Après le grogne des professionnels de la mer, Ibrahim Patel s'explique : :

"653 000 euros d'impayés au port de Saint-Gilles"


Publié / Actualisé
Ibrahim Patel, président de la CCIR est revenu sur les revendications des professionnels du port dans une conférence ce mardi 17 avril 2018. Il dresse un constat "le port perd de l'argent, les impayés des occupants du port de Saint-Gilles s'élèvent à 653 000 euros au 31 décembre 2017, alors que le port ne fait que 280 000 euros de bénéfices net". Si les AOT ne sont pas renouvelés, c'est "parce qu'ils ne veulent pas mettre en place un échéancier pour régler leurs dettes" affirme le président de la CCIR, qui gère le port de Saint-Gilles. Pour rappel, le mercredi 11 avril dernier, pêcheurs, commerçants et gérants d'écoles de surf du port de Saint-Gilles ont protesté contre ce qu'ils ont appelé une "gestion calamiteuse" du port. Ils reprochaient à CCIR de ne pas avoir renouvelé les AOT et de laisser le port de Saint-Gilles dans une situation de délabrement qui perdure.
Ibrahim Patel, président de la CCIR est revenu sur les revendications des professionnels du port dans une conférence ce mardi 17 avril 2018. Il dresse un constat "le port perd de l'argent, les impayés des occupants du port de Saint-Gilles s'élèvent à 653 000 euros au 31 décembre 2017, alors que le port ne fait que 280 000 euros de bénéfices net". Si les AOT ne sont pas renouvelés, c'est "parce qu'ils ne veulent pas mettre en place un échéancier pour régler leurs dettes" affirme le président de la CCIR, qui gère le port de Saint-Gilles. Pour rappel, le mercredi 11 avril dernier, pêcheurs, commerçants et gérants d'écoles de surf du port de Saint-Gilles ont protesté contre ce qu'ils ont appelé une "gestion calamiteuse" du port. Ils reprochaient à CCIR de ne pas avoir renouvelé les AOT et de laisser le port de Saint-Gilles dans une situation de délabrement qui perdure.

Ibrahim Patel, président de la Chambre de commerce et d’industrie de la Réunion a énoncé un ensemble de problématiques qui expliquerait selon lui la situation actuelle du port de Saint-Gilles.

Il souligne "on veut remettre de l’ordre et ça ne plaît pas". Il justifie le choix du directeur du port Bernard Lallemand "j’ai choisi de mettre en place un directeur qui ne vient pas du port, qui n’a pas de proximité avec le port, c’est ainsi que j’ai découvert que beaucoup de choses n’allaient pas ".

Pour rappel, lors de leur dernière réunion, les amodiataires et commerçants du port de Saint-Gilles réclamaient la démission de Bernard Lallemand.

Lire aussi : Les professionnels de la mer inquiets pour leur outil de travail

"653 000 euros d’impayés de redevances portuaires"

Ibrahim Patel souligne que "70% des professionnels du port sont corrects, ce sont les 30% restant qui doivent de l’argent à la CCIR". Il poursuit "au 31 décembre 2017 nous sommes à 653 000 euros de dettes d’impayés". D’après la CCIR, cette dette n’a fait que croître depuis 2014. Ibrahim Patel assure qu’à son arrivée à la tête de la CCIR, "il y avait pour 70 000 euros de chèques impayés".

Pour la CCIR la situation actuelle du port de Saint-Gilles s’explique "le port de Saint-Gilles fait 280 000 euros de bénéfices, mais en réalité, tous les ans, les bénéfices sont bouffés par les arriérés". La CCIR précise que le port de Saint-Gilles fonctionne sur ses fonds propres et que le port ne bénéficie d’aucun financement extérieur.

Le président de la CCIR ajoute que parmi les mauvais payeurs du port de Saint-Gilles " la ville de Saint-Paul doit 60 000 euros d’impayés". Il ajoute "pourtant j’ai récemment donné mon accord pour que la ville puisse utiliser deux emplacements sous réserve que les arriérés soient réglés".

La CCIR assure qu’en plus de la dette des impayés, elle affiche aussi une facture de frais judiciaires pour des procédures collectives avoisinant le million d’euros.

"S’ils mettent en place un échéancier, je signe leur AOT"

Selon la CCIR, sur les 53 locaux commerciaux, seuls 25 n’ont plus d’AOT. Le président de la chambre précise "actuellement je n’ai pas mis en place de mesures disciplinaires, je n’ai jamais voulu expulser personne". Il précise que "si les AOT ne sont pas renouvelés à l’heure actuelle, c’est parce que les locataires ne paient pas. Il dit agir en " chef d’entreprise" et pour cela propose aux professionnels en situation irrégulière de "régler leur dette sur une base de 36 mois en fonction du montant des arriérés". Les professionnels qui travaillent au port de Saint-Gilles et qui n’ont plus d’AOT pourraient voir leur situation changer "s’il décident de mettre en place un échéancier avec la CCIR pour régler leur dette et régulariser la situation, je signe leur AOT"conclut-il.

L’avenir du port de Saint-Gilles

Les pécheurs reprochaient à la CCIR la vétusté du port et l’absence de matériel adéquat pour exercer leur profession dans de bonnes conditions. Sur ces questions, le directeur du port Bernard Lallemand répond "que le comité de pêche sera informé qu’actuellement on est en train de mettre en place un programme avec un financement pour modernisation de la pêche au port de Saint-Gilles. Ce programme prévoit l’achat de mât de levage, de matériel de transport et de conservation du poisson. Tout cela sera discuté avec le comité des pêches ".

La CCIR est actuellement le gestionnaire du port, mais d’ici le 31 décembre 2021, c’est au TCO que reviendra la gestion du port de Saint-Gilles. Ibrahim Patel assure " je n’ai jamais fermé la discussion au TCO pour une reprise anticipée ".  Ibrahim Patel poursuit "si le TCO veut revenir et discuter sur une reprise anticipée du site, je suis ouvert à la discussion ".

Un dossier FEDER a été déposé auprès de la Région pour  retrouver " un espace agréable et accueillant pour le public ".  Le président de la CCIR précise " c’est la première fois que nous sollicitons le FEDER pour le port de Saint-Gilles C’est une enveloppe de 4 millions d’euros qui est sollicitée pour le financement de ces projets qui se feront " en concertation avec le comité de pêches et les amodiataires ". Pour l’instant, le dossier FEDER du port de Saint-Gilles est encore à l’étude.

La Chambre de Commerce et d’industrie a aussi prévu d’organiser un salon de la mer en 2019 au port de Saint-Gilles en concertation avec les professionnels du port.

www.ipreunion.com

   

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