[VIDEO] 154 cas en une semaine :

L'épidémie de dengue déclarée par le préfet


Publié / Actualisé
Le sujet devient une priorité au niveau départemental, la préfecture prend la main. Ce mardi 27 mars 2018, le préfet Amaury de Saint-Quentin et François Chieze, directeur de la veille et de la sécurité sanitaire à l'ARS (agence régionale de santé) tenaient un point presse à la préfecture de Saint-Denis. Face à l'épidémie de dengue qui sévit actuellement sur l'île, la décision a été prise d'activer le niveau 3 du dispositif ORSEC pour une épidémie déclarée de "faible intensité". La semaine dernière, 154 nouveaux cas ont été confirmés portant le total à 588 cas depuis le 1er janvier.
Le sujet devient une priorité au niveau départemental, la préfecture prend la main. Ce mardi 27 mars 2018, le préfet Amaury de Saint-Quentin et François Chieze, directeur de la veille et de la sécurité sanitaire à l'ARS (agence régionale de santé) tenaient un point presse à la préfecture de Saint-Denis. Face à l'épidémie de dengue qui sévit actuellement sur l'île, la décision a été prise d'activer le niveau 3 du dispositif ORSEC pour une épidémie déclarée de "faible intensité". La semaine dernière, 154 nouveaux cas ont été confirmés portant le total à 588 cas depuis le 1er janvier.

- Situation épidémiologique au 27 mars 2018 - 

Au cours de la semaine dernière (du 19 au 25 mars), 154 cas de dengue ont été confirmés, portant à 588 le nombre total de cas autochtones signalés en 2018. L’épidémie de dengue en cours se poursuit dans l’Ouest et s’étend au sud :

Dans l’ouest  : Saint-Paul, Gare routière et Etang (35 cas), Bois de Nèfles et La Plaine (29 cas), La Possession (11 cas), Le Port (3 cas), Saint-Gilles-les-Bains (29 cas), Saint-Gilles-les-Hauts (4 cas), La Saline (3 cas), Saint-Leu (5 cas).

Dans le sud : Saint-Pierre (8 cas), Ravine des Cabris, Bois d’Olives (6 cas).

Au total depuis le début de l’année 2017, ont été confirmés : 682 cas autochtones, donnant lieu à 29 hospitalisations (17 en 2018 et 12 en 2017) et 9 cas importés. Parmi les 682 cas confirmés depuis 2017, 52 cas (8%) sont des enfants de moins de 15 ans et 103 cas (15%), sont âgés de 65 ans ou plus.

Compte tenu de la densité de moustiques vecteurs et des conditions météorologiques actuelles cette épidémie pourrait continuer à s’intensifier dans les semaines à venir. La sensibilisation et la mobilisation active de l’ensemble de la population, mais également des collectivités locales est nécessaire pour parvenir à maîtriser l’épidémie.

- Niveau 3 : "Épidémie de faible intensité" -

Ce 27 mars 2018, le préfet de La Réunion, en concertation avec le directeur général de l’ARS océan Indien (ARS OI), a décidé d’activer le niveau 3 du dispositif spécifique ORSEC de lutte contre les arboviroses.

 

 

Le niveau d’alerte 3 correspond à une "Épidémie de faible intensité". Il prévoit de limiter la propagation géographique de l’épidémie par la mise en œuvre d’une coordination renforcée des acteurs de la lutte contre les moustiques, le recours à des moyens supplémentaires dans les zones de circulation et le maintien des interventions sur les cas isolés.

 

Il fait appel à la mobilisation des collectivités locales, et particulièrement des communes et intercommunalités, au regard de leurs missions de salubrité publique et de prévention auprès de la population ; il permet de recentrer les actions de l’ARS sur l’adaptation de la stratégie de lutte, la programmation des actions de terrain, et l’intervention globale sur les zones de forte circulation et les cas isolés. Il s’appuie également sur d’autres partenaires comme les services du SDIS, la Croix Rouge et un ensemble d’associations impliquées dans la lutte contre les moustiques et les maladies vectorielles.

