de renseignement à la DIECCTE se tourne aussi vers City ker mais le service du matin est déjà complet. Quand il reprendra le travail, il ne pourra l’emprunter que le soir faute de place disponible.

"Du jour au lendemain le GIHP nous annonce sans aucun courrier officiel la fin de cette prestation  à cause d’un manque de moyens, de subventions et de contrats aidés. Le président m’a appelé pour me le dire. Il parlait d’une possible hausse du tarif mais on en est resté là", assure-t-il par téléphone. Quotidiennement ce service de transport lui coûtait sept euros pour un aller-retour.

- Dans l'embarras -

Fabrice Bègue indique se retrouver dans l’embarras face à cette situation. Il contactait un interlocuteur du GIHP afin de s’informer davantage sur cette décision. "Cet employé m’a confirmé que ce service s’arrêtait. Il n’y est pour rien, il relayait simplement l’information. Depuis je n’ai plus aucun contact avec le GIHP", regrette-t-il. Le salarié de la DIEECTE avoue avoir toujours trouvé l’association "mal organisée".

"Je les appelais souvent pour leur dire ne pas oublier ma course. Cela ne m’est jamais arrivé car j’étais souvent derrière eux mais j’ai déjà entendu des gens qui avaient été oubliés", commente-t-il. Nous avons également sollicité en vain les représentants du GIHP et ce malgré nos (multiples) sollicitations téléphoniques.

Un administrateur de l’assocation s’exprimait, lui, ce mercredi à l’antenne d’une radio locale. Il souhaitait éclaircir la "fin du transport des personnes à mobilité réduite". "Les subventions étaient de 800.000 euros. Elles sont maintenant de 400.000 €", détaillait-il. Pas sûr que ces explications suffisent aux (anciens) bénéficiaires de ce service.

ts/www.ipreunion.com

   

2 Commentaire(s)

Linda, Posté
Je m'appelle Robert Marie Lise Marie Lise moi je veux combattre pour les personnes en difficulté. Comme les personnes handicapées en fauteuil roulant et vous, faites attention de moi. Parce que je suis pas comme les autres personnes handicapées physiques
Mahavel, Posté
Scandaleux cette situation .... Nos élus ne montent pas au créneaux ? étonnant, mais à part leurs privilèges qu'est ce qui intéresse ces messieurs et dames. A l'handicap initial de ces travailleurs, notre société rajoute en permanence d'autres handicaps ! dommage.