"Chacun ses problèmes" :

Du désintérêt des Réunionnais pour la grève à Mayotte


Publié / Actualisé
Depuis près d'un mois, le département de Mayotte est secoué par une grève générale. Les Mahorais montent au créneau contre l'insécurité et déplorent un manque d'intérêt de la part de l'État. Difficile de les blâmer lorsque l'on voit la visite éclair de la ministre des Outre-Mer, manifestement peu organisée et expédiée à vitesse grand V. Mais la question se pose : les Réunionnais s'intéressent t-ils à cette tension située pas si loin de chez eux ? Selon vos avis et commentaires, pas tant que ça. À la question d'un sondage posté sur notre page Facebook, plus de 40 % sur 178 votants ont indiqué ne pas s'y intéresser. Car "chacun ses problèmes".
Depuis près d'un mois, le département de Mayotte est secoué par une grève générale. Les Mahorais montent au créneau contre l'insécurité et déplorent un manque d'intérêt de la part de l'État. Difficile de les blâmer lorsque l'on voit la visite éclair de la ministre des Outre-Mer, manifestement peu organisée et expédiée à vitesse grand V. Mais la question se pose : les Réunionnais s'intéressent t-ils à cette tension située pas si loin de chez eux ? Selon vos avis et commentaires, pas tant que ça. À la question d'un sondage posté sur notre page Facebook, plus de 40 % sur 178 votants ont indiqué ne pas s'y intéresser. Car "chacun ses problèmes".

Un peu plus de 1400 kilomètres. C'est la distance qui sépare Mayotte de La Réunion. Le 101ème département français n'est pas si éloigné de nos côtes et quatre heures de vol suffisent pour le rejoindre. Les paysages de l'archipel de l'Océan Indien ont tout d'une carte postale... un peu comme chez nous. Pour autant, malgré tous ces points communs et ces ressemblances, la situation sociale de l'île aux parfums ne passionne pas forcément la population réunionnaise.

Lire aussi : Mayotte: les barrages maintenus, la grève continue

Pour rappel, l'île aux parfums traverse actuellement une crise sans précédent. Depuis plus d'un mois, une grève générale bloque l'activité et des barrages se sont multipliés un peu partout sur l'île. La visite de la ministre des Outre-Mer en début des semaines n'a rien arrangé, et a même un peu plus empiré les choses. Et il faudra sans doute davantage qu'une augmentation des effectifs de gendarmerie et des fonds de prévention pour que les Mahorais acceptent de lever les barrages. D'autant plus qu'ils sont prêts à déloger les délinquants et les immigrés clandestins... par eux-mêmes. La flambée de violence n'est sans doute pas terminée.

Suite à un sondage posté ce lundi sur notre page Facebook, 44 % de nos lecteurs ont répondu "Non, chacun ses problèmes" à la question "Barrages, blocages et tension à Mayotte : la situation de l'île aux parfums vous intérese t-elle ?". Sur 178 votes, c'est donc presque la moitié qui ne voit pas l'intérêt de suivre le mouvement de grève secouant le département depuis déjà près d'un mois.

- "À quel moment Mayotte a t-elle montré une solidarité envers nous ?" - 

Outre ces votes, plusieurs commentaires - toujours sur notre page Facebook - allaient également dans ce sens. "À quand un rassemblement pour dire stop à la vie trop chère ici ?", "Mi vois pas l'intérêt de les soutenir eux aussi", "Quelle solidarité ? À quel moment Mayotte a t-elle montré une solidarité même minime envers nous ici dans les différentes crises ?", "Je comprends leur situation, mais nous aussi à La Réunion, nous avons beaucoup de problèmes", "Nous n'a rien à voir avec ça", "Je pense qu'il faut d'abord penser à nous avant d'aller voir ailleurs"... voilà un petit florilège des réactions recueillies sur plusieurs papiers traitant du mouvement social.

Lire aussi - Un appel à la mobilisation à Saint-Denis pour Mayotte le 24 mars

Reste à voir maintenant si l'appel à la mobilisation lancé pour le 24 mars par Jean-Hugues Ratenon sera entendu. Le député soutient les collectifs Résistance Mahoraise (Ré-Ma) et Ré-Unir en participant à une manifestation à Saint-Denis en signe de solidarité au peuple mahorais. Membre du collectif Ré-Mar, Amina Djoumoi Lihadji a souligné ce lundi : "Le problème de Mayotte va se déverser à La Réunion avec une population qui va partir en masse". Peut-être que cette déclaration intéressera davantage certains partisans du credo "chacun ses problèmes". Surtout si le "problème" mahorais devient un "problème" réunionnais. Mais pas sûr que ce intérêt sera symbolique d'une quelconque solidarité.

www.ipreunion.com

   

2 Commentaire(s)

Bullet, Posté
Pas de soutien entre oisifs chroniques ?
DingDINGUEDong, Posté
Je crains que le problème mahorais soit déjà un problème réunionnais !
La solidarité réunionnaise est de fait, depuis quelques années et ne fait que s'amplifier.
Entretenir le communautarisme ne plaide pas en faveur d'une solidarité de coeur.
Vivre au même endroit, se croiser et s'ignorer, n'est pas vivre ensemble !
Il convient mieux de demander aux politiques réunionnais d'affronter leur responsabilité.
Mais ça, c'est une autre histoire !