Etudiants privés de bourses :

Une délégation reçue à la préfecture


Publié / Actualisé
Après un dialogue de sourds à la Région le mardi 31 juillet 2018, les étudiants et leurs familles ont été reçus le mercredi 1er août 2018 à la préfecture, par le secrétaire général aux affaires régionales , Loïc Armand, et le directeur de LADOM. La petite troupe était évidemment encadrée par la députée Huguette Bello et sa collègue Ericka Bareigts., ainsi que Vanessa Balbine, représentant Jean-Hugues Ratenon.
Après un dialogue de sourds à la Région le mardi 31 juillet 2018, les étudiants et leurs familles ont été reçus le mercredi 1er août 2018 à la préfecture, par le secrétaire général aux affaires régionales , Loïc Armand, et le directeur de LADOM. La petite troupe était évidemment encadrée par la députée Huguette Bello et sa collègue Ericka Bareigts., ainsi que Vanessa Balbine, représentant Jean-Hugues Ratenon.

Comme un fait exprès, une caravane Family Rise, avec ce joli mot d’accueil, Welcome, siégeait aux abords du jardin devant la préfecture. De quoi mettre à l’aise la petite troupe, qui, depuis hier, n’a pas reculé d’un pouce : les bourses, pas question d’y renoncer !  Pour certains parents, la mine grave, il n’y a pas d’autre alternative : la banque, le matin même pour l’une d’entre eux, a refusé la demande de prêt études. D’autres n’essaient même pas, connaissant la réponse d’avance. Autant dire que de cette rencontre à la préfecture, ces parents, comme les étudiants, attendaient beaucoup.

" Les filles, il faut les former "

Toute timide, dans un coin, une jeune fille fluette, a presque baissé les bras. Sans bourse, pour elle, l’IFSI, c’est plié. Hier, elle est allée voir la Mission Locale pour envisager son avenir dans une autre direction. Une résignation que la députée Ericka Bareigts comprend, mais qui la révolte : " Je pense aux filles particulièrement parce que l’insertion professionnelle des filles, c’est compliqué. Quand elles trouvent leur voie et qu’elles ont les moyens de s’insérer, il ne faut pas passer à côté. Les filles, il faut vraiment les accompagner, c’est trop difficile. Et là, il y en a qui ont renoncé et on ne peut pas accepter ça. "

Sans la Région, pas d’aide de l’Etat

La réunion aura duré une bonne heure et demi. A la sortie, l’ambiance n’était pas vraiment à la liesse, même si, de l’aveu de la députée Erick Bareigts, elle a eu l’impression que la délégation a été écoutée. La seule certitude, au sortir de la préfecture, c’est que si la Région décidait de remettre en place le dispositif d’aide, l’Etat ne la sanctionnerait pas, même si c’est hors de son champ de compétences. Le champ de compétences, voilà une expression qui met Huguette Bello en boule : " Ah ça, la Région sait sortir de son champ de compétences quand il s’agit d’offrir la continuité territoriale mais pour aider des jeunes à se former, alors là… ! "
La balle est donc dans le camp de la Région d’autant que le dispositif d’aide de l‘Etat via LADOM est conditionné à l’aide de la Région. " Le directeur de LADOM nous l’a bien expliqué : si la Région retire ses aides, l’Etat ne peut rien faire ! L’aide de l’Etat vient uniquement en soutien à celle de la Région. Si la Région se retire, il n’y a plus soutien de l’Etat. "

Des écoles en nombre insuffisant

Ericka Bareigts, pour sa part, se montre sévère envers le Président Didier Robert et son équipe : " Nous sommes face à des jeunes qui ont rempli leur contrat vis à de leurs familles, vis à vis d’eux-mêmes et vis à vis de la société. Ils ont fait le choix de se former dans les métiers sanitaires et sociaux dont nous savons, ici à La Réunion, que nous avons grand besoin, des métiers utiles à leur territoire et à leur pays. Dans quelques années, nous chercherons des infirmières et des infirmiers et nous n’en trouverons pas, parce que nous n’aurons pas fait le choix de les former ! ".  Et Huguette Bello de renchérir : " Nous savons que les deux socles de notre société réunionnaise, c’est la santé et l’éducation ".

La députée ne décolère pas : " Ici, nous sommes plus de 800 000 habitants et nous n’avons que deux instituts de formation en soins infirmiers qui sont saturés : il en faudrait au moins un troisième ! Mais comme rien n’a été fait, nos jeunes sont obligés de partir pour leurs études. Et voilà qu’en pleine période de vacances et à quelques jours du départ en métropole des étudiants, la Région coupe les aides, en espérant qu’à la rentrée tout le monde aura oublié comment on a traité les jeunes Réunionnais méritants dont les parents ont peu de moyens. Mais j’espère bien qu’aucun Réunionnais n’aura oublié ! " Et de rappeler, une fois de plus, sous des applaudissements nourris, les dépenses de la Région : 9 millions pour des ordinateurs portables, 160 000 euros pour une visite de la NLR…

Une réunion improvisée à la Région en fin de journée

Quoi qu’il en soit, ce tintamarre militant a dû faire son petit effet car la Région, soudainement, acceptait en fin de journée de recevoir quatre parents et quatre étudiants.
De toute façon, les parents et les étudiants n’avaient pas l’intention d’attendre bras ballants que la décision tombe en fin de semaine, comme annoncé par la Préfecture. " Nous allons maintenir une action forte devant la préfecture tous les jours, nous voulons qu’ils cèdent et qu’ils remettent en place ce dispositif d’aide. Nos enfants ne sont pas des bâtards ! ", s’insurge l’un des pères de famille.
A la Région, où les représentants des étudiants et les étudiants ont été reçus sans la presse, on semble jouer l'apaisement en l'absence du Président Didier Robert, selon les témoignages de parents présents. Qui ont finalement renoncé au sortir de la rencontre avec la Région à leur projet de sitting jusqu'à résolution mais devront s'armer de patience jusqu'au vendredi 3 août 2018, jour où les familles en sauront davantage sur les intentions de la Région. Suspense...

ml/www.ipreunion.com

 

   

Votre avis nous intéresse, soyez le premier à vous exprimer !

Illustration : Kwa Films

Kwa Films

37 reportage(s)