[VIDÉOS] Comme les Réunionnais :

Les Mauriciens luttent pour libérer les plages


Publié / Actualisé
Près de 350 personnes se sont réunies, mardi 1er mai, à la plage de Pomponette, sur l'île Soeur. Invitées à se rassembler par les collectifs Aret Kokin Nu Laplaz, Rezistans ek Alternativ et la General Workers Federation, les militants ont manifesté leur mécontentement face à l'occupation des plages par les hôtels et les villas de luxe. Ils ont d'ailleurs fait tomber des barrages en tôle qui délimitent l'espace d'un futur projet hôtelier (Photo D.R.)
Près de 350 personnes se sont réunies, mardi 1er mai, à la plage de Pomponette, sur l'île Soeur. Invitées à se rassembler par les collectifs Aret Kokin Nu Laplaz, Rezistans ek Alternativ et la General Workers Federation, les militants ont manifesté leur mécontentement face à l'occupation des plages par les hôtels et les villas de luxe. Ils ont d'ailleurs fait tomber des barrages en tôle qui délimitent l'espace d'un futur projet hôtelier (Photo D.R.)

Nos confrères de L'express de Maurice ont filmé l'évènement. Regardez : 

Suite à cet incident, qui rappelle celui survenu sur la plage de l'Hermitage à La Réunion le dimanche 8 avril, sept personnes suspectées d'avoir participé aux dégradations ont été convoquées au poste police le lendemain, mercredi 2 mai. Puisqu'aucune infraction n'a été retenue contre elles, elles ont fini par être relâchées. Voici la vidéo prise par le collectif Aret Kokin Nu Laplaz (AKNL).

Contactés par nos soins, les collectifs mauriciens ont accepté de répondre à nos questions. À commencer par Stéphane Gua, porte-parole de Rezistans ek Alternativ. "En mars nous avions posé un ultimatum au gouvernement pour qu'il enlève les barrages en tôle sur la plage. Cet ultimatum n'a pas été respecté alors le 1er mai, nous avons voté et nous avons décidé d'enlever nous-mêmes les barrages" explique ce Mauricien."

Le gouvernement "refuse de reprendre ses terres"

Ces barrages posés sur la plage de Pomponette délimitent un terrain en passe d'être loué à un groupe hôtelier sud-africain. Un bail a d'ailleurs été signé entre ce dernier et le gouvernement "mais ce bail a expiré en novembre car le groupe n'a pas respecté certaines conditions" indique Stéphane Gua. Dans ce cadre, le gouvernement mauricien aurait tout à fait le droit d'annuler le bail, sans contrepartie financière. Mais il ne le fait pas. "Il refuse de reprendre ses terres" commente Stéphane Gua.

Le Sud : "nouvel eldorado des hôtels"

Pour lui, "la plage de Pomponette est le symbole de ce qu'il se passe à Maurice. Le littoral nord est déjà subermé par les hôtels, la côte ouest aussi. L'Est est moins saturé mais il y a des chantiers de construction en cours. Et enfin, le Sud qui était encore un peu sauvage jusqu'ici devient le nouvel eldorado des hôtels". Selon le porte-parole, "tous les gouvernements successifs sont complices : ils bradent les terres de Maurice". D'ailleurs, suite à la mobilisation du 1er mai et aux nombreuses sollicitations des collectifs, l'État mauricien "fait la sourde oreille". Résultat : "la pression populaire est de plus en plus importante. On veut mettre un arrêt à la braderie de nos plages".

"Nous sommes arrivés à saturation"

Pour le collectif, Aret Kokin Nu Laplaz, même combat. "Nous sommes arrivés à saturation" déclare un de ses membres, Carina Gounden On ne peut plus se permettre d'installer des hôtels sur les plages de notre littoral déjà réduit et abîmé". En 2014, le gouvernement s'était engagé à "arrêter cette braderie des plages", mais "il n'a pas respecté sa promesse" ajoute la jeune femme qui dénonce le "silence radio" des dirigeants. Selon elle, "le gouvernement ne doit pas savoir comment réagir car cela fait longtemps qu'il n'y a pas eu une telle mobilisation à Maurice. Le débat est national". 

Réunion et Maurice : même combat

Puisqu'ils mènent un combat similaire, les activistes mauriciens et réunionnais tentent de se soutenir, à distance. "Nous avons établi quelques contacts avec les camarades de La Réunion car la dynamique est de même nature explique Stéphane Gua. Il est important d'en discuter ensemble, pour unifier le peuple de l'Océan Indien." De son côté, le collectif Aret Kokin Nu Laplaz a reçu des "messages de soutien" de la part des collectifs réunionnais. "Nous menons le même combat" indique Carina Gounden avant de déplorer : "c'est la problématique des îles. On voit des grands groupes débarquer, on voit nos plages partir sans pouvoir faire quoique ce soit."

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sw/www.ipreunion.com 

   

1 Commentaire(s)

Tad, Posté
Ils ont raison de ce battre pour leurs plages et espaces naturels. Les hôtels le long des littorales c est hideux!