L'épidémie circule à La Réunion :

Dengue : "l'essentiel est qu'elle ne passe pas l'hiver"


Publié / Actualisé
La Réunion est frappée depuis le début du mois de mars par une épidémie de dengue. Transmise par les moustiques, la dengue touche principalement les régions de l'Ouest et du Sud et se propage rapidement depuis plusieurs jours après les récentes pluies. Ce qui inquiète François Chieze, directeur de la veille et de la sécurité sanitaire à l'ARS (agence régionale de santé). Il indique notamment que le niveau 3 du plan ORSEC sera déclenché "très prochainement".
La Réunion est frappée depuis le début du mois de mars par une épidémie de dengue. Transmise par les moustiques, la dengue touche principalement les régions de l'Ouest et du Sud et se propage rapidement depuis plusieurs jours après les récentes pluies. Ce qui inquiète François Chieze, directeur de la veille et de la sécurité sanitaire à l'ARS (agence régionale de santé). Il indique notamment que le niveau 3 du plan ORSEC sera déclenché "très prochainement".

Depuis le 1er janvier, 434 cas autochtones de dengue ont été signalés sur le département. Si le niveau 2B du plan ORSEC qui indique prévoir un "risque d'évolution vers une épidémie", La Réunion est bien en "situation épidémique" confirme François Chieze, responsable de la veille sanitaire à l'ARS. "Une épidémie, c'est la conjugaison de deux phénomènes : le nombre de cas confirmés qui augmente régulièrement et de façon importante combinés au nombre de foyers qui augmentent également" explique-t-il.

Avec 110 cas en sept jours (du 12 au 18 mars) et un début de propagation dans le Sud de l'île, la dengue est donc en circulation épidémique. Alors, pourquoi ne pas déclencher le niveau d'alerte supérieur du plan ORSEC ? "Parce que la situation ne correspond pas complètement avec la réalité" affirme le docteur.

Selon lui, les récents et nombreux météores qui sont passés à proximité de l'île ont "fait prendre du retard aux acteurs mobilisés dans la lutte". Des acteurs pour qui le niveau 2B prévoit différents types d'opération de leur part : "les opérations vide-cours, la suppression de gîtes larvaires ou encore la mise en place d'une police sanitaire qui sanctionnent les individus qui ne nettoient pas leur jardin etc...". Dans le même temps, les fortes pluies habituellement dévastatrices pour les gîtes larvaires et les moustiques a "fait l'effet totalement inverse" indique François Chieze. "Actuellement, les larves se développent deux fois plus rapidement qu'en temps normal" ajoute-il.

- "On fait comme si on était en niveau 3" -

Même si le niveau 3 n'a pas encore été déclenche, cela ne serait tardé à en croire le spécialiste, et devrait être déclenché "très prochainement". Pendant ce temps, "on fait comme si on était en niveau 3" explique François Chieze. "Les moyens mis en place aujourd'hui sont de niveau 2B et de niveau 3, comme les pompiers mobilisés par exemple […] Le niveau 3 n'apporte pas dans le principe énormément de modifications" admet-il.

Ce qui change : "un ciblage de façon plus précise des endroits à risque, comme les écoles, et des personnes vulnérables comme les enfants ou les personnes âgées". Aussi, la possibilité "d'intervention directement sur un cas positif". Les réunions "plus régulières" et une "coordination plus élargie" entre les différents acteurs sont aussi prévues par le niveau 3 du plan ORSEC.

- Le risque "qu'elle passe l'hiver" -

Pour François Chieze, "la situation ne sera pas réglée en 2-3 semaines… C'est plutôt une question de mois". Si les moyens de lutte mis en œuvre sont nombreux, les conditions météorologiques actuelles diminuent drastiquement leur efficacité : "dès qu'il y a du vent ou de la pluie, les opérations sont vaines". Un signe d'espoir ? Un temps moins arrosé : "dès qu'il fera plus sec, ça marchera".

Pour le responsable de la veille sanitaire, le principal danger reste le "risque d'endémie". L'endémie, ou la persistance d'une maladie infectieuse au sein d'une population ou d'une région, a déjà été "connue avec le chikungunya" lorsque l'épidémie "avait continué de circuler pendant l'hiver austral", entre 2005 et 2006, raconte le spécialiste. Mais pour lui, "ce ne sont pas du tout les mêmes chiffres, et la même dynamique. L'essentiel aujourd'hui, c'est de casser la dynamique et donc que la dengue ne passe pas l'hiver". Pour François Chieze, "même si le nombre de cas pourraient diminuer très fortement" avec l'arrivée de l'hiver, "il faut éradiquer dans son intégralité la dengue". Sous risque de s'exposer à un prochain été critique. 

hf/www.ipreunion.com

   

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