Des bourses à la mobilité des étudiants supprimées (actualisé) :

À la Région on a des sous... mais pas pour tout le monde


Publié / Actualisé
Alors que la Région vient d'allouer une subvention de 30 millions d'euros à La Possession, depuis ce lundi 30 juillet 2018, le ton monte chez les 45 étudiants en carrières sanitaires et sociales, inscrits en métropole. En effet, la Région, qui leur accordait jusqu'ici une bourse de 495 euros par mois, a décidé de stopper cette aide, pourtant indispensable pour de nombreux étudiants issus de familles modestes. Les familles et les étudiants ont entamé un sitting à l'hôtel de Région ce mardi 31 juillet 2018, devant le refus des élus régionaux de revenir sur leur décision. Ils l'ont finalement levé à 19h, non sans avoir refusé la proposition d'une élue régionale d'étudier les dossiers au cas par cas. Ce mercredi, à 14h, les contestataires seront reçus à la préfecture.
Alors que la Région vient d'allouer une subvention de 30 millions d'euros à La Possession, depuis ce lundi 30 juillet 2018, le ton monte chez les 45 étudiants en carrières sanitaires et sociales, inscrits en métropole. En effet, la Région, qui leur accordait jusqu'ici une bourse de 495 euros par mois, a décidé de stopper cette aide, pourtant indispensable pour de nombreux étudiants issus de familles modestes. Les familles et les étudiants ont entamé un sitting à l'hôtel de Région ce mardi 31 juillet 2018, devant le refus des élus régionaux de revenir sur leur décision. Ils l'ont finalement levé à 19h, non sans avoir refusé la proposition d'une élue régionale d'étudier les dossiers au cas par cas. Ce mercredi, à 14h, les contestataires seront reçus à la préfecture.

La députée Huguette Bellon est montée au créneau à la Région ce mardi matin 31 juillet 2018, entourée de quelques étudiants concernés par cette réduction drastique des aides, jusqu’ici accordées par la Région pour les étudiants en carrières sanitaires et sociales hors département. Jean-Hugues Ratenon, qui soutient les étudiants et leurs familles, était quant à lui en métropole, retenu par une autre (célèbre) polémique.
Lauriane, 20 ans, était présente : cette étudiante, après une année de prépa, a passé le concours pour devenir infirmière. Recalée à La Réunion mais reçue au concours à Bordeaux, elle doit partir la semaine prochaine en Nouvelle-Aquitaine. Un casse-tête pour elle et sa famille. " Dès que j’ai appris que j’étais reçue au concours, je me suis rapprochée de la Région pour monter un dossier de bourse. Et là, à ma grande surprise, j’ai reçu un courrier me disant que la Région ne finançait plus les études en métropole. "
Lauriane, qui vient d’un milieu modeste, père cuisinier, mère aide-ménagère et dont le frère est étudiant en Master de maths, va être aidée par ses parents. " Mais c’est difficile pour eux, souligne-t-elle. Je vais demander une bourse à la Région Nouvelle-Aquitaine, mais en attendant, la situation n’est pas simple." Pour d'autres étudiants, reste la solution du prêt bancaire pour financer trois années d'études, mais toutes les familles ne peuvent pas y  recourir.

Le comble, c'est que si ces jeunes gens avaient choisi de faire leurs études en Belgique, la Région aurait maintenu son aide. En effet, les coupes sombres ne concernent que les études en métropole, pas les études à l'étranger. Cerise sur le gâteau, le salut viendrait donc d'un choix de filière fortement décrié, car les étudiants recalés en France en médecine, en kinésithérapie, en chirurgie-dentaire, en orthophonie ou en soins infirmiers sont souvent acceptés en Belgique, où les concours d'accès sont réputés plus accessibles. 

C’est pas moi, c’est l’autre…

Du côté de la Région, on se défausse sur l’Etat. " L’Etat nous demande de faire des économies drastiques, donc nous avons dû faire des coupes budgétaires. D'autant que la mobilité, c’est la compétence de l’Etat, pas celle des Régions ", scande l’un des directeurs de la pyramide inversée, Patrice Bertil, reprenant quasiment mot à mot le communiqué de presse de la Région, publié en réponse aux interpellations des deux députés. Une manière d’inviter LADOM, organisme ministériel en charge des aides à la mobilité pour les ultramarins, à casser sa tirelire au-delà des 205 euros par étudiant que l’organisme débourse déjà.

Et de rappeler aux Régions d’accueil des étudiants réunionnais qu’il serait de bon ton d’ouvrir leur bourse. " Les étudiants ne seront pas sans soutien, toutes les Régions d’accueil accorderont des aides ", conclut le fonctionnaire territorial. Autrement dit, circulez, y a rien à voir !

Ce qui est clair, c’est qu’à ce petit jeu de " C’est pas ma faute, c’est la faute à l’autre " auquel se livre la Région, ce sont les jeunes étudiants réunionnais en mobilité qui risquent de payer les pots cassés. Ainsi, un étudiant de seconde année affirme " qu’il n’a pas d’autre choix que d’arrêter ses études ". Une autre, admise à l'école vétérinaire, a expliqué à l'un de nos confrères qu'elle va devoir renoncer.
Pour la députée Huguette Bello, ce n’est pas à la Région de renvoyer les familles contre l’Etat : " C’est la Région qui a baissé de 72% son budget dédié à la formation et l'apprentissage, qui est passé de 39 millions à 11 millions d'euros. La formation professionnelle, c’est dans les compétences de la Région. Si la Région a un problème avec le désengagement de l’Etat, qu’elle discute avec l’Etat mais ce n