L'ARS a présenté les résultats d'une étude sur les séniors :

Huit gramounes sur dix veulent rester chez eux


Publié / Actualisé
Ce jeudi 17 mai, l'Agence régionale de santé (ARS) Océan Indien a organisé une conférence de presse pour présenter les résultats d'une étude sur les personnes âgées. Une étude à laquelle 875 gramounes ont participé et qui devrait permettre à l'ARS d'obtenir un état des lieux de l'état des personnes âgées à La Réunion. Un état des lieux primordial compte tenu du vieillissement important de la population : d'ici à 2040, les séniors représenteront près d'un quart de la population réunionnaise.
Ce jeudi 17 mai, l'Agence régionale de santé (ARS) Océan Indien a organisé une conférence de presse pour présenter les résultats d'une étude sur les personnes âgées. Une étude à laquelle 875 gramounes ont participé et qui devrait permettre à l'ARS d'obtenir un état des lieux de l'état des personnes âgées à La Réunion. Un état des lieux primordial compte tenu du vieillissement important de la population : d'ici à 2040, les séniors représenteront près d'un quart de la population réunionnaise.

Pour Etienne Billot, directeur adjoint de l'ARS Océan Indien, cette étude, première du genre, était nécessaire pour relever le "défi démographiqu" auquel doit faire face La Réunion. Elle a été réalisée du 1er juillet 2016 au 31 mars 2017. Il l'explique ici : 

 

 

Selon lui, il ressort de l'enquête que les gramounes souhaitent majoritairement rester au sein de leur domicile. Que fait l'ARS Océan Indien pour le leur permettre? Le directeur adjoint répond : 

 

 

Etienne Billot, liste les principaux enseignements revélés par l'enquête "Gramoune care". Regardez : 

 

 

Les autres résultats de cette enquête sont les suivants : 


- Un tiers des gramounes déclarent de faibles ressources financières avec moins de 800 € mensuels au sein de leur foyer et 26% déclarent y arriver difficilement. Cette situation devrait évoluer plus favorablement, les plus jeunes générations des séniors déclarant des niveaux de ressources supérieurs aux plus anciennes.

- Les solidarités familiales et de proximité se maintiennent, malgré l’avancée en âge. Les séniors s’appuient essentiellement sur leur famille avec une aide intergénérationnelle bien présente et principalement non financière. Ainsi 70% d’entre eux reçoivent de la visite au moins une fois par
semaine de la part de leur entourage familial, et la part des personnes vivant seules reste constante malgré le vieillissement (inférieure à 30%, quel que soit l’âge).

- Huit gramounes sur dix déclarent être satisfaits de leur mode de vie actuel et souhaitent rester dans leur logement pour les années à venir. Pour la moitié d’entre eux, un aménagement de leur logement serait nécessaire en raison de l’avancée dans l’âge, principalement pour la salle de bain et les toilettes. Mais avec peu de moyens financiers pour la majorité d’entre eux, il leur est difficile de procéder aux rénovations nécessaires. Seuls 2% envisagent d’aller vivre dans une maison de retraite ou en famille d’accueil.

- Le médecin généraliste est un interlocuteur fréquent. Un sénior sur deux consulte un médecin au moins une fois par mois et 46% d’entre eux consomment au moins trois médicaments par jour. Seuls 10% d’entre eux n’en consomment aucun. Au cours des six derniers mois, 17% des séniors ont été hospitalisés.

- L’utilisation d’internet et du téléphone portable progresse fortement chez les plus séniors les plus jeunes

- Des risques de dépendance sont identifiés, avec des expositions relativement élevées. Les personnes âgées ont été interrogées sur un panel de questions permettant d’identifier les risques de dépression, de troubles cognitifs, de dénutrition, de chute. Ces tests constituent des éléments-clés de la première étape du dépistage et ont permis d’identifier des facteurs associés à ces risques : âge, consommation médicamenteuse, autonomie, moral, composition familiale, visite de l’entourage.

L’enquête met en avant que 46% des séniors ont un risque de dépression, 32% un risque de troubles de la mémoire, 23% un risque de dénutrition et 14% un risque de chute. Elle permet d’identifier un profil de personnes à risque de dépendance : un âge supérieur à 75 ans, un isolement quotidien, une anxiété ou un sentiment d’être déprimé, la consommation de plus de 6 médicaments par jour.

 

Comment a été réalisée cette enquête? 


L’enquête " Gramoune care " est une étude descriptive par entretien individuel. Les entretiens ont été réalisés par les médecins généralistes libéraux ou les internes en stage au sein des cabinets de médecine générale répartis sur l’ensemble de l’île, soit en consultation, soit au domicile des patients.

Le questionnaire comporte deux volets :

- un volet social : les questions portent sur les caractéristiques principales de la personne enquêtée (situation familiale, sociale, économique) et sur ses conditions et modes de vie (logement, déplacement, équipement en numérique).
- un volet médical : les questions concernent principalement quatre tests de dépistage relatif à l’état nutritionnel, à la mobilité, aux troubles cognitifs, aux troubles de l’humeur, mais également sur la polymédication et le recours aux professionnels de santé.

Au-delà de cette première publication, d’autres travaux exploiteront la base de données recueillies, et notamment 4 thèses en cours de médecine sur la dépression, la dénutrition, le risque de chute, et les fragilités.

 

Quelle politique propose l'ARS en matière de prise en charge des pesonnes âgées? 

 

L’étude met en évidence un certain nombre de constats et démontre notamment que 8 personnes âgées sur 10 à La Réunion souhaitent vieillir à domicile. Elle conforte donc le choix d’une politique orientée vers le soutien à domicile des personnes âgées, la prévention des conséquences du vieillissement, et la mobilisation des services et professionnels de santé de ville.

En particulier, le médecin généraliste joue un rôle central pour repérer les personnes âgées à risque de dépression, de troubles de la mémoire, de dénutrition ou de chute. Il peut conseiller ses patients en fonction de leur profil de risque

Les réponses à déployer sur le territoire portent sur trois axes principaux pris en compte dans la politique de l’ARS Océan Indien :

- Développer la prévention et le repérage précoce de la perte de l’autonomie
- Promouvoir les environnements favorables au bien vieillir, et notamment l’adaptation de l’habitat
- Favoriser le maintien à domicile dans de bonnes conditions, en veillant au développement et à l’adaptation des services, au soutien des aidants, et à la coordination des intervenants, dont les professionnels de santé libéraux.

Ces orientations nécessitent la mobilisation d’une pluralité d’acteurs (professionnels de santé, services et établissements, associations de prévention, familles), mais aussi l’action concordante des pouvoirs publics et notamment du Département et de la Caisse Générale de Sécurité Sociale, partenaires de l’ARS, et qui pourront disposer de cette première enquête pour leurs travaux communs.

   

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