Contre la réforme judiciaire - Les avocats durcissent le mouvement :

Justice - "Belloubet m'a tuer"


Publié / Actualisé
Portant des pancartes "Belloubet m'a tuer" (en référence à l'affaire Omar Raddad) les avocats du barreau de Saint-Denis se sont rassemblés ce mercredi 21 mars 2018 à la Cour d'appel de Saint-Denis. Après une première manifestation en février qui n'a abouti "à aucun changement", les avocats ont décidé de durcir le mouvement contre le projet de réforme de la justice portée par Nicole Belloubet, ministre de la Justice. Ils ont rejoint le mouvement national "justice morte" afin de protester contre un "passage en force de la loi" par le gouvernement. Ce projet de loi est jugé "inadmissible" pour les avocats. Ils réclament une meilleure concertation sur les points sensibles avant sa présentation au Conseil d'État. En signe de protestation, le bâtonnier du barreau de Saint-Denis Laurent Payen a symboliquement demandé à la Cour d'assises le renvoi de l'audience qui était prévue pour ce mercredi matin. Demande acceptée par le Président qui a renvoyé l'affaire au 21 juin prochain.
Portant des pancartes "Belloubet m'a tuer" (en référence à l'affaire Omar Raddad) les avocats du barreau de Saint-Denis se sont rassemblés ce mercredi 21 mars 2018 à la Cour d'appel de Saint-Denis. Après une première manifestation en février qui n'a abouti "à aucun changement", les avocats ont décidé de durcir le mouvement contre le projet de réforme de la justice portée par Nicole Belloubet, ministre de la Justice. Ils ont rejoint le mouvement national "justice morte" afin de protester contre un "passage en force de la loi" par le gouvernement. Ce projet de loi est jugé "inadmissible" pour les avocats. Ils réclament une meilleure concertation sur les points sensibles avant sa présentation au Conseil d'État. En signe de protestation, le bâtonnier du barreau de Saint-Denis Laurent Payen a symboliquement demandé à la Cour d'assises le renvoi de l'audience qui était prévue pour ce mercredi matin. Demande acceptée par le Président qui a renvoyé l'affaire au 21 juin prochain.

Debout devant le Président de la cour d’Assises, le bâtonnier du barreau de Saint-Denis Laurent Payen s’est fait le porte-voix du mouvement national " justice morte ".  Dans sa tirade, en lieu et place des avocats présents pour cette audience, il demande " le renvoi de l’audience du jour" car " l’heure nous paraît grave ".

Cette démarche intervient après une première manifestation en février dernier qui n’a pas trouvé d’écho auprès du gouvernement. Les avocats ont décidé de durcir le mouvement.

" Belloubet m’a tuer " arborent-t-ils sur leurs robes noires faisant référence à la célèbre affaire Omar Raddad. Ce slogan dénonce les mesures de la Garde des Sceaux Nicole Belloubet qui sont "soumises brutalement  sans aucune discussions" évoque Laurent Payen. Les avocats s’inquiètent d’un projet " aux contours flous". Ils dénoncent  notamment la mise en place d’un tribunal criminel à la place de la Cour d’assises, mais aussi le transfert à la CAF de la responsabilité des pensions alimentaires ou encore les saisies immobilières qui seraient effectuées par les notaires.


Des mesures qui nuisent à la justice, aux justiciables et aux avocats

La principale préoccupation des avocats, c’est une réforme qui se fait sans eux. Pour ces derniers, la justice doit être réformée, mais cette évolution doit se faire "en conservant les éléments indispensables à une bonne justice, en concertation avec les avocats".

Le bâtonnier confie "on a découvert des mesures dont on ne nous avait même pas parlé lors de notre premier mouvement de grève".  Il évoque une réforme qui porte "gravement atteinte à la qualité de la justice".  Pourtant ces mesures se veulent garantes d’un allègement de la justice en facilitant l’accès du citoyen à un magistrat. Elles prévoient, par exemple, la possibilité de déposer plainte sur internet.
Le bâtonnier voit d’un mauvais œil ces mesures qui "éloignent les citoyens de la justice". Il donne l’exemple des procédures de divorce pour lesquelles il n’y aurait plus d’audience de conciliation.

Autre point de discorde, la réforme prévoit la suppression de certains éléments d’oralité  "indispensables" des débats. Ceci pour alléger les audiences. L’avocat s’inquiète "ce sont les tribunaux qui sont amenés à disparaître".

Les avocats prévoient de manifester à nouveau le 30 mars prochain avec, à leurs côtés, les magistrats.

sjb/www.ipreunion.com

   

3 Commentaire(s)

Danton, Posté
Soit le rédacteur possède un doigt énorme qui tape à côté de la bonne lettre à chaque fois (à 4 reprise dans ce seul article), soit il ne connait pas le nom de la ministre de la justice, Nicole Belloubet, pas Bellouvet (Merci Danton, l'erreur a été corrigée. Belle journée - Webmaster IPR)
Oté , Posté
Ce renvoi de la Cour d'assises demandé et obtenu montre l'état d'esprit des professionnels de la justice qui décident entre eux ce qui est bon pour la "populas", pétris d'à priori. Pour les plaignants de cette audience et pour le justiciable, cette manipulation me parait purement scandaleuse mais tellement révélatrice.
Pourinfo, Posté
Elle s'appelle bellouBet (Nicole), la garde des sceaux! (Merci pour votre oeil avisé, l'erreur a été corrigée - Webmaster IPR)