Interview d'une surfeuse engagée :

Johanne Defay : "on ne fait pas du surf comme on va à la salle de sport"


Publié / Actualisé
Sa dernière compétition a tourné court en Australie. La faute à deux attaques de requin non loin du lieu où se déroulait le Margaret River Pro. Mais en tant que Réunionnaise, Johanne Defay connaît bien les dangers de la mer. Le risque squale en particulier. Elle regrette de ne plus pouvoir pratiquer librement car dit-elle, "on ne fait pas du surf comme on va à la salle de sport". La la protection de l'environnement tient aussi à coeur la surfeuse réunionnaise. Et parmi toutes les mers du globe où elle a pu s'immerger, c'est celles de Fidji qui, par leur pureté, l'ont davantage marquée. Interview d'une fille des îles avec l'océan dans son ADN.
Sa dernière compétition a tourné court en Australie. La faute à deux attaques de requin non loin du lieu où se déroulait le Margaret River Pro. Mais en tant que Réunionnaise, Johanne Defay connaît bien les dangers de la mer. Le risque squale en particulier. Elle regrette de ne plus pouvoir pratiquer librement car dit-elle, "on ne fait pas du surf comme on va à la salle de sport". La la protection de l'environnement tient aussi à coeur la surfeuse réunionnaise. Et parmi toutes les mers du globe où elle a pu s'immerger, c'est celles de Fidji qui, par leur pureté, l'ont davantage marquée. Interview d'une fille des îles avec l'océan dans son ADN.

Le Margaret River Pro en Australie a récemment été annulé à la suite de deux attaques de requins. Comment avez-vous vzcu cela ?

C’était une journée de la compétition réservée aux filles. On savait qu’il y avait eu une attaque de requin. Sur le coup, je n’y pensais pas, j’étais dans ma compét’ et les conditions étaient clean. Ce n’est que le soir que j’ai réalisé que quelqu'un était à l’hôpital…

Lire aussi : La compétition australienne annulée à cause des requins

Vous avez estimé justifiée l’annulation de la compétition ?

Forcément, j’ai toujours été très affectée par tout ce qu’il se passe à La Réunion. J’ai donc trouvé l’annulation de la compétition normale et justifiée. Je ne me sentais pas en danger mais je ne serais pas retournée dans l’eau pour m'entraîner. Je n’y serais allée que pour la compétition. J’ai donc été contente de voir la réaction de la League (World Surf League – NDLR). Ils ne voulaient pas prendre de risques avec les surfeurs.

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Et les autres surfeurs, qu'en ont-ils pensé ?

Tout le monde voit les choses différemment. D’autres surfeurs ont dit qu'ils ne se sentaient pas en sécurité. Sur les réseaux sociaux, il y avait quand même plein de réactions surprises par cette annulation. De mon côté, j’ai vu des proches devoir faire face aux conséquences des attaques de requin à La Réunion. Et j’y suis très sensible… 

Justement, revenons à La Réunion. Comment cela se passe-t-il pour vos entraînements ?

Le souci, c’est qu’à La Réunion, il n’y a plus cette liberté propre au surf. Quand je m’entraîne, c’est uniquement à certaines heures et c’est encadré. Ce n'est pas ça le surf. On ne fait pas du surf comme on va à la salle de sport.

La protection de l’environnement vous tient à cœur… trouvez-vous que l’état de l’océan baignant les côtes réunionnaises s’est dégradé ?

Moi, je suis dans l’océan depuis toute petite ! Avant même que je monte sur une planche à six ans. Et depuis, je trouve que l’océan à La Réunion ne s’est pas amélioré… Les eaux sont troubles. Il y a eu une dégradation. Et puis, il y a énormément de monde dans les lagons. Pour les coraux, c’est catastrophique.

Existe-t-il un endroit dans le monde qui vous a marqué par sa propreté ?

J’ai visité beaucoup d’endroits différents ! Mais je retiens surtout les eaux pures de Fidji. J’y vais chaque année Après, ce n’est pas du tout le même mode de vie. Du côté de Margaret, en Australie, c’est un endroit magnifique aussi ! Il n’y a pas de pollution.

Pensez-vous que les Réunionnais sont assez sensibilisés à la protection de l’océan ?

Je me souviens, quand j’étais au lycée, on avait des sorties au lagon. C’était hyper intéressant ! Notre planète comporte plus d’eau que de terre. Alors, même si nous ne sommes pas des usagers de la mer, nous devons tous nous sentir concernés. Le plus petit geste est important. La crème solaire que j’utilise, par exemple. Je suis partenaire avec une fabrique produits non polluants. Après, bien sûr, je prends beaucoup l’avion, donc mon bilan carbone n’est bien sûr pas super… Les vrais écologistes doivent rigoler !

Alors, sans forcement être de "vrais écologistes", pensez-vous que les surfeurs peuvent jouer le rôle de lanceurs d’alertes ?

Je pense qu’en tant que surfeurs, on peut effectivement transmettre des messages. Quand j’étais plus jeune, j’écoutais ce que disait ma surfeuse préférée. Et puis, on est dans l’eau, on y passe du temps. Donc oui, les surfeurs peuvent être des portes paroles.

Entretien : www.ipreunion.com

   

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