Syndicat Alternative Police :

Violences faites aux policiers : "on n'est pas payé pour se faire tuer"


Publié / Actualisé
Un nouveau syndicat de police tente de faire sa place à La Réunion. Affilié à la CFDT, Alternative Police compte une trentaine d'adhérents sur l'île. Créé par Denis Jacob en septembre 2015, il connait un développement important en métropole. Mais à La Réunion, il a encore du mal à se faire connaitre. Rencontre avec ses délégués locaux, membres de la Sureté départementale, de la brigade de sûreté urbaine ou encore des commissariats de Saint-André et du Port. Ils dévoilent les difficultés rencontrées sur le territoire. Au menu : violences policières, manque de moyens et problème d'effectifs, le tout avec un leitmotiv : "on n'est pas payé pour se faire tuer"
Un nouveau syndicat de police tente de faire sa place à La Réunion. Affilié à la CFDT, Alternative Police compte une trentaine d'adhérents sur l'île. Créé par Denis Jacob en septembre 2015, il connait un développement important en métropole. Mais à La Réunion, il a encore du mal à se faire connaitre. Rencontre avec ses délégués locaux, membres de la Sureté départementale, de la brigade de sûreté urbaine ou encore des commissariats de Saint-André et du Port. Ils dévoilent les difficultés rencontrées sur le territoire. Au menu : violences policières, manque de moyens et problème d'effectifs, le tout avec un leitmotiv : "on n'est pas payé pour se faire tuer"

Il se veut "réformiste". Le syndicat Alternative Police n'hésite pas à saluer le travail mené par la Direction départementale de sécurité publique de La Réunion qui a mis en place un groupe de soutien, mettant à disposition des fonctionnaires, des psychologues, des médecins de prévention ou encore des assistantes sociales. 

Les violences policières aussi importantes qu'en métropole

Néanmoins, tout n'est pas rose selon le jeune syndicat qui n'hésite pas à dénoncer les violences faites aux policiers. D'ailleurs, selon le créateur d'Alternative Police, Denis Jacob, La Réunion est le département d'Outre-Mer où les violences policières sont aussi importantes qu'en métropole. Regardez : 

 

 

"Le problème c'est qu'aujourd'hui, ce sont des violences physiques. On n'hésite plus à tuer un policier ajoute Denis Jacob. Cela n'est pas acceptable (...) Quand on s'en prend aux policiers, et en général, aux représentants de l'Etat, les sanctions doivent être fermes." 

"De la violence gratuite"

Les violences policières ne font-elles pas partie des risques du métier? "On n'est pas payé pour se faire tuer et pour s'en prendre plein la figure" répond le syndicaliste : 

 

 

"C'est de la violence gratuite. On le voit souvent sur les interpellations. On a certaines zones où des jeunes "veulent se faire du flic"" répond, quant à lui, Freddy Tayo, délégué départemental du syndicat et membre de la brigade de nuit au commissariat du Port : 

 

 

Manque d'effectif

Pour les syndicalistes d'Alternative Police, "il y a un problème d'effectif et de répartition". Denis Jacob précise : "de 2014 à 2017, 92 personnes sont venus à La Réunion en renfort. On considère que ce n'est pas suffisant par rapport à l'augmentation de la population et que cet effectif a été mal réparti puisqu'il a été concentré sur Saint-Denis". 

Selon le délégué départemental, le manque d'effectif se fait ressentir dans les commissariats du Port et de Saint-André : 

 

 

Manque de moyens

Autre grief des fonctionnaires : le manque de moyens. "Il y a beaucoup de commissariats dans des états de décrépitude et de délabrement inacceptables (...) Et aujourd'hui encore la majorité des policiers n'a pas le matériel qu'il faut pour travailler convenablement" affirme Denis Jacob. 

Pour preuve, Manuel Alonso, officier de police judiciaire à la Sureté départementale, déclare : "À Malartic, on a un téléphone portable pour six. Du coup, quand on veut convoquer des gens, on prend notre téléphone personnel. De même, on a un véhicule pour six, avec beaucoup de kilométrage et en mauvais état". "C'est pareil pour la Police Secours" enchaîne un membre de la brigade de sûreté urbaine de Saint-Pierre.

Des véhicules "à la ruine"

Ce que confirme Freddy Tayo : "les véhicules sont presque à la ruine". Regardez : 

 

Le syndicat dénonce les "magouilles" de ses homologues

Alternative Police se veut différent des autres syndicats. Selon ses délégués et Denis Jacob, ses homologues privilégieraient leur action syndicale sur "de petits arrangements et magouilles".

"Si vous êtes syndiqué chez eux et que vous connaissez untel, vous pouvez avoir une petite accélération de carrière. Et ce, au détriment des collègues qui sont sur le terrain et qui attendent depuis des années leur mutation déplore Denis Jacob. La Réunion en est un très bon exemple. Sur les mouvements de mutation, on a pu voir certaines magouilles : des agents beaucoup plus jeunes que d'autres sont revenus à La Réunion alors que des collègues réunionnais qui sont en métropole n'ont pas obtenu satisfaction" : 

Pour Alternative Police, seul l'intérêt collectif prime. C'est, en tout cas, ce que ses membres affirment à six mois des élections syndicales.

sw/rb/www.ipreunion.com

   

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