Contrôle continu, fin des séries, quatre épreuves... :

Dans les lycées, la réforme du bac divise


Publié / Actualisé
Trois semaines après avoir présenté les contours du futur baccalauréat dans un rapport, le ministre de l'Éducation Nationale Jean-Michel Blanquer a présenté ce mercredi 14 février 2018 la réforme attendue du bac. Contrôle continu, fin des séries, grand oral... L'examen final du second degré fera sa révolution dès 2021. Et cela ne plaît pas à tout le monde.
Trois semaines après avoir présenté les contours du futur baccalauréat dans un rapport, le ministre de l'Éducation Nationale Jean-Michel Blanquer a présenté ce mercredi 14 février 2018 la réforme attendue du bac. Contrôle continu, fin des séries, grand oral... L'examen final du second degré fera sa révolution dès 2021. Et cela ne plaît pas à tout le monde.

 

Après les débuts de Parcoursup qui font débat, c'est au tour de la réforme du baccalauréat de ne pas faire l'unanimité. Ce jeudi 15 février, l'Académie de La Réunion a dévoilé le bac 2021. Entre autres, la suppression des séries actuelles L, ES et S (littéraire, économique et social, scientifique) pour la voie générale, qui seront remplacées par un tronc commun et où les élèves choisiront trois spécialités en première, ramenées à deux en terminale.

Des 10 ou 15 épreuves imposées actuellement, ils n'en resteront que quatre épreuves écrites et un grand oral. Et enfin, point névralgique de la réforme, la répartition de la note finale de l'examen : 60% pour les quatre épreuves et l'oral, et 40% relatifs au contrôle continu.

"On ne veut pas que le bac devienne le brevet", s'insurge Marie-Hélène Dor, secrétaire départementale de la Fédération syndicale unitaire (FSU). En cause selon elle, le contrôle continu : "C'est contraire à l'esprit du bac puisque le bac est une épreuve nationale et anonyme, et là on est hors des clous", insiste-t-elle. "Le problème du contrôle continu, c'est que l'enseignant est formateur et évaluateur", clame Sandrine Peillon, professeur dans un lycée professionnel du département et représentante du SNUipp-FSU des lycées professionnels.

Pour Jérôme Motet, vice-président académique du Snalc (Syndicat national des lycées et collèges), "40% de la note finale, ça peut faire beaucoup. Ce qui fait peur puisque cela ressemble au brevet, qui est fait pour que tout le monde l'ait".

Pour les deux syndicalistes, le contrôle continu renvoie à la problématique "des pressions exercées par la hiérarchie", auxquelles sont confrontés "les correcteurs par l'établissement ou l'inspection pour que les notes soient bonnes", rappelle Sandrine Peillon. Un avis qui n'est pas partagé par Willy Legros, professeur de mathématiques au Lycée Amiral Bouvet de Saint-Benoît, qui se félicite "que l'on fasse plus confiance aux enseignants".

- "Un bac par lycée" -

Marie-Hélène Dor se dit "inquiète" quant à la fin pure et des séries. "Cela va aboutir avec un bac par lycée, avec plusieurs bacs pour autant de lycées", pense-t-elle. De son côté, Jérôme Motet n'imagine pas qu'un tel changement puisse se produire : "Vous imaginez sur notre île que des élèves puissent faire une ou deux heures de route pour aller au lycée ? Cela n'arrivera pas", assure-t-il.

Le syndicaliste ne veut lui "pas agiter le chiffon rouge". S'il confie "encore attendre des garanties" en particulier concernant "le contrôle continu et l'anonymat", il constate que des mesures "ont répondu à plusieurs objectifs développés dans le projet du Snalc". Il salue "la mise en place de deux épreuves écrites du bac qui seront prises en compte dans le nouveau dispositif d’orientation Parcoursup".

"C'est vraiment une mesure qui permet de donner de l'importance à l'examen". Pour cette "importance à l'examen", Marie-Hélène Dor parle elle de "crédibilité" : "quelle valeur accordée au bac si l'évaluation n'est pas neutre ?", s'interroge-t-elle en faisant référence une nouvelle fois au contrôle continu.

La "crédibilité" du bac 2021 est jugée jusqu'à la nouvelle appellation donnée par Jean-Michel Blanquer à l'année de terminale : "l'année de la maturité". De quoi faire bondir la syndicaliste du FSU qui qualifie le nom de "ridicule, démagogique et sans aucun intérêt".

hf/www.ipreunion.com

   

2 Commentaire(s)

Candide, Posté
Sérieux ? Quel est l'intérêt de changer le nom de la classe de Terminale ? Cela va t il arranger le principal problème des lycées qui est d'accueillir des élèves de moins en moins travailleurs ?
Victorinox, Posté
Mme Dor ignore peut-être que la "maturité" est le nom du diplôme équivalent au bac en Belgique et en Suisse. L'emploi de ce mot parc M. Blanquette nest donc pas incongru.