- Renforcement de la mobilisation des acteurs : réunion du GIP-LAV le 27 mars 2018 - 

A l’occasion de cette réunion du comité d’administration du GIP-LAV, le préfet de La Réunion et le directeur général de l’ARS OI ont rappelé la nécessité d’une mobilisation collective et coordonnée pour éviter une diffusion du virus à l’ensemble de l’île :

- Le renforcement des effectifs du service de lutte anti-vectorielle de l’ARS OI : recrutement de 29 agents et renforcement de l’encadrement afin d’appuyer la coordination locale des interventions des différents partenaires.
- La mobilisation du SDIS : 40 pompiers volontaires en appui aux opérations de désinsectisation sur le secteur Ouest.
- Le renforcement des actions de salubrité publique de niveaux communal et intercommunal dans les zones de circulation virale : les communes doivent veiller, en lien avec l’intercommunalité, à l’augmentation de la collecte des déchets dans les zones touchées par l’épidémie et à l’élimination systématique des dépôts sauvages et autres gîtes productifs.

Afin de maintenir les capacités d’interventions des communes, le préfet a décidé exceptionnellement de constituer une enveloppe de 400 parcours emploi compétences (PEC) pour remplacer les contrats aidés arrivant à échéance. Ils bénéficieront d’une aide complémentaire de l’ARS OI, et d’un renforcement du financement Etat, portant le taux de prise en charge à 70% pour diminuer le reste à charge des communes.

Pour renforcer les actions ciblées sur les principaux foyers actifs, une réserve complémentaire de 200 parcours emploi compétences (PEC) pourra être mobilisée par les communes, sur ciblage et soutien financier de la préfecture et de l’ARS. Le contrôle hebdomadaire et la suppression des gîtes larvaires dans l’enceinte des bâtiments communaux, crèches, écoles, collèges, lycées, sous la responsabilité des collectivités locales. Un plan de communication assurant l’information et la mobilisation de la population sur les gestes de prévention.

- Recommandations à la population - 

Il est rappelé à tous l’importance de mettre en œuvre les gestes de prévention, en particulier les habitants des zones touchées :
- Éliminer les récipients en eau autour de son habitation ;
- Éliminer les déchets pouvant générer des gîtes larvaires ;
- Se protéger des piqûres de moustiques ;
- Consulter impérativement son médecin, en cas d’apparition de symptômes de la maladie (apparition brutale de fièvre éventuellement associée à des maux de tête, douleurs musculaires, éruptions cutanées, nausées, vomissements, saignements ou fatigue) et continuer à se protéger des piqûres de moustiques. Cette lutte collective est le moyen le plus efficace pour endiguer l’épidémie.

www.ipreunion.com

   

1 Commentaire(s)

Goyave de la Réunion sans cravate, Posté
Je me permets de mettre en doute la lutte que mène l’ARS contre notre moustique Aèdes albopictus vecteur outre de la dengue et le chick, ce moustique est capable de transmettre une vingtaine de maladies dont 5 sont mortelles. Pourquoi :
- 1-l’ARS ne sollicite pas la population pour mener une lutte communautaire basée sur la lutte mécanique et larvicide. La lutte mécanique consiste à nettoyer les fonds des cours et ramasser tous les récipients susceptibles de contenir de l’eau, le nettoyage des gouttières, l’élagage des arbres permettant de faire circuler davantage l’air, les moustiques n’aiment pas le courant d’air, le ramassage des fruits qui sont tombés par terre, les moustiques se raffolent de leur nectar, le drainage ou le remplissage de toutes les excavations…
- La lutte larvicide conste à tuer les larves des moustiques en les faisant ingérées une protéine que renferme une bactérie (le BTI, Bacillus thuringiensis israelensis). Ce produit existe et est commercialisé à la Réunion. La lutte larvicide est beaucoup plus efficace que la lutte chimique parce qu’il est plus facile de tuer cent larves dans un gite larvaire que de tuer un moustique volant avec un produit chimique.
Par ailleurs ce produit chimique biocide dangereux pour l’environnement, la biodiversité, la santé publique et animale (le deltaméthrine de la famille des pyréthrinoïdes de synthèse) semble devenir inefficace contre les moustiques (voir l’édito du JIR qui parle d’une dose double et absence de tests d’efficacité et d’innocuité), mais il est efficace contre les insectes utiles (abeilles, guêpes…), les oiseaux, les reptiles (caméléon) et les poissons de rivière (Guppy…) qui sont pour la plupart, des animaux prédateurs des moustiques et de leurs larves. Cette pratique favorise le développement des moustiques donc à la propagation de l’épidémie de dengue.