Enlèvement d'andains à Saint-Paul :

Des impacts non négligeables selon Emmanuel Seraphin


Publié / Actualisé
Ce lundi 2 juillet 2018, Emmanuel Seraphin, chef de file de l'opposition municipale à Saint-Paul, a organisé une conférence de presse pour évoquer le projet d'enlèvement d'andains envisagé par la société CBO Territoria. Dans le cadre de ce projet, le préfet de La Réunion a prescrit une enquête publique qui débutera le 23 juillet pour se terminer le 6 août 2018. Une enquête publique qui porte sur une demande d'autorisation d'exploiter les andains de l'Antenne 4 située sur la commune de Saint-Paul.
Ce lundi 2 juillet 2018, Emmanuel Seraphin, chef de file de l'opposition municipale à Saint-Paul, a organisé une conférence de presse pour évoquer le projet d'enlèvement d'andains envisagé par la société CBO Territoria. Dans le cadre de ce projet, le préfet de La Réunion a prescrit une enquête publique qui débutera le 23 juillet pour se terminer le 6 août 2018. Une enquête publique qui porte sur une demande d'autorisation d'exploiter les andains de l'Antenne 4 située sur la commune de Saint-Paul.

Emmanuel Seraphin a rappelé la teneur du projet : " Dans le cadre du Protocole Andains, c'est CBO Territoria qui porte le projet via la société "Antenne 4 Développement". La superficie de la zone concernée représente plus de 550 hectares. Quand on analyse cette zone, elle se caractérise par un versant, avec des pentes qui vont jusqu’à 15%, pour une altitude moyenne de 192 m. Elle est comprise entre la ravine Saint-Gilles et la ravine de la Saline, entre le lotissement Carrosse et la Saline-les-Bains". 

Le nombre d'andains prélevés sur cette zone s'élèverait à environ 350 pour une longueur totale de 53 km. "53 km, c’est exactement la distance entre la ville de Saint-Paul et Saint-Pierre! a réagi Emmanuel Seraphin.Vous imaginez l’impact que cela peut avoir ?"

Selon lui, "les conséquences de l’enlèvement de ces galets en bordure de parcelle, positionnés perpendiculairement à la pente et plus ou moins recouverts de végétation sont multiples. Le site du projet est concerné par plusieurs périmètres environnementaux. Il est notamment bordé au nord par le site inscrit de la Ravine Saint- Gilles et s’inscrit dans le périmètre de deux Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique Floristique et Faunistique (ZNIEFF)."

L'opposant municipal affirme qu'il y aurait d'importants impacts sur : 

"- la dégradation de la qualité des eaux superficielles et souterraines

- la perturbation temporaire voire la destruction d’espèces et d’habitats naturels patrimoniaux

- le risque de prolifération d’espèces exotiques envahissantes, animales et végétales, nuisibles pour les écosystèmes

- le bouleversement des continuités écologiques et équilibres biologiques."


"Mais les risques les plus importants restent évidemment les risques liés aux inondations. D’après le dossier, " le seul impact potentiel susceptible d’être induit par le projet correspond à l’impact hydraulique sur les lieux habités à l’aval du site (écoulements d’eau en cas de crue et érosion) affirme Emmanuel Seraphin. De par la mise en place de mesures de réduction adaptées et en particulier la prise en compte de cet impact dans la définition du projet avec la conservation de tout ou partie de certains andains, cet impact est évalué comme négligeable. " Mais, quand on analyse les cartes et surtout les pentes de la zone, on peut mettre en doute sérieusement cette appréciation. Une carte est particulièrement parlante, c’est celle où sont représentées ce qui va être prélevé ou pas."

"On constate bien que dans 90 % des cas les barrières perpendiculaires à la pente vont être supprimées enchaine le saint-paulois.  Comment expliquer que l’impact de ces suppressions sera négligeable ? Si le risque était aussi négligeable, alors pourquoi sur une partie du lotissement Carrosse va-t-on construire une digue de 1m de haut avec fossé sur
environ 150 m de long ? Alors que, sur les autres secteurs, il n’y aura plus de protection…"

Pour connaitre la zone d'aléas d'érosion, Emmanuel Seraphin déclare être allé voir le BRGM : "Nous sommes dans une zone moyenne et non pas négligeable comme il est dit dans le dossier présenté à l’enquête publique. Car la carte à prendre en compte est celle de la saison cyclonique et non pas celle par temps sec, prise en compte par les promoteurs de cette entreprise. Nous sommes dans la même situation qu’à Saint-Leu,qui connaît ces derniers temps des inondations et des coulées de boues récurrentes suites aux diverses
fortes pluies."

Tribune libre de Jean-Pierre Marchau : Prélèvement d'andains et menace des transporteurs

Le dossier complet de l’enquête publique est mis à disposition dans les bureaux du Pôle Développement Durable au centre ville et les permanences du commissaire-enquêteur sont prévues sur trois demi-journées:

- le 23 juillet de 9h à 12h,
- le 02 août de 9h à 12h
- et le 06 août de 13h à 16h.

   

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