Ils se disent victimes de discriminations :

Les gendarmes réunionnais attendent l'avis du Défenseur des droits


Publié / Actualisé
C'était une action inédite : le 12 mars 2018, un collectif composé d'une quarantaine de gendarmes s'est rassemblé auprès d'un avocat afin de dénoncer des discriminations dont ils considèrent être victimes. Notamment concernant les mutations : leurs collègues de métropole voient leurs années travaillées sur le département d'Outre-Mer comme double; alors qu'eux, non. Plus de quatre mois après, le collectif existe toujours mais ses membres sont dans l'attente. Eux qui ont saisi le Défenseur des droits le 24 mars, une autorité administrative indépendante, patientent dans l'espoir qu'on leur donne raison. S'ils n'obtiennent pas satisfaction, ils se disent toujours prêts à intenter une procédure pénale.
C'était une action inédite : le 12 mars 2018, un collectif composé d'une quarantaine de gendarmes s'est rassemblé auprès d'un avocat afin de dénoncer des discriminations dont ils considèrent être victimes. Notamment concernant les mutations : leurs collègues de métropole voient leurs années travaillées sur le département d'Outre-Mer comme double; alors qu'eux, non. Plus de quatre mois après, le collectif existe toujours mais ses membres sont dans l'attente. Eux qui ont saisi le Défenseur des droits le 24 mars, une autorité administrative indépendante, patientent dans l'espoir qu'on leur donne raison. S'ils n'obtiennent pas satisfaction, ils se disent toujours prêts à intenter une procédure pénale.

"On est toujours dans l'attente du Défenseur des droits qu'on a saisi par le biais de Me Alain Antoine" affirme un gendarme, membre du collectif. Il ajoute : "en fonction de sa réponse, on intentera, ou non, une procédure au pénal. S'il faut pousser la gendarmerie au pénal, on le fera sans problème". 

"On est tristes de ne pas être considérés comme Français"

Lui et ses collègues se disent "dégoutés" : "on est tristes de ne pas être considérés comme Français". 

Pour cause, la réglementation prévoit que tous les gendarmes puissent rester sur un département d'Outre-Mer pendant 11 ans. Ceux qui viennent de métropole voient leur année travaillée comme double. Soit une année travaillée pour deux années de retraite. C'est ce qu'on appelle les "bénéfices de campagne".  Seul hic : les gendarmes originaires de La Réunion n'en bénéficient pas. 

De plus, les gendarmes réunionnais qui sont affectés sur l'île sont amenés à être réaffectés en métropole. Une situation qui concerne l'ensemble des DOM

Lire aussi => [VIDEO] Mutations et bénéfices de campagne : les gendarmes réunionnais veulent être traités comme les métropolitains

"L'effet d'une bombe"

"On différencie les Français métropolitains des Français d'Outre-mer mais, nous, on aimerait être considérés comme tout le monde" affirme un gendarme qui "demande le respect qu'on mérite". 

Selon lui, "si le Défenseur des droits dit que la gendarmerie joue de la discrimination, ça va faire l'effet d'une bombe. Ce serait une grande première pour la gendarmerie". 

Dans tous les cas, les militaires mobilisés n'envisagent pas "d'attendre 150 ans".

"Sujet tabou"

En interne, la création du collectif aurait "quand même fait bouger certaines choses : en métropole, un groupe travaille en concertation sur l'égalité". 

Un gendarme rappelle l'impact de la création du collectif, au mois de mars : "à l'époque, on a eu affaire à une incompréhension de certains de nos camarades métropolitains. Ils trouvaient inadmissible notre action. Ca a créé quelques tensions dans les discussions et au fil du temps, c'est devenu un sujet tabou. A contrario, d'autres ont compris qu'on veuille avoir les mêmes droits". 

Aujourd'hui, les membres du collectif sont toujours en contact. A La Réunion, il sont une centaine. "On a bon espoir réagit un militaire. On parle souvent des discriminations entre les hommes et les femmes. Là, il existe une vraie discrimination raciale. Les métropolitains peuvent partir à la retraite beaucoup plus vite que nous". 

sw/www.ipreunion.com

   

2 Commentaire(s)

Atterré, Posté
«... Là, il existe une vraie discrimination raciale...»
La race humaine est une et indivisible. Il n'y en a pas plusieurs comme chez les animaux.
Une preuve : un noir peut (et dois !) faire un enfant à une chinoise, ce que ne peut faire un canard à une poule ! ! !
T42, depuis son mobile, Posté
Il est possible qu'il y ait dans cette affaire une discrimination. Le défenseur des droits le dira. Mais pourquoi parler de "discrimination raciale"? Si discrimination il y a elle serait fondée sur le lieu de naissance ou de recrutement des gendarmes, pas sur leur 'race".