Contre la dengue :

Des milliers de moustiques mâles stériles prêts à être lâchés à La Réunion


Publié / Actualisé
Ce mardi 27 mars 2018, la préfecture a déclaré l'épidémie de dengue "de faible intensité" à La Réunion. La lutte s'organise tandis que du côté de l'IRD (Institut de recherche pour le développement), les chercheurs sont quasiment prêts à lâcher des milliers de moustiques mâles stériles dans la nature. Une expérience qui pourrait éradiquer les virus transmis par voie vectorielle.
Ce mardi 27 mars 2018, la préfecture a déclaré l'épidémie de dengue "de faible intensité" à La Réunion. La lutte s'organise tandis que du côté de l'IRD (Institut de recherche pour le développement), les chercheurs sont quasiment prêts à lâcher des milliers de moustiques mâles stériles dans la nature. Une expérience qui pourrait éradiquer les virus transmis par voie vectorielle.

Plus de 100 cas en une semaine, principalement dans l'Ouest et le Sud de La Réunion : la circulation du virus de la dengue sur l'île s'est intensifiée. Ce mardi, le préfet a annoncé le passage au stade supérieur du dispositif Orsec de lutte contre les arboviroses, face à une épidémie considérée "de faible intensité". Dans ce cadre, la lutte s'organise afin de limiter la propagation géographique de l'épidémie. 

En parallèle, l'IRD (Institut de recherche pour le développement) a indiqué sa mobilisation dans le domaine de la lutte antivectorielle. Avec notamment la technique de l'insecte stérile qui repose sur l'introduction de moustiques mâles rendus "stériles" par irradiation aux rayons X en laboratoire. Ces derniers entrent ainsi en compétition avec les mâles sauvages et génèrent aprrès accouplement des pontes non viables. Ce qui anéantit la descendance. Cette technique a commencé à être réfléchie à La Réunion suite à la crise du chikungunya.

Lire aussi - Les chercheurs traquent le moustique mâle pour le neutraliser

"La première phase a démarré en 2009 et a duré jusqu'en 2013. Il s'agissait de trouver le bon dosage pour rendre le moustique stérile sans pour autant qu'il ne perde de sa force lorsqu'il est en compétition face au moustique sauvage" indique Louis-Clément Gouagna, coordinateur du projet "Technique de l'insecte stérile" sur l'île.

- Un lâcher de moustiques envisagé dès l'année prochaine -

La deuxième phase du programme, "récemment initiée à La Réunion" consiste à démontrer l'efficacité de cette technique hors du laboratoire, à petite échelle. Des zones urbaines à Saint-Marie, du côté de Bois-Rouge et de Duparc, ont ainsi été délimitées afin de procéder à un lâcher de moustiques stériles. Le moment le plus propice pour ce lâcher a également été déterminé, soit entre mai et juin, au début de l'hiver austral. "Cette étude est obligatoirement intéressante ! On doit maintenant passer à la phase 3, au lâcher de moustiques" précise François Chieze, directeur de la veille et sécurité sanitaire à l'Agence Régionale de Santé (ARS) Océan Indien.

Mais combien de moustiques stériles sont t-ils nécessaires pour mener à bien cette stratégie ? "La population est en déclin vers l'hiver austral. On passe d'un chiffre entre 3000 et 6000 par hectare à celui de 600 durant cette période. Il faudrait lâcher le double" note le coordinateur. Soit des milliers de moustiques. Pour le moment, l'expérimentation n'a pas encore été effectuée. Mais sur le plan technique, "tout est prêt". Prête à l'emploi, cettre stratégie nécessite simplement un cadre juridique. Une campagne de consultation devrait également être lancée afin d'évaluer le niveau d'adhérence de la population. Le lâcher de moustiques stériles pourrait être lancé dès l'année prochaine.

www.ipreunion.com

 

   

3 Commentaire(s)

Billa, Posté
hey Fab, l'article précise bien qu'une "campagne de consultation devrait également être lancée afin d'évaluer le niveau d'adhérence de la population". Je suppose que ça consistera à informer suffisamment la population et à demander leur avis avant de lâcher des moustique. Quant à savoir les "moustiques mâles irradiés ne véhiculent aucun virus", c'est le moustique femelle qui a besoin de sang. Elle l'obtient en piquant l'homme et véhicule ainsi les virus responsables de la maladie.Il est dit que dans la TIS on ne lâche que des moustiques mâles, qui ne transmettent pas de virus à l'homme, puisqu'ils ne piquent pas.
Lulu, Posté
A la lecture, la solution semble efficace. Si tel est le cas, pourquoi avoir attendu ce niveau de propagation du virus pour mettre en place ce processus ?
Fab, Posté
Avez vous penser à demander l'avis des habitants avant de lâcher des moustiques sur une commune qui 'est pas encore impactée par le virus. Avez vous également fait des analyses afin de savoir si vos moustiques mâles irradiés ne véhiculent aucun virus.