Une semaine après son passage :

Fakir : la facture dépasse les 15 millions d'euros


Publié / Actualisé
Une semaine, jour pour jour, après le passage de la tempête Fakir, le bilan des dégâts occasionnés à La Réunion se précise. En plus du lourd bilan humain, deux jeunes personnes tuées par une coulée de boue à l'Etang-Salé, le bilan matériel s'avère conséquent. Sur les routes, dans les établissements scolaires, sur le réseau électrique et sur celui de distribution d'eau... La tempête tropicale n'a épargné aucun service public. En tout, le préjudice s'élève à plus de 13 millions d'euros.
Une semaine, jour pour jour, après le passage de la tempête Fakir, le bilan des dégâts occasionnés à La Réunion se précise. En plus du lourd bilan humain, deux jeunes personnes tuées par une coulée de boue à l'Etang-Salé, le bilan matériel s'avère conséquent. Sur les routes, dans les établissements scolaires, sur le réseau électrique et sur celui de distribution d'eau... La tempête tropicale n'a épargné aucun service public. En tout, le préjudice s'élève à plus de 13 millions d'euros.

Les routes :

- Celles gérées par la Région : La tempête Fakir a causé d'importants dégâts sur les routes nationales, notamment sur celle de Cilaos. Au total, plus de 3 millions d'euros vont être déboursés par la Région pour y remédier. Sur ce budget,  près d'un million d'euros vont être consacrés à la RN5 (route de Cilaos) qui était en plein travaux lors du passage de la tempête. En effet, après Berguitta et Dumazile, une route provisoire était en passe d'être terminée pour permettre aux véhicules de rejoindre Cilaos en toute quiétude durant les cinq prochaines années. Jusqu'à ce que la Région entame des travaux beaucoup plus importants. Mais cette piste provisoire a été détruite par Fakir. La route a été fermée quelques jours puis elle a été rouverte à la circulation pour les véhicules inférieurs à 2,5 tonnes. Pour les poids-lourds, trois à quatre convois par jour sont mis en place. Une semaine de travaux supplémentaire devrait être nécessaire. 

Dans le Sud, le radier du Gol est parti et de nombreux travaux d'élagage et de dégagement ont été nécessaires. En tout, 740 000 euros ont été déboursés. Dans le Nord et l'Est, de gros arbres sont tombés sur la quatre voies et des glissières ont été endommagées. Le préjudice s'élève à 450 000 euros. Dans l'Ouest, il a fallu dégager toutes les coulées de boug entre l'Etang-Salé et Saint-Leu. Des morceaux de routes sont même partis. Celà a couté 300 000 euros. 

Enfin, dans l'Est, un éboulis à Bois-Blanc et des travaux d'élagage ont coûté 300 000 euros à la Région. 

- Celles gérées par Département : Si le montant du préjudice est aujourd'hui incomplet, on peut affirmer que plus de 500 000 euros ont d'ores et déjà été engagés par le Département pour réparer les routes départementales. Le montant total pourrait avoisiner le million d'euros. Les agents départementaux ont été mobilisés mais certains travaux ont nécessité l'intervention d'entreprises extérieures, pour réaliser des prestations d'élagage ou encore fournir au Département des engins spécifiques. Les routes du Sud et de l'Ouest ont été particulièrement touchées.

Mais la route la plus impactée par le passage de Fakir reste la route de Salazie qui a été fermée suite à plusieurs éboulis. La route des Makes (RD20) a, elle aussi, été interdite à la circulation suite à des éboulis. Sur les routes départementales 32 à Petite Île et 26 à l'Entre-Deux, des éboulis ont nécessité la fermeture de voies. À Saint-Louis, le radier Ouaki a été emporté : les travaux pour y remédier ont commencé ce lundi 30 avril. Il a fallu attendre la décrue pour débuter sa reconstruction. Aussi, à Saint-Leu, les conditions de circulation ont été très difficiles : s'il subsiste des matériaux aux abords, les routes ont tout de même été dégagées.

Seule une portion de la route Hubert de Lisle (RD3), au niveau de la ravine des Avirons, reste encore fermée à la circulation : des travaux de purge sont en cours.  

L'électricité :

- Dans le Nord et le Sud : Pendant le passage de Fakir, 114 000 clients EDF ont été privés d'électricité. Ce qui représente près d'un quart des clients réunionnais d'EDF. Ces coupures ont été causées suite à des branches ou des arbres tombés sur des lignes électriques. Les vents ont aussi occasionné de gros problèmes sur le réseau. Tout comme les fortes pluies qui ont provoqué des coulées de boue et des glissements de terrain. Ces derniers ont emporté certains poteaux et endommagé le réseau souterrain.

Jeudi dernier, 95% des clients ont été réalimentés en électricité. Selon EDF, la difficulté qui subsiste aujourd'hui est de résoudre "les petites pannes individuelles" notamment en zones rurales. Le week-end dernier, les agents se sont attardés à Saint-Denis, au Port, à Saint-Leu et à Saint-Pierre. Mais ils ont surtout passé leur journée de dimanche à Saint-André où les plus gros dégâts ont été signalés. Les chantiers de réalimentation ont pris fin mais ils laissent la place à la deuxième phase de travaux qui concerne les réparations et les solidifications.

En tout, 300 agents EDF ont été mobilisés. Parmi eux, une centaine était concentrée à Saint-André. Aussi, du côté des entreprises prestataires, une centaine de personnes a rejoint les équipes EDF. Le bilan du préjudice n'a pas encore été établi mais plus de 500 000 euros de réparation seraient nécessaires. 

