Après le passage de Fakir :

À Cilaos, la situation est de nouveau préoccupante


Publié / Actualisé
L'année 2018 a très mal commencé pour les entrepreneurs de Cilaos. Après un mois de janvier destructeur avec le passage de la tempête Ava et du cyclone Berguitta, ces derniers n'ont pas été épargnés par le mois de mars avec l'arrivée de le forte tempête tropicale Dumazile. Depuis quelques semaines, ces entreprises du cirque constataient un regain d'activité. C'était sans compter l'arrivée de Fakir qui a, de nouveau, dégradé la route de Cilaos.
L'année 2018 a très mal commencé pour les entrepreneurs de Cilaos. Après un mois de janvier destructeur avec le passage de la tempête Ava et du cyclone Berguitta, ces derniers n'ont pas été épargnés par le mois de mars avec l'arrivée de le forte tempête tropicale Dumazile. Depuis quelques semaines, ces entreprises du cirque constataient un regain d'activité. C'était sans compter l'arrivée de Fakir qui a, de nouveau, dégradé la route de Cilaos.

Suite au passage de la forte tempête tropicale, mardi, la route de Cilaos a de nouveau été fermée à la circulation. Des travaux de réhabilitation ont bien été engagés en urgence, par la direction régionale des routes (DRR), notamment pour déblayer un gros éboulis. Mais ces derniers ne devraient pas permettre une ouverture "normale" avant la semaine prochaine. De fait, ce mercredi, en début de soirée, la DRR a annoncé la réouverture de la RN5 "pour les véhicules inférieurs à 2,5 tonnes et une circulation alternée pour toute la journée de jeudi". 

"C'est la catastrophe"

À peine éclaircie pour les entrepreneurs de Cilaos qui se réjouissaient d'une reprise d'activité depuis trois semaines. C'est, par exemple, le cas d'Aline Etheve, employée au gîte de la roche merveilleuse. "C'était compliqué depuis le 3 janvier mais, malgré les travaux, l'activité avait fini par reprendre". D'ailleurs, depuis quelques semaines, le gîte affichait de nouveau complet. Mais Fakir en a décidé autrement. "C'est la catastrophe. Depuis deux jours, on a déjà des annulations" confie Aline Etheve qui espère que la RN5 sera rouverte avant ce week-end. Elle conclut : "Heureusement, on se serre les coudes avec les autres entreprises. On travaille main dans la main". 

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Pour Frédéric Segart, gérant de La cabane du raideur, même combat. Depuis Fakir, les réservations s'annulent. Pourtant, l'activité, même si elle restait inférieure aux années précédentes, avait repris "notamment du côté de la clientèle internationale". Du côté des Réunionnais, les entrepreneurs de Cialos bénéficiaient des "premiers retours solidaires" et l'activité "était redevenue viable de l'ordre de 40 à 60%". Mais les dégâts causés par Fakir et précisément la fermeture de la route de Cilaos ne devraient pas être de bonne augure. 

Faute à la route

"Tant que la route sera ce qu'elle est, on aura constamment ce type de problématique" déplore Frédéric Ségart qui a perdu 80% de son chiffre d'affaires en janvier, 90% en février et 100% au mois de mars". Seul hic, la Région qui aime rappeler qu'elle a déboqué "une aide exceptionnelle de deux millions d'euros au secteur économique pour compenser les pertes provoquées par Berguitta" n'a indemnisé que les mois de janvier et de février. Autrement dit, "économiquement sur les trois premiers mois de l'année, Cilaos a perdu six millions d'euros de chiffre d'affaires minimum" affirme le directeur de La cabane du raideur qui est aussi membre du comité de pilotage du bureau. 

"On est en mode survie"

De quoi ouvrir la porte aux faillites. "On est en mode survie" ajoute Frédéric Ségart. Gérard Rivière, gérant de deux boutiques artisanales et vice-président de l'association Cilaos Avenir se veut plus enthousiaste. "Il y a eu Fakir, ce phénomène inattendu qui a fait des dégâts essentiellement sur la route. Route qui devait être livrée à la fin de cette semaine" explique-t-il. S'il confirme "on a des hébergeurs qui ont des annulations, ce n'est pas bon signe", Gérard Rivière reste confiant : "Cilaos restera une destination prisée de tout le monde. Quand l'activité va reprendre, il faudra trouver une solution pérenne".

Pour Frédéric Ségart, la voici : "il faut que les Réunionnais se mobilisent pour faire face aux catastrophes majeures. Quitte à mettre en place un fonds d'aide dans lequel ils pourraient investir. Je serais le premier à accepter de verser cinq euros tous les mois pour faire perdurer nos entreprises". À bon entendeur.

sw/www.ipreunion.com

   

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