A La Réunion ou en Métropole :

Affectation des professeurs des écoles : la polémique sans fin


Publié / Actualisé
De jeunes étudiants réunionnais ont passé le concours de professeurs des écoles en métropole et l'ont brillamment réussi, au point de figurer " parmi les meilleures notes de France ", selon le communiqué signé de Jean-Hugues Ratenon et adressé en interpellation au Recteur de l'Académie de la Réunion afin d'obtenir l'affectation d'office de ces jeunes professeurs des écoles à La Réunion. Le député a en effet rencontré le Collectif des Professeurs des Ecoles (photo) qui lui a demandé son soutien pour obtenir la mutation d'office des lauréats réunionnais sur l'île.
De jeunes étudiants réunionnais ont passé le concours de professeurs des écoles en métropole et l'ont brillamment réussi, au point de figurer " parmi les meilleures notes de France ", selon le communiqué signé de Jean-Hugues Ratenon et adressé en interpellation au Recteur de l'Académie de la Réunion afin d'obtenir l'affectation d'office de ces jeunes professeurs des écoles à La Réunion. Le député a en effet rencontré le Collectif des Professeurs des Ecoles (photo) qui lui a demandé son soutien pour obtenir la mutation d'office des lauréats réunionnais sur l'île.

Le député dénonce le fait que ces jeunes candidats au CRPE soient laissés sur le carreau et sort même les grands mots en estimant que ces jeunes enseignants seront " laissés au chômage alors qu’il y a ici des postes vacants ".

Le député argue de la compétence en langues régionales de certains de ces jeunes gens, un atout pour enseigner le français, comme raison de plus de passer outre le règlement du concours qui établit de fait qu’un candidat qui passe le CRPE dans une région est affecté dans cette même académie.

Brillamment reçus au concours, ces jeunes enseignants sont forcément affectés dans l’académie dans laquelle ils ont concouru. Ils ne sont donc pas au chômage. Sauf à décider de vouloir rentrer à La Réunion, auquel cas ils perdraient en effet le bénéfice de leur concours. Ils peuvent aussi choisir d’enseigner quelques temps dans leur académie d’affectation et de demander ensuite une mutation, sachant que Réunionnais d’origine ils bénéficient de points d’avance. Cela demande un peu de patience mais rien n’est impossible dans ce domaine. Surtout à une époque où le concours de professeur des écoles n’attire plus grand monde, sauf dans les régions où la sur-rémunération rend le métier beaucoup plus attirant. 

Pourquoi ne pas avoir concouru ici ?

Il est de notoriété publique que le concours à La Réunion est l’un des plus difficiles à obtenir, étant donné le nombre de candidats pressentis et l‘excellent niveau de ces candidats locaux. Est-ce cette difficulté qui pousse les jeunes Réunionnais à concourir en métropole, parfois dans des académies où le taux de réussite est très élevé, faute de candidats (Créteil, Versailles, Cergy-Pontoise, Amiens…) ? Puisqu’il s’agit là de candidats " parmi les meilleurs ", ils auraient sans doute eu toutes leurs chances en concourant sur l’île.

Ou s’agit-il de contraintes financières pour payer le voyage afin de venir concourir dans la région d’origine ? Ce qui fait appel à une autre problématique : quelles aides au retour, quelles solidarités pressentir (familiales, communautaires, institutionnelles…) pour disposer d’une cagnotte permettant la participation au concours dans l’académie d’origine ? A l’heure où l’on voit tant d’appels de fonds pour des  causes diverses et variées remporter un grand succès, le challenge de réunir les fonds d’un billet low cost pour passer un concours ne relève pas de la mission impossible.

La même règle pour tous ?

Quoi qu’il en soit, le député Jean-Hugues Ratenon presse le Recteur de l’Académie d’intégrer d’office ces 44 lauréats, au lieu d’accepter la mutation sur l’île d’enseignants métropolitains ou l’embauche locale de professeurs métropolitains en disponibilité en métropole pour convenances personnelles, conjoint muté sur l’île par exemple.

Voilà qui pose tout de même le problème de l’égalité de traitement face au règlement du CRPE : un candidat originaire de Nice peut-il exiger lui-aussi d’être recruté sur sa terre natale alors qu’il a concouru à Versailles ou à Amiens ? Certes, la distance et le coût du retour au foyer n’est pas la même, mais sur le principe, la dérogation si elle était acceptée –sauf cas de force majeure- relèverait d’une inégalité de traitement.

Cette polémique n’a pas fini de courir : à chaque session de concours dans la fonction publique, à chaque période de mutations, la question de l’affectation d’office des Réunionnais sur leur terre d’origine refait surface, tel le serpent de mer. 

ml/www.ipreunion.com

   

2 Commentaire(s)

Tilmuch, Posté
passait quand même au grade supérieur...sale temps pour l'esclavage n'existe plus oui que sur du velours ça passe, ou ça passe pas ces enfoirés savent bien le comportement des réunionnais...te casse pas la tête..Mon commentaire est en deux partie
à cause d'une maladresse.
Eri974, depuis son mobile, Posté
Monsieur Ratenon,
A vouloir contenter tout le monde, vous en oubliez un principe fondamental: le respect des lois et des règlements.
Si vous voulez que ca change, utilisez la voie parlementaire !
Outrepasser les règles est un mauvais message que vous envoyez, et qui risque bien de se retourner contre vous.
Les candidats aux concours sont bien informés des conséquences de leurs résultats. Qu'ils assument !