L'eau : 

- À Saint-André et ailleurs : Les compagnies des eaux, Cise et Sudeau l'affirment : lors du passage d'un phénomène climatique, elles sont "tributaires" des sociétés d'électricité et de communication telles que EDF et Orange. Les sites de captage d'eau doivent pouvoir communiquer entre eux pour informer la société d'un problème quelconque et certains sites ont besoin d'électricité pour fonctionner correctement. En plus de ces problématiques, les compagnies des eaux ont du faire face à des branchages tombés sur les captages d'eau. Ce qui nécessite une intervention humaine. Dans la commune de Sainte-Anne, de grosses casses d'alimentation EDF ont compliqué le travail de Cise et à Saint-Benoit, un captage d'eau a été obstrué. 

Le problème demeure à Bras des Citronniers où le ruissellement des eaux a cassé un ouvrage de collecte et des tuyaux qui alimentent le réservoir. "On essaye de trouver une solution provisoire pour ramener de l'eau aux 200 familles impactées" rassure la compagnie des eaux qui insiste : "les abonnés ne sont pas délaissés". Aujourd'hui, ces 200 foyers de Bras des Citronniers sont les seuls, alimentés par Cise et Sudeau, à se retrouver sans eau. 

À Saint-Benoit et à Saint-Joseph, des interventions sont toujours en cours. Au total, Cise et Sudeau ont mobilisé 117 agents. Le préjudice financier causé par Fakir n'est pour l'instant pas comptabilisé. Néanmoins il devrait être inférieur à celui provoqué par Berguitta et ses grosses pluies. 

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Les établissements scolaires :

- À Saint-Louis : Les 32 écolew de la commune ont été touchées. Parmi elles, 70% ont subi des inondations. Les forts vents ont aussi apporté beaucoup de saleté dans les établissements. Ces dégâts n'ont pas nécessité de "travaux en externe" : les agens comunaux ont oeuvré pour remettre tout en ordre. Ce qui a permis à la municipalité de Saint-Louis de ne pas dégager de budget particulier. Si toutes les écoles ont rouvert, des travaux doivent encore être réalisés. Notamment des travaux d'élagage.

- À Saint-André : Sur les 33 écoles, 17 ont été touchées par Fakir. Autrement dit, la moitié des établissements de la commune ont été impactées. La municipalité déclare que le préjudice n'a pas encore pu être chiffré. Si certaines écoles ont été inondées, d'autres ont vu leur cour être dégradée par des chutes d'arbres. Des travaux d'élagage menés par une société privée ont été nécessaires pour rouvrir les écoles. 

- À Sainte-Rose : Trois écoles ont été impactées : les salles ont été inondées et dans les cours, des arbres ont été arrachés. Ces dégâts ont nécessité l'intervention des agents communaux de l'équipe "environnement". 

- Dans les collèges : Le préjudice dans les collèges de l'île s'élève à deux millions et demi d'euros pour le Département. De nombreux travaux de nettoyage et de mise en sécurité ont été nécessaires, principalement pour enlever la boue. Ces derniers ont pu être réalisés par les agents départementaux. S'ajoutent des travaux d'étanchéité liés aux infiltrations, menés par des prestataires extérieurs pour refaire les peintures ou encore l'électricité. Enfin, le passage de la tempête a rendu du matériel inutilisable. Comme des postes d'ordinateur, du mobilier ou encore des photocopieurs. Le collège le plus impacté reste le collège Bédier à Saint-André qui a été traversé par une petite ravine en débordement. Si le Département a pu rouvrir tous ses établissements, certaines salles sont toujours fermées : il faudra compter pluseurs jours voire plusieurs semaines pour y remédier. 

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Les commerces :

- Partout sur l'île : "Lors de fortes pluies, les commerçants sont toujours impactés car les clients ne sortent pas" déclare le président de la Chambre de commerce et d'industrie, Ibrahim Patel. Selon lui, le préjudice causé chez les commerçants quite au passage de Fakir n'est pas "chiffrable". Néanmoins, les entrepreneurs de Cilaos ont été les plus touchés avec la fermeture de la route.

Dans la ville de Saint-André sinistrée à cause de la tempête, "tous les commerçants ont été obligés de fermer leurs portes". Aussi, à Saint-Paul, l'enseigne Yves Rocher a dû faire face à un important dégât : le balcon qui se situait au-dessus du magasin s'est effondré. La fermeture provisoire de la route du littoral a aussi occasionné quelques préjudices notamment pour les sociétés de transport de marchandises qui se sont retrouvées "bloquées".

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L'agriculture :

- Dans les 24 communes : À l'heure actuelle, le montant des dégâts dans les 24 communes de l'île s'élèverait à plus de sept millions d'euros. Plus précisément à 7 759 576,30 millions d'euros. Les pertes de productions sont les plus importantes : la Chambre d'agriculture compte 6 598 716 euros de préjudice. A celles-ci s'ajoutent les pertes de fonds, autrement dit de semis, de jeunes plants ou encore de serres et de bâches qui s'élèvent à 1 160 160 euros.

Concernant les pertes de productions, le maraîchage semble être le secteur le plus touché puisqu'il représente à lui seul, une perte de 3 863 350 euros (2 033 000 euros pour le plein champ et 1 829 250 euros pour les produits sous abris).

L'arboriculture (bananes, agrumes, ananas) accuse aussi un important préjudice qui s'élève à 1 713 000 euros. Quant à l'horticulture, même combat : 1 023 042 euros de pertes ont été relevés. 

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sw/www.ipreunion.com

   

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