L'ARS lance un projet santé Réunion-Mayotte (actualisé) :

Séniors : des alternatives face au manque d'EHPAD


Publié / Actualisé
L'accompagnement et la coordination sont au coeur du projet de santé adopté par l'ARS (Agence régionale de santé) Océan Indien 2018-2028. Un dispositif de 10 ans mis en place ce vendredi 29 juin 2018 par François Maury, directeur général de l'ARS. Si ce projet concerne La Réunion et Mayotte, il est défini autour de huit orientations stratégiques, avec un focus sur la prévention d'une perte d'indépendance des personnes âgées, et la coordination des différents services. Les premières mises en oeuvre interviendront le mois prochain.
L'accompagnement et la coordination sont au coeur du projet de santé adopté par l'ARS (Agence régionale de santé) Océan Indien 2018-2028. Un dispositif de 10 ans mis en place ce vendredi 29 juin 2018 par François Maury, directeur général de l'ARS. Si ce projet concerne La Réunion et Mayotte, il est défini autour de huit orientations stratégiques, avec un focus sur la prévention d'une perte d'indépendance des personnes âgées, et la coordination des différents services. Les premières mises en oeuvre interviendront le mois prochain.

Voici les huit priorités de santé :

- le renforcement de la veille sanitaire et de la réponse aux situations exceptionnelles en territoire insulaire, notamment Cilaos,

- l’environnement au service de la santé,

- la promotion et la protection de la santé mentale,

- la santé nutritionnelle,

- la qualité de vie et la santé des personnages âgées et handicapées,

- la préservation de la santé des jeunes,

- la prévention et la prise en charge des maladies chroniques

- la santé des femmes, des couples et des enfants.  

- Des alternatives face au manque d’EHPAD -

"Il y a deux choses qui émergent avec une centaine d’interlocuteurs depuis 18 mois" précise François Maury, directeur général de l’ARS. "On va travailler différemment autour des patients dans les cinq à dix années qui viennent, mais ça a déjà commencé. Les professionnels de santé vont se coordonner pour les accompagner. D’ailleurs ce sont souvent des patients ayant des maladies chroniques" souligne-t-il.

"Nous avons d’autres priorités concernant notamment les personnes âgées et handicapées. Nous savons que dans cinq à dix ans il va falloir évoluer sur notre réponse à la problématique à la dépendance des personnes âgées."

"Notre projet régional de santé est un peu différent du précédent puisqu'on a fixé des priorités, notamment avec de nouvelles méthodes de prises en charge du patient. On a dû faire un arbitrage."

 

"On a dû arbitrer les autorisations d’hospitalisation à domicile. Elles sont plus confortables pour les patients et moins chers au niveau de la sécurité sociale" souligne-t-il, avant d’ajouter que "deux structures à but non lucratif sont en charges de l’hospitalisation à domicile, avec des prestataires et des infirmiers libéraux."

"Il faut favoriser le maintien à domicile et non l’hospitalisation à domicile" estime ce dernier. "Dans les établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), il faudra même multiplier les places par 3 en 2040 selon des chiffres nationaux. C’est impossible" déclare le directeur de l’ARS.

D’autres alternatives sont donc à envisager. C’est le but du test local mené par le dispositif "hors les murs" qui propose deux scénarios possibles : le maintien à domicile soutenu par les EHPAD, ou le rôle des familles d’accueil, de relai.

- Apporter une réponse pour les territoires insulaires -

Le renforcement de la veille sanitaire et la réponse aux situations exceptionnelles en territoire insulaire, notamment Cilaos fait partie des priorités de ce projet de santé. Pour Gilles Vignon, directeur de la délégation de La Réunion (ARS OI), "il y a un vrai enjeu de santé à Cilaos, au-delà de l’hôpital. Il y a la question des offres qui existent déjà de prise en charge des patients et des habitants."

 

"On a aussi lancé un travail sur l’apport de compétences médicales via l’hôpital ou la télémédecine par exemple de la part des médecins de Saint-Pierre pour éviter que la population descende à Saint-Pierre" précise Gilles Vignon.

"Il faut adapter l’offre de santé de Cilaos et mobiliser les professionnels de santé. Aujourd’hui l’activité de l’hôpital est une activité de médecine, mais l’offre ne correspond pas. Le but est qu’elle corresponde aux attentes des habitants."

- Agir ensemble pour les mêmes difficultés –

Dans la perspective de la création prochaine d’une Agence de Santé de La Réunion et d’une Agence de Santé de Mayotte succédant à l’ARS Océan Indien, chaque île disposera donc bien de son projet santé mais possède des cadres d’orientations stratégiques communs.

"A Mayotte, il y a des défis de santé qui sont essentiels, alors qu’à La Réunion ce sont des enjeux. Dans ce contexte, il faut agir ensemble mais avec un schéma spécifique à chacun. Il y a une indépendance progressive que va prendre Mayotte sur la gouvernance de sa santé, mais les liens sont indéfectibles" conclut François Maury.

cli/www.ipreunion.com

   

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