Nouvel arsenal de sanctions contre les chômeurs :

À La Réunion, les syndicats s'indignent : "on traque" les demandeurs d'emploi


Publié / Actualisé
"Traque", "scandale", "stigmatisation" à La Réunion les syndicats ne mâchent pas leurs mots lorsqu'ils commentent l'arsenal rénové de sanctions contre les chômeurs qui ne respectent pas certaines obligations dévoilé ce lundi 19 mars 2018 par le gouvernement
"Traque", "scandale", "stigmatisation" à La Réunion les syndicats ne mâchent pas leurs mots lorsqu'ils commentent l'arsenal rénové de sanctions contre les chômeurs qui ne respectent pas certaines obligations dévoilé ce lundi 19 mars 2018 par le gouvernement

Le ministère du Travail a présenté aux partenaires sociaux une échelle de sanctions totalement remodelée. Certaines ont disparu - comme celles pour refus d'une formation -, d'autres ont été allégées - 15 jours au lieu de deux mois en cas d'absence à un entretien.

Quant aux autres manquements, comme l'insuffisance de recherche d'emploi, ils seront passibles de sanctions plus graduelles: allocations suspendues pendant un mois la première fois, pendant deux mois la deuxième fois et pendant quatre mois la troisième fois. Au deuxième et troisième manquement, l'allocation ne sera pas seulement suspendue mais définitivement amputée. Ces suppressions de droits seront en outre décidées directement par Pôle emploi, alors que l'aval du préfet était jusque-là nécessaire.

Contacté, Ivan Hoareau (CGTR) réagit : " tout cela est dans la droit lignée du gouvernement, on veut faire croire que le chômeur est responsable de son exclusion. On organise une traque, cela est scandaleux, les chômeurs sont criminalisés. On est habitué aux faux équilibres en allégeant des sanctions d’un coté pour mettre en place plus de contrôle de l’autre "

Dans un entretien à L'Opinion, la ministre du Travail Muriel Pénicaud assure que l'échelle de sanctions exposée aux partenaires sociaux n'est qu'une "proposition", qui sera "discutée" avec les syndicats et le patronat.

Emmanuel Macron avait promis de rendre les sanctions "justes et crédibles". Il présentait le renforcement du contrôle des chômeurs - avec des équipes de contrôle portées de 200 à 1.000 agents d'ici 2020 - comme une "contrepartie" à une assurance chômage étendue aux indépendants en liquidation judiciaire et, sous conditions, aux salariés qui démissionnent en vue d'une reconversion professionnelle.

Jean-Pierre Rivière (UIR-CFDT) estime que : " les chômeur sont stigmatisés, le gouvernement veut faire croire que plus de sanctions amène à retrouver du travail plus rapidement. Il faut accentuer sur l’accompagnement et la réinsertion. Pourquoi ce ne sont jamais les patrons qui sont sanctionnés ? De plus les fonctionnaires de Pôle Emploi ont déjà beaucoup à faire et cette charge supplémentaire ne va sans doute pas aider au fonctionnement de l’institution. "

Fin décembre, face à une polémique naissante, M. Macron avait assuré que le gouvernement ne voulait pas "mettre de la suspicion derrière chacun" mais poursuivre "les quelques-uns qui abusent des règles". "Il n'y a rien de choquant" à contrôler les chômeurs, estimait-il. Ce contrôle devrait, à l'avenir, se faire au travers d'un "journal de bord" numérique, où les demandeurs d'emploi renseigneront tous les mois leurs actes de recherche d'emploi. A partir de mi-2019, ce dispositif sera expérimenté pendant un an dans deux ou trois régions.

Aujourd'hui, les demandeurs d'emploi doivent actualiser leur situation chaque mois auprès de Pôle emploi, en déclarant qu'ils cherchent toujours un travail, mais ils n'ont pas d'obligation de détailler leurs recherches. La dernière évolution sur le contrôle des chômeurs concerne l'"offre raisonnable d'emploi", que le demandeur d'emploi ne peut refuser plus d'une fois sous peine de radiation. Elle ne serait plus définie précisément dans le code du travail mais déterminée en concertation entre le demandeur d'emploi et son conseiller.

Pour sa part Eric Marguerite (FO) commente : " Mon organisme n’approuve pas, ces modifications sont dans la continuité de la logique du gouvernement. C’est inadmissible. Le gouvernement profite pour pointer les problèmes mais ne les règle pas. Le problème c’est qu’il n’y a pas assez d’emploi pour tout le monde. On peut comprendre les contrôles. Il ne faut pas se leurrer, il y en a qui fraude. Mais cela ne doit pas devenir un outil de répression. Si le gouvernement veut mettre de l’agitation dans ce pays, ça va réussir. "

En termes de gouvernance, le gouvernement a annoncé que les partenaires sociaux continueront d'en définir les règles mais dans un cadre plus contraint. Le gouvernement leur enverra, en amont de chaque négociation, une "lettre de cadrage" financier et sur les évolutions qu'il souhaite en matière de réglementation.

Pôle Emploi Réunion n'a pas répondu aux sollicitations d'Imaz Press Réunion

www.ipreunion.com
 

   

3 Commentaire(s)

Insoumis61, Posté
C'est absolument incroyable ! le gouvernement stigmatise les demandeurs d'emploi comme si lis étaient responsables de leur situation, alors qu'il y a les pires escrocs au gouvernement, n'est-ce pas Madame Pénicaud ! l'histoire de Danone cela vous rappelle-t'il quelque chose ?
Proutprout, Posté
60ans on fait quoi ? Deux mondes car les abonnés à vie de la CAF qui n'ont en partie jamais travaillé et qui pour certains, non-inscrits à PEmploi OUP'S Zéro Flicage ça s'appelle de la justice sociale ! C'est voulu car le nombre de demandeurs d'emploi EXPLOSERAIT. Si on rajoute les Taulards ❔ Aïe Aïe Aïe
CONTRIBUABLE, Posté
QUE FAIT RÉELLEMENT NOS INSTITUTIONS POUR TRAQUER LES FAUX DEMANDEURS D EMPLOI ET QUI TRAVAILLE AU NOIR OU SONT NOS INSPECTEURS DU TRAVAIL DANS LEURS BUREAUX CLIMATISES CE TRAVAIL NON DÉCLARÉ PORTE PRÉJUDICE AUX PETITS ARTISANS QUE LA TRAQUE A LA FRAUDE S INTENSIFIE .