Désormais, on doit payer pour reproduire les bulletins météo (actualisé) :

Météo France, service public ou entité commerciale ?


Publié / Actualisé
Le 31 mai dernier, Imaz Press Réunion a reçu un drôle de courrier signé de la main d'Alain Poujol, directeur interrégional adjoint de Météo France pour l'Océan Indien. Alors que cela fait plusieurs années que notre agence publie, chaque jour, les bulletins prévisions de Météo France, il semblerait que la structure ait décidé de mettre à mal la rubrique. En effet, Météo France nous a demandé de ne plus publier leurs prévisions à titre gratuit. Il convient, désormais, de payer pour pouvoir reproduire les bulletins tant convoités qui sont accessibles via le site web de Météo France. Imaz Press s'est alors questionné : quelles sont les missions de Météo France? Dans quelles mesures, la structure assure-t-elle un service public? Quelle part de son activité est vouée à la commercialisation?
Le 31 mai dernier, Imaz Press Réunion a reçu un drôle de courrier signé de la main d'Alain Poujol, directeur interrégional adjoint de Météo France pour l'Océan Indien. Alors que cela fait plusieurs années que notre agence publie, chaque jour, les bulletins prévisions de Météo France, il semblerait que la structure ait décidé de mettre à mal la rubrique. En effet, Météo France nous a demandé de ne plus publier leurs prévisions à titre gratuit. Il convient, désormais, de payer pour pouvoir reproduire les bulletins tant convoités qui sont accessibles via le site web de Météo France. Imaz Press s'est alors questionné : quelles sont les missions de Météo France? Dans quelles mesures, la structure assure-t-elle un service public? Quelle part de son activité est vouée à la commercialisation?

Dans cette lettre recommandée reçue par Imaz Press, on peut lire : "Bien que votre activité témoigne d'un intérêt louable pour la météorologie, je vous informe toutefois que la reproduction des "Bulletins de prévision de La Réunion" sans consentement porte atteinte aux droits antérieurs de Météo France et constitue un acte de contrefaçon répréhensible (...) C'est pourquoi j'ai le regret de vous demander de bien vouloir cesser immédiatement tout usage et toute reproduction des bulletins sous quelque forme que ce soit et à quelque titre que ce soit pour des services similaires à ceux fournis par Météo-France". 

Réactions d'internautes

Cette (mauvaise) nouvelle, Imaz Press l'a partagée avec ses internautes, sur les réseaux sociaux. Les réactions ne se sont pas faites attendre. Regardez : 

A la fin du courrier, Alain Poujol précisait : "Météo France peut vous proposer des solutions pour alimenter votre site internet". Autrement dit, en échange d'une rémunération, Météo France peut produire des contenus pour Imaz Press.

Pour nous éclairer, David Goutx, directeur interrégional océan Indien de Météo France a accepté de répondre à nos questions.

Il faut payer

Dans un premier temps, nous avons été étonnés par le caractère soudain de cet avertissement. "Il n'y a pas eu de changement de philosophie ou de doctrine chez Météo France indique le directeur. Nous avons simplement régularisé une situation qui se trouvait en dehors des clous". Explications : "les bulletins météo publiés sur le site sont soumis à des droits de reproduction. Et ce, depuis toujours". Autrement dit, l'information est délivrée à titre gratuit sur le site web mais pour qu'un média puisse en faire un "copier-coller", il faut payer. 

Aussi, nous nous sommes demandés à quel point Météo France assurait-il un service public? "On est un établissement public et administratif mais ce n'est pas un établissement administratif classique répond David Goutx". En effet, l'entité est rattachée à un PDG. A savoir, Jean-Marc Lacave, président depuis 2014. 

Un budget de 380 millions d'euros par an 

Pourtant, la majorité des fonds de Météo France, qui dévoile un budget annuel de 380 millions d'euros, sont publics. "Chaque année, nous recevons 190 millions d'euros de subventions de l'Etat" précise le directeur interrégional. A ces millions s'ajoutent les redevances aéronautiques qui s'élèvent à 85 millions d'euros par an et qui permettent à Météo France d'assurer une mission d'assistance auprès des professionnels de l'aéronautique.

David Goutx ajoute : "Nous touchons aussi une cinquantaine de millions d'euros de subvention au titre de la contribution Eumetsat". Une contribution versée par l'Etat, à l'Organisation européenne pour l'exploitation des satellites météorologique. Enfin, l'activité commerciale de Météo France lui rapporte chaque année, 30 à 35 millions d'euros. 

65% du budget assurés par l'Etat

En résumé, 65% du budget de Météo France sont assurés par l'Etat français : les contribuables. Les recettes commerciales, elles, ne représentent qu'environ 4%. "Les subventions publiques couvrent les missions de service public" explique le directeur. Ces missions sont claires : le développement et la maintenance d'un réseau d'observation, la collecte et le traitement de données climatologiques, l'élaboration de projections climatiques, la recherche dans les domaines de la météorologie et du climat, et enfin la prévision du temps. 

Aussi, Météo France assure son service public en publiant et en mettant à disposition, au jour la jour, ses prévisions. Mais en aucun cas, elle ne permet aux médias de les reprendre telles quelles pour en informer la population. En revanche, "à partir du moment où la sécurité des personnes est en jeu, par exemple, dans le cadre de phénomène météorologiques dangereux, le relais à travers les médias est le bienvenu" ajoute David Goutx. 

Des missions payantes pour les opérateurs privés

Dans le cas où la météo est calme, les prévisions de Météo France deviennent des prestations payantes. "Pour les médias, nous pouvons délivrer des bulletins météo ou encore produire des cartes indique le directeur. Pour le BTP, nous proposons aussi nos prévisions". Par exemple, dans le cadre du chantier de la Nouvelle route du littoral, la plupart des sociétés du bâtiment ont payé Météo France pour obtenir des prévisions et prévoir, ainsi, le bon déroulement de leurs travaux. 

Aussi, pour des opérateurs privés, Météo France peut engager une mission d'assistance météo. Parmi ses clients, l'entité compte par exemple les organisateurs des tournois de Roland Garos ou encore de Wimbledon. 

Baisse des subventions : Météo France participe à l'effort public

"Comme tous les opérateurs publics, depuis quelques années, Météo France est invité à faire mieux, avec moins" déclare le directeur interrégional qui voit les subventions publiques diminuer depuis 2013. Il ajoute : "Cette année là, nous avons atteint un maximum de 211 millions d'euros. Depuis, ça diminue progressivement. Et c'est normal. Cette diminution correspond aux efforts publics visant à diminuer la pression budgétaire qui pèse sur l'Etat français". 

80 agents français dans l'Océan Indien

Dans ce cadre, les départs à la retraite ne sont pas forcément remplacés. Principalement dans le secteur administratif et dans celui de la gestion financière. Mais David Goutx tient à le préciser : dans les Outre-mer, l'établissement "reste particulièrement vigilant à ne pas entraver la capacité opérationnelle". D'ailleurs, à La Réunion, l'effectif a récemment été renforcé : un prévisionniste cyclonique et un chargé d'études sur le changement climatique ont été embauchés. Ils ont tous deux rejoint une équipe de 74 agents, tous situés au Chaudron (six agents supplémentaires, basés à Mayotte, composent l'équipe de Météo France Océan Indien). 

Des risques cycloniques dans tous les DOM

A noter: dans les Outre-mer, Météo France compte quatre directions pour les Antilles et la Guyane, la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française et l'Océan Indien. "Chaque direction a fort à faire. Il n'y en a pas une qui est plus explosée qu'une autre à des risques cycloniques". Si la Guadeloupe et la Martinique ont été très actives cette saison, La Réunion, elle aussi, a vu de nombreux phénomènes s'abattre sur son territoire.

De quoi compliquer l'emploi du temps des directeurs des agences qui doivent se réunirdeux fois par an en métropole. "C'est simple ironise David Goutx. Nous n'avons que deux périodes durant lesquelles la météo est calme dans tous les départements d'Outre-mer : début juin et début novembre!"

sw/www.ipreunion.com (Publié à 4:44 mis à jour à 09:37)

   

7 Commentaire(s)

Domnin, Posté
Très banalement, la publication des prévisions météo augmente l'audience du média ce qui lui permet de mieux vendre ses espaces publicitaires. Est-ce que l'audience Imaz Press ne compte pas pour vous? Cordialement.
Lydia, Posté
Avec zot titre météo France la dit i connait pas encore si la fait aux raz des longoses... Et en apportant aucune plus value... I faut jamais attann manger cuit dans zot bouche (Matante Rosina a dit "i ékir Météo France la di i koné pa ankor si la fé". Elle a ajouté "lé vré i fo pa atann manzé kui dann la boush, mé i fo pa non pli i passe la min dann la posh domoun pou prann larzan alors ke zot la fine payé ek zot zinpo". Aou, Matante Rosina lé mové sa ^^ Un peu d'humour fait toujours du bien en ce début de journée que nous vous souhaitons excellente, chère Lydia - webmaster)
Ça me gonfle, Posté
Il faut tout payer maintenant ,mais le Nicolas farce et attrape il travaille à la météo non? Et les autres médias ils sont dans le même panier ? Heureusement qu’à la météo il y a des gens sympathiques qui passe aux infos mais font-ils payer aussi?
CHABAN, Posté
Pour Matante Rosina si jamais elle évoque des services payant, offrez lui une nouvelle capeline.

Votre réponse à '' '' Nikolas''' '' est 👍 (Merci à vous Chaban. Très belle journée - webmaster)
Domnin, Posté
La production des prévisions météo est de plus en plus onéreuse et coûte très cher aux contribuables. Il est normal que les médias, à qui la publication de ces prévisions rapporte de l'argent (cf Nikolas ci-dessous), participent à leur financement. (Comme nous l'avons dit à Nikolas, merci de nous apprendre que les prévisions météo rapportent de l'argent à Imaz Press, nous n'étions absolument pas au courant et Matante Rosina non plus, à moins que cette gramoune taquine nous cache des choses ^^ webmaster)
Nikolas, Posté
Ils ont tout à fait raison. Pourquoi vous, qui vous vous faites payer par des annonceurs pourrez bénéficier gratuitement des bulletins météos qui sont une plus-value pour votre site? En gros l'état fait un taf, et vous utilisez ce taf pour apporter une plus-value commercial à votre site??? C'est n'importe quoi. Faites comme tous les médias, payer cette redevance. Et puis, les réunionnais auront toujours un accès gratuit à la météo, via les différents sites internet, applications smartphones, ou encore la météo à la télé... (Merci à vous Nikolas de confirmer que le bulletin Météo est un "taf" de l'Etat, ce qui revient à dire que le "taf" est déjà payé par les contribuables. Merci aussi de nous apprendre que la publication du bulletin en question constitue "une plus-value commercial" pour notre site, mais nous sommes du coup très inquiet : allez savoir si Matante Rosina ne va pas nous demander de passer à la caisse ^^- webmaster)
CHABAN, Posté
En même temps, tout le monde a pu constater le temps d'hier, pas besoin du goutx.

Pour le temps de demain, je mets à la disposition de IMAZ en exclu ma crapaude (la vraie pas ma voisine) , beaucoup plus fiable que le GOUTX.

Chiche (Nous attendons des nouvelle de votre crapaude Chaban ^^- webmaster)