Elle a débuté le 27 avril 2018 (actualisé) :

L'éruption du Piton de la Fournaise s'est arrêtée


Publié / Actualisé
Ce vendredi 1er juin, cinq semaines après avoir débuté, l'éruption du Piton de la Fournaise s'est arrêtée. C'est ce qu'a annoncé l'Observatoire volcanologique qui a également publié son bulletin mensuel recensant l'activité relevée sur le volcan durant tout le mois de mai. Nous publions ci-dessous le bulletin en question :
Ce vendredi 1er juin, cinq semaines après avoir débuté, l'éruption du Piton de la Fournaise s'est arrêtée. C'est ce qu'a annoncé l'Observatoire volcanologique qui a également publié son bulletin mensuel recensant l'activité relevée sur le volcan durant tout le mois de mai. Nous publions ci-dessous le bulletin en question :

"Au mois de mai 2018, l’Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF) a enregistré au total :

- 7 séismes volcano-tectoniques superficiels (zéro à deux kilomètres de profondeur) sous les cratères sommitaux ;

- Un séisme profond (supérieur à deux kilomètres de profondeur)

- 190 effondrements (dans le Cratère Dolomieu et au niveau des remparts de l’Enclos Fouqué)

- 22 séismes locaux (sous l’île, côté Piton des Neiges)

- 44 séismes régionaux (dans la zone océan indien).

Le mois de mai 2018 aura été marqué par une activité éruptive, débutée le 27 avril (flanc sud du cône terminal) et présentant une faible activité sismique (7 séismes volcano-tectoniques).

Les 44 séismes régionaux enregistrés sont liés à la crise sismique de Mayotte débutée le 10 mai 2018 (à environ 50 kilomètres au large, à l’est de l’île), dont les séismes les plus intenses ont été enregistrés à La Réunion par le réseau sismologique de l’OVPF.

Déformation

Suite à une phase de déflation (dégonflement) de l’édifice associée à l’injection du magma depuis le réservoir vers le site éruptif, l’inflation (gonflement) de l’édifice a repris depuis le 15 mai environ, signifiant que le système magmatique en profondeur continue à se pressuriser.

 

Géochimie des gaz

Concentrations en CO2 dans le sol : Sur les stations distales de la région des Plaines, les concentrations en CO2 dans le sol ont atteint les valeurs les plus élevées en début d’éruption (le 27 Avril), pour ensuite diminuer progressivement jusqu’au 18 mai avant d’augmenter faiblement entre le 18 et le 26 mai. Depuis le 26 mai, les valeurs diminuent progressivement. Les mêmes tendances sont observées sur les points de mesures au niveau du Gîte du volcan.

L’augmentation des concentrations en CO2 dans le sol observée entre le 18 et le 26 mai correspond à la phase de ré-augmentation du trémoret à la reprise de l’inflation de l’édifice aux alentours du 15 mai.

Emissions de gaz au niveau des fumerolles du sommet : Suite à l’augmentation observée entre le 23 et le 27 avril, les concentrations en CO2 dans l'atmosphère ont diminué progressivement entre début mai et le 18 mai. Depuis, une faible augmentation est observée. Le flux de SO2 (dioxde de soufre) a diminué de façon exponentielle pendant tout le mois de mai. Cette évolution est en accord avec la diminution progressive du flux de lave en surface.

Emissions de SO2 dans l’air dans l’Enclos Fouqué : des variations d’émissions de SO2 dans l’air ont été observées au cours du mois de mai en relation avec l’activité éruptive. Ainsi, la diminution de hauteur du panache de gaz au niveau du site éruptif après le 7 mai s’est traduite par une concentration accrue en SO2 dans l'atmosphère au sol au sein de l’Enclos Fouqué. Au sommet une augmentation progressive des concentrations en SO2 a été enregistrée jusqu’au 10 mai (maximum de 10.5 ppmv) pour décroitre par la suite.

Le bilan en résumé

Le mois de mai 2018 aura été marqué par la poursuite de l’éruption débutée le 27 avril 2018. Les données géophysiques (déformation, trémor éruptif), géochimiques et les observations préliminaires sur les produits éruptifs suggèrent que l'éruption ait débuté par l’émission de laves et pyroclastes dégazés, suivie par une phase de remontée de magma moins dégazé depuis le 15 mai environ.

Ce nouvel apport magmatique pourrait avoir contribué à maintenir l’activité éruptive sur une durée de plusieurs semaines, malgré les très faibles débits éruptifs mesurés en surface depuis le 7 mai.

Mise en ligne le 01/06/18 à 15h43. Actualisé à 17h30

   

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