Ils sont toujours plus nombreux :

kinésithérapeutes : à La Réunion l'offre pourrait devenir pléthorique


Publié / Actualisé
La Réunion comptait, au 1er janvier 2017, 1403 masseurs-kinésithérapeutes dont 90% sont installés en secteur libéral. Le territoire semble particulièrement attractif pour cette profession, dont la densité est plus importante ici qu'en métropole. Forcément, la région n'échappe pas au questionnement actuel sur la démographie galopante de ces professionnels de santé. D'autant que 60% des kinés réunionnais ont moins de 35 ans.
La Réunion comptait, au 1er janvier 2017, 1403 masseurs-kinésithérapeutes dont 90% sont installés en secteur libéral. Le territoire semble particulièrement attractif pour cette profession, dont la densité est plus importante ici qu'en métropole. Forcément, la région n'échappe pas au questionnement actuel sur la démographie galopante de ces professionnels de santé. D'autant que 60% des kinés réunionnais ont moins de 35 ans.

La kinésithérapie a du succès auprès de la jeunesse : en seize ans, les effectifs de la profession ont progressé de 61%, selon les statistiques annoncées par la Direction de la recherche du Ministère de la Santé (Drees). Et ce n’est pas fini. D’ici 20 ans, le nombre de masseurs-kinésithérapeutes devrait augmenter encore de 57%. 
L’offre devrait donc devenir pléthorique et dépasser largement la demande de soins. La Réunion n’y fait pas exception puisque l’île dispose de 165 masseurs-kinésithérapeutes pour 100 000 habitants, contre 123 en France métropolitaine. En 1990, ils n’étaient que 32 pour 100 000 habitants à La Réunion.

Une majorité venue des autres départements

La progression fulgurante du nombre de diplômés est un phénomène récent : " 553 masseurs kinésithérapeutes sont diplômés depuis moins de six ans, cela représente un inscrit à l’ordre sur trois, presque un sur six sont diplômés depuis moins de trois ans et 67 d’entre eux le sont depuis moins de deux ans ", souligne le Conseil Départemental de l’Ordre des Masseurs kinésithérapeutes Mayotte-Réunion (CDOMK).
L’Institut de Formation des Masseurs-Kinésithérapeutes, à Saint-Pierre, délivre une vingtaine de diplômes chaque année. En 2015, seize des diplômés ont demandé leur inscription au Conseil Départemental de l’Ordre. En moyenne, les nouvelles inscriptions concernent à 43% des personnes vivant à La Réunion et pour 57% des arrivées d’un autre département.
Plus d’un tiers (34,7%) des inscrits au CDOMK est titulaire d’un diplôme hors département, dont 22,3% ont un diplôme étranger, essentiellement Belgique et Espagne, sans être pour autant des travailleurs immigrés. " A titre d’exemple, pour les 380 diplômés en Belgique installés à La Réunion, 296 sont des Français et 84 sont Belges ", précise le CDOMK, sur son site internet.

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3,3 milliards d’euros en plus  en un an

Si l’heure est à l’inquiétude dans les coulisses de la Drees sur les effectifs en hausse permanente chez les kinés, à la Réunion les arrivées sont à peine plus importantes que les départs : 267 contre 227. A première vue. Car 40 kinés en plus par an, cela fait 800 de plus en 20 ans. Et on retrouve bien ici un taux de 57% d’augmentation des effectifs annoncé par la Drees pour 2040. 
L’offre générant en général de la demande, l’inflation du nombre de kinésithérapeutes sur l’ensemble du territoire risque d’être particulièrement douloureuse, ici comme en métropole, pour l’Assurance-Maladie. C’est déjà le cas : la Sécurité sociale a enregistré une hausse de 3,4% des remboursements de soins en kinésithérapie entre juin 2017 et Juin 2018, soit + 3,3 milliards d’euros. Avec 57% de kinésithérapeutes en plus en 2040, on imagine sans peine le cauchemar du Directeur de la CNAM et de son Ministre de tutelle.

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Une augmentation gérable, selon la Drees

Certains évoquent l’accroissement de la population pour endiguer la croissance exponentielle de la profession. Sauf que selon la Drees, la population ne devrait augmenter que de 9%. Soit 6 fois moins que l’augmentation prévisionnelle du nombre de kinésithérapeutes.
Mais grâce au vieillissement de la population, le kinésithérapeute réunionnais ne devrait pas manquer de travail. Selon l’ARS, en 2040, un Réunionnais sur quatre sera retraité. Et cette génération est, avec les sportifs, la population la plus consommatrice de soins de masso-kinésithérapie, jusqu’à cinq fois plus d’actes de soin que la moyenne.
Ceci étant, la profession se féminisant massivement d’un côté et vieillissant de l’autre, les équivalents plein temps ne devraient pas représenter plus de 19% d’augmentation de l’offre d’ici 2014, selon la Drees. Une augmentation gérable, même à l’échelle de La Réunion, déjà fortement pourvue en masseurs-kinésithérapeutes, surtout dans l’Ouest et à moindre mesure dans le Sud, deux régions où l’offre de soins est la plus importante.

ml/www.ipreunion.com

 

   

3 Commentaire(s)

Alex, Posté
Trouver un rempla est plutÃ't simple à la Réunion grâce à des applis comme App'Ines. L'assistanat c'est autre chose, les praticiens sont de passage et peu reste sur l'île au final.
Kaulo, Posté
Et quand l'offre dépassera la demande, ils vont faire quoi ? Des salons de massage comme on en trouve dans les pays voisins ?!
Bâclé, depuis son mobile, Posté
Dommage que l?article ne soit pas plus complet . Pas de chiffres des espagnols trop nombreux chez nous , pas de chiffres totaux des 900 kinésithérapeutes sur l?île juste un ratio donne. Il y a matière pour un article expliquant le temps passé par patient , il y a matiere à regarder ce que nous coute cette profession , du nombre élevé de brebis galeuses qui vous laissent dans une salle et qui prend 4 patients en meme temps, il y a matière aussi sur les soins à domiciles ....après on parlera des rois de la fraude les infirmiers liberaux qui surfacturent sans que ce soit possible de vérifier si l?acte paye correspond à la pietre prestation . Alle un effort