Courrier des lecteurs de Bruno Bourgeon :

"Où l'on reparle encore de Monsanto?"


Publié / Actualisé
"Comment faut-il parler de Monsanto? Bayer a eu beau la racheter, pour devenir numéro deux mondial de l'industrie agro-chimique, l'entreprise américaine fait à nouveau parler d'elle" rédige Bruno Bourgeon dans son courrier que nous publions ci-dessous :
"Comment faut-il parler de Monsanto? Bayer a eu beau la racheter, pour devenir numéro deux mondial de l'industrie agro-chimique, l'entreprise américaine fait à nouveau parler d'elle" rédige Bruno Bourgeon dans son courrier que nous publions ci-dessous :

"Non contente d'avoir fait l'objet d'un tribunal fictif à La Haye, filmé par Marie-Monique Robin : "Le Roundup face à ses juges"(www.dailymotion.com/video/x651lip), un premier procès pénal se tient en Californie, et concerne tout aussi bien le monde entier, contre Monsanto.

Dewayne Johnson, 46 ans, va mourir. Pendant deux ans, entre 2012 et 2014, il répandit avec son vaporisateur du Roundup sur des terrains scolaires. Désormais atteint d'un lymphome non hodgkinien incurable, défendu par une myriade d'avocats, il accuse Monsanto d'avoir caché la cancérogénicité du produit. L'un de ses avocats : "Ce procès est comme un canari dans la mine" (1). Dit autrement, ce procès n'est que le premier d'une longue suite. Monsanto n'ayant provisionné "que" 235 millions d'euros pour contrer les litiges, on souhaite bien du plaisir à Bayer.

Jusqu'à présent, le seul cancer véritablement environnemental reconnu est le mésothéliome, causé par l'amiante : une maladie, une seule cause. Pour tous les autres cancers, on ne peut rien affirmer : une infinité de molécules, certaines synergiques, sont impliquées dans la genèse des cancers, maladies environnementales s'il en est. Ces molécules esquintent l'ADN, mais comment, quelle exposition, quels résultats, nul ne peut le dire.

Le Centre International pour la Recherche sur le Cancer (CIRC) a classé le glyphosate comme cancérogène probable (IIa). Classification évidemment contestée par Monsanto, mais pas que : l'Efsa, agence européenne de sécurité des aliments, farcie de conflits d'intérêts, est également dans la danse.

Admettons que le glyphosate ne soit pas cancérogène. dans ce cas, notre presse main stream et l'AFP jouent un jeu écoeurant : le glyphosate est "une substance très controversée et qui fait l'objet d'études
scientifiques contradictoires". Vrai et faux, attention, voici le point Godwin selon la formule de Godard : "L'objectivité, c'est 5 min pour Hitler, et 5 min pour les Juifs". En effet on aime oublier la désinformation
de l'industrie pendant des lustres, au moyen d'une gigantesque stratégie du doute (2). Ainsi les prodigieux "tobacco papers" (3) tuant sciemment des millions de fumeurs.

Ainsi le Comité Permanent Amiante (CPA) gagnant 20 ans avant son interdiction définitive en 1997. Ainsi les moyens crapuleux utilisés par Monsanto pour discréditer le CIRC, en magouillant les articles pseudo-scientifiques écrits par ses sbires, en utilisant des espions professionnels (4), en menant une campagne de l'ombre.

Plus personne ne peut désormais ignorer que Monsanto, je pèse mes mots, est une entreprise criminelle. Ceux qui la défendent en sont complices : je parle des autorités européennes, qui va de la Commission aux ministres de l'écologie, suivez mon regard, mais aussi une presse "objective" qui ment "objectivement". Procès à suivre jusqu'à fin juillet."

Dr Bruno Bourgeon, président d'AID

   

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