C'est fini la lampe à pétrole... et les crevettes ! :

A Madagascar, la grand-mère ingénieure solaire


Publié / Actualisé
Yollande Randrianambinina, grand-mère courage de 53 ans, habite le petit village d'Ambakivao. Ce village de pécheurs isolés à l'ouest de Madagascar n'avait, jusqu'à fin 2017, pas accès à l'électricité. Yollande et ses petits-enfants s'éclairaient, difficilement, à la lampe à pétrole. Désormais c'est fini. Car la grand-mère, auparavant pêcheuse de crevettes, est devenue ingénieure solaire, et éclaire son petit hameau grâce à l'énergie solaire.
Yollande Randrianambinina, grand-mère courage de 53 ans, habite le petit village d'Ambakivao. Ce village de pécheurs isolés à l'ouest de Madagascar n'avait, jusqu'à fin 2017, pas accès à l'électricité. Yollande et ses petits-enfants s'éclairaient, difficilement, à la lampe à pétrole. Désormais c'est fini. Car la grand-mère, auparavant pêcheuse de crevettes, est devenue ingénieure solaire, et éclaire son petit hameau grâce à l'énergie solaire.

"La lampe à pétrole, ça ne faisait pas assez de lumière, on ne pouvait pas travailler correctement. La fumée rendait malade. Les enfants n’arrêtaient pas de tousser et avaient les narines noircies", raconte Yollande, désolée en évoquant ces difficultés passées. Mais aujourd’hui, la révolution solaire a redonné de l’espoir à cette grand-mère, et à tous les autres villageois d’Ambakivao.

En effet, près de 200 logements sont équipés de panneaux solaires. Yollande et trois autres femmes du village assurent l’installation et la réparation de ces équipements. Les 4 nouvelles ingénieures ont acquis leurs savoirs en Inde. Loin de leur grande île, elles ont bénéficié d’une formation de technicienne solaire.

Tout a commencé en 2006, lorsque l’ONG Fonds mondial pour la nature (WWF) demande aux villageois ce qui leur manque le plus pour bien vivre. La réponse a été unanime, relève Yollande Randrianambinina, c’est la lumière.

WWF inclut alors ces 4 femmes dans un programme développé par Barefoot College. Cette ONG indienne forme pendant six mois des villageoises venues d'Asie, d'Afrique ou d'Amérique latine - essentiellement des grands-mères peu éduquées voire illettrées - à installer et entretenir des petits systèmes photovoltaïques permettant d'alimenter des lampes ou un chargeur de téléphone.

Yollande Randrianambinina n’avait jamais quitté son île natale, "quand on est parti, j’avais un peu peur parce qu’on ne connaissait pas ce pays", confie-t-elle. Mais une fois sur place, le besoin d’apprendre a rapidement pris le dessus. En Inde, la quinquagénaire apprend à identifier les composants électroniques pour ensuite assembler et réparer les systèmes photovoltaïques. "Je pensais que seuls les hommes étaient destinés à avoir du travail et du talent, mais pendant la formation, j'ai réalisé que les femmes sont très capables", avoue, heureuse, Yollande Randrianambinina.

Le programme a ainsi changé la vie des villageois. Ils peuvent continuer à travailler, étudier, même le soir venu. L’énergie solaire permet aussi de lutter contre l’insécurité, en assurant un éclairage du village même la nuit. Les habitants peuvent ainsi voir des intrus de loin, se préparer, et prendre la fuite si besoin.

Maintenant, Yollande Randrianambinina ne pêche plus les crevettes, elle répare les filets de pêche de son mari, et surtout, s’occupe des installations solaires.

Voici le témoignage vidéo de Yollande Randrianambinina, réalisé par l'Agence France Presse
 

www.ipreunion.com avec l'AFP

   

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