Courrier des lecteurs de Jean-Claude Comorassamy :

"Il y a 40 ans, l'usine sucrière de Stella fermait ses portes!"


Publié / Actualisé
Il y a quarante ans la petite commune de Saint-Leu connaissait un coup de tonnerre social sans précédent avec la fermeture annoncée de l'Usine sucrière de Stella. Ce fut une véritable catastrophe pour tout un quartier voire pour toute la ville, l'annonce de cette fermeture. C'est ainsi, depuis 40 ans, l'étoile brillante du matin a cessé d'éclairer puisqu'elle s'est éteinte définitivement en 1978" rappelle Jean-Claude Comorassamy. Voici la suite de son courrier :
Il y a quarante ans la petite commune de Saint-Leu connaissait un coup de tonnerre social sans précédent avec la fermeture annoncée de l'Usine sucrière de Stella. Ce fut une véritable catastrophe pour tout un quartier voire pour toute la ville, l'annonce de cette fermeture. C'est ainsi, depuis 40 ans, l'étoile brillante du matin a cessé d'éclairer puisqu'elle s'est éteinte définitivement en 1978" rappelle Jean-Claude Comorassamy. Voici la suite de son courrier :

"Pourtant les ouvriers de l’époque, n’ont pas baissé les bras, se sont mobilisés sur la plateforme sucrière, avec le seul syndicat existant pour essayer de défendre leur Usine, leurs emplois voire même cet "héritage". Mais hélas, le dé était jeté, rien ne changera, malgré la mobilisation, les larmes, les cris, la colère,  les pleurs, pour les autres, devant un tel traumatisme, se sont renfermés dans un long silence.

Après ce choc, Il a fallu se faire à l’idée que l’Usine ne fonctionnera plus et qu’il fallait faire " ce deuil " douloureux sur près de deux siècles d’existence…. Un plan social a été actionné mais laissant sur " le carreau " des centaines de personnes. Aujourd’hui encore, ce choc émotionnel on ne peut pas l’oublier à chaque moment de l’ouverture de la campagne sucrière, même 40 ans après.

L’histoire de l’Usine sucrière c’est encore l’histoire des familles ouvrières recrutées de pères en fils, car ce sont de très " bons travailleurs " disait-on. L’Usine était leur grande fierté malgré la pénibilité du travail et la souffrance qu’ils ont dû subir chaque jour. Mon père Gabriel comme beaucoup d’autres ont passé leur vie dans cette Usine et pour quelques uns dont mon papa, ils ont rejoint le jardin des étoiles. Bien trop vite à rejoindre l’étoile du matin. Cet écrit est un moyen pour moi, d’honorer cette mémoire ouvrière 40 ans après.

Mais, si aujourd’hui, l’étoile du matin a cessé de briller. L’Usine sucrière de Stella achetée par la Région Réunion  en 1984, aménagée en Musée Agricole et Industriel puis Muséum Stella Matutina en 1991, a ce devoir d’éclairer tout le pan de cette histoire et qui doit être la transmission pour les tourismes mais encore pour les générations futures. Ce sera le plus bel hommage qu’on pourra rendre à tous les travailleurs de cette Usine sucrière aujourd’hui, demain et après demain."
 

   

Votre avis nous intéresse, soyez le premier à vous exprimer !