Planteurs et industriels se réunissent vendredi :

Campagne sucrière 2018 - La coupeuse péi divise la filière canne sucre


Publié / Actualisé
La campagne sucrière 2018 a démarré dans l'Est et dans le Sud ce lundi 9 juillet 2018. Cette année encore, plusieurs préoccupations s'invitent dans cette campagne. La principale inquiétude des planteurs c'est la coupeuse péi. Cette machine vantée à ses débuts par les usiniers est devenue la bête noire des agriculteurs qui vivent de la canne à sucre. Une machine qui ne coupe que les cannes longues, qui ramasse de la terre, de l'herbe et des non-cannes et qui, en plus, fait chuter de quatre pourcents la richesse des cannes coupées. Les syndicats sont unanimes sur les difficultés que représente la coupeuse péi qui reste la seule solution face à la pénurie de main-d'oeuvre. Ils seront reçus au centre technique interprofessionnel de la canne et du sucre ce vendredi 13 juillet 2018.
La campagne sucrière 2018 a démarré dans l'Est et dans le Sud ce lundi 9 juillet 2018. Cette année encore, plusieurs préoccupations s'invitent dans cette campagne. La principale inquiétude des planteurs c'est la coupeuse péi. Cette machine vantée à ses débuts par les usiniers est devenue la bête noire des agriculteurs qui vivent de la canne à sucre. Une machine qui ne coupe que les cannes longues, qui ramasse de la terre, de l'herbe et des non-cannes et qui, en plus, fait chuter de quatre pourcents la richesse des cannes coupées. Les syndicats sont unanimes sur les difficultés que représente la coupeuse péi qui reste la seule solution face à la pénurie de main-d'oeuvre. Ils seront reçus au centre technique interprofessionnel de la canne et du sucre ce vendredi 13 juillet 2018.

-  La convention canne "ne tient pas en compte le problème de la coupeuse péi" -

Brûler symboliquement la convention canne de 2017. C'est l'action qu'a décidé de mener les membres du syndicat "Unis pour nos agriculteurs" (Upna). Ce syndicat de planteurs s'est donné rendez-vous devant l'usine du Gol à Saint-Louis ce mercredi 11 juillet 2018 afin de montrer leur désaccord avec la convention canne qui avait été signée l'année dernière. Cette date a été choisie car "c'est la date anniersaire de la convention canne" a expliqué Patrice Pounoussamy, le président de l'Upna.

Pour le syndicaliste, cette année, "pas de grève mais une action car le moral des planteurs est au plus bas". Le syndicaliste évoque l'absence d'avancées pour remédier aux difficultés financières de la filière "un an plus tard, l'association financière des planteurs n'a pas progressé". Il précise "les méthodes de calculs de la richesse de la canne date des années 1970, nous sommes en 2018, ce n'est plus adapté".

Même si aucun syndicat n'évoque une grève, le début de la campagne sucrière 2018 s'annonce mouvementé.  "On va commencer par brûler la convention canne, c'est une première étape" a déclaré Patrice Pounoussamy. Il pense que "la mobilisation se fera naturellement".

- La coupeuse péi, la machine qui fait perdre de l'argent aux planteurs -

Elle coupe mécaniquement mais fait perdre en richesse. C'est le revers de la médaille de cette coupeuse péi. Pourtant cette machine avait été vantée à son arrivée à La Réunion. "On nous faisait des démonstrations à la foire agricole", se rappelle Jean-Yves Minatchy, ancien président de la chambre d'agriculture. "À l'époque, elle était financée par l'usinier, le planteur remboursait par la suite la coupeuse péi" raconte-il.

 Cette machine est conçue pour couper des cannes longues sauf qu'au passage "elle ramasse de la terre, des herbes et des non-cannes" souligne Jean-Yves Minatchy.

La conséquence directe de ce "tout-venant" c'est une perte de richesse de 4% des cannes coupées à la machine. Ce qui représente un manque à gagner de plus de 22 euros la tonne.

Lire aussi : les planteurs inquiets pour cette campagne sucrière

Les planteurs perdent de l'argent sur la richesse de leur canne qui atteignent l'usine. Patrice Pounoussamy déclare "aujourdh'ui, on nous dit votre canne ne vaut rien, qu'elle est mal coupée qu'elle a des bourgeons, et qu'en réalité c'est nous qui devrions payer pour faire broyer nos cannes".

Cette canne de "variété 587" explique Jean-Yves Minatchy a "les mêmes problèmes de richesse que les autres variétés, car quelle que soit la variété, les problèmes de richesse persistent lorsque les cannes sont coupées à la coupeuse péi".

- Une réunion au centre technique pour demander "la tolérance des industriels" -

Les syndicats sont convoqués au centre technique interprofessionnel de la canne et du sucre (CTICS) ce vendredi 13 juillet 2018. "On a obtenu une réunion pour exposer nos doléances aux industriels" évoque Frédéric Vienne de la FDSEA.

La coupeuse péi sera, bien sûr, à l'ordre du jour.

"On passe par une mauvaise année et on ne veut pas être doublement pénalisé"explique-t-il. Les intempéries de début d'année ont couché les cannes, la coupeuse péi les fait perdre en richesse, c'est pour ces raisons que les syndicats de planteurs espèrent obtenir "la tolérance des industriels sur la qualité de la canne".

Les syndicats espèrent un "prix minimum qui les permettent de vivre" estime Jean-Yves Minatchy.

Patrice Pounoussamy aimerait que les industriels se penchent sur la question de la coupeuse péi "on demande à ce que le comité paritaire fasse des expériences sur la coupeuse mécanique afin de faire un calcul de sorte que le planteur puisse  être payer équitablement".

Cette réunion entre planteurs et industriels s'annonce "pacifiste" afin que chacun y trouve son compte dans un contexte "compliqué" pour la filière. "On attend de voir" déclare Bruno Robert des Jeunes agriculteurs. Ce dernier a demandé à être reçu par le ministre de l'agriculture Stéphane Travert en visite dans l'île ce mardi 10 juillet 2018. "On souhaite lui remettre une motion avec nos revendications afin qu'elles soient entendues au plus haut sommet de l'Etat" a conclut Bruno Robert.

 

sjb/www.ipreunion.com

   

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