Affectation des postes vacants :

Nou lé Kapab dénonce l'opacité des recrutements de professeurs des écoles


Publié / Actualisé
Lors d'une conférence de presse le mardi 25 juillet, l'association Nou lé Kapab est revenue sur l'épineuse question de la préférence régionale en matière de recrutements et de mutations. A trois semaines de la rentrée scolaire, Gilles Leperlier, son président, a insisté sur les postes vacants de professeurs des écoles à La Réunion et l'opacité qui entoure les affectations pour y pallier. Et sur quelques autres sujets axés sur l'accès à l'emploi.
Lors d'une conférence de presse le mardi 25 juillet, l'association Nou lé Kapab est revenue sur l'épineuse question de la préférence régionale en matière de recrutements et de mutations. A trois semaines de la rentrée scolaire, Gilles Leperlier, son président, a insisté sur les postes vacants de professeurs des écoles à La Réunion et l'opacité qui entoure les affectations pour y pallier. Et sur quelques autres sujets axés sur l'accès à l'emploi.

Selon Nou Lé Kapab, les syndicats auraient appris que le Rectorat n’a pas l’intention d’affecter sur les postes vacants les 44 enseignants inscrits sur la liste complémentaire lors du concours 2018. Des postes seraient vacants mais leur nombre n’aurait pas été communiqué aux syndicats. " Nous constatons une opacité qui s’intensifie depuis quelques temps au niveau du Rectorat ", regrette Gilles Leperlier. "  A qui le Rectorat a-t-il prévu d’affecter ces postes ? Et qu’en sera-t-il l’année prochaine alors que le gouvernement prévoit le dédoublement des classes élémentaires ? ", s’interroge le président de Nou lé Kapab.

Gilles Leperlier et ses adhérents craignent un recrutement en métropole alors que des jeunes, formés à La Réunion et ayant passé le concours, sont en attente d’affectation.

Pire encore, Gilles Leperlier entrevoit la possibilité que le Rectorat fasse appel à des contractuels recrutés localement. " Mais quelle formation pédagogique ont ces contractuels ? ", se demande Gille Leperlier qui craint un glissement dommageable vers le recours à ces contrats ponctuels, et donc vers la banalisation de la précarité dans l’enseignement du premier degré.  Le Rectorat, contacté par nos soins pour répondre à ces questions, était aux abonnés absents, vacances oblige.

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Les rapports… au rapport !

Sur la question des mutations d’enseignants venus de métropole, Gilles Leperlier se défend d’encourager le discours anti-zoreils : " Nous ne sommes pas sur une bataille des personnes mais nous nous battons contre un système qui pénalise les Réunionnais et les personnes installées depuis un moment à La Réunion dont les enfants, qui ont grandi ici, sont bloqués eux aussi au moment de l’entrée sur le marché du travail ".

Le credo de Nou lé Kapab est connu : à compétences égales, à diplôme égal, priorité au recrutement local. " Au départ de notre action, il y a dix ans, nous avons été traités de racistes, mais de plus en plus de gens actuellement se sentent concernés par notre combat quand leurs enfants, après des années d’études qui leur ont imposé bien des sacrifices, se retrouvent au chômage ", explique Gilles Leperlier qui reconnaît que le sujet a souvent fait l’objet de travaux au niveau national, tels les rapports Lebreton ou Bédier. " Mais pour quels résultats ? ", s’interroge l’association qui, dans ce domaine, a quelques propositions à faire.

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Un plan prévisionnel à 15 ans

Si Nou lé Kapab dénonce la non-anticipation du Rectorat sur les besoins d’enseignants à la rentrée, l’association ne veut pas tomber dans ce même piège. Ainsi, explique Gilles Leperlier, Nou lé Kapab appelle de ses vœux un plan prévisionnel à 5, 10 ou 15 ans pour recenser les besoins de compétences sur la Réunion et pouvoir diriger les jeunes vers des formations porteuses d’emplois. De même, l’association Nou lé Kapab attend qu’il soit fait obligation aux entreprises de publier leur besoin de main d’œuvre auprès de Pôle Emploi. " Plus de 50% des offres d’emploi échappent à Pôle Emploi, ce qui permet parfois du copinage, de la délocalisation du recrutement et un effet réseau qui pénalisent les jeunes diplômés. "

Et de noter " la fâcheuse tendance " des collectivités à recourir aux bureaux d’études en métropole, et le recrutement en métropole de professionnels de santé contractuels " aux conditions très avantageuses " qui repartent ensuite, " un système qui crée mécaniquement un déficit d’effectifs ".

Enfin, pour lutter contre le chômage, Nou lé Kapab propose la création d’une allocation " autonomie jeune ", attribuée à tous les étudiants quels que soient les revenus de leurs parents, afin de leur permettre de poursuivre leurs études aussi loin que nécessaire.

ml/www.ipreunion.com
 

   

1 Commentaire(s)

Paulo, Posté
Un vrai problème qui touche directement à l égalité des chances pour nos enfants. Nous avons besoin de ces enseignants titulaires. Pourquoi le problème des enseignants non remplacés est il passe sous silence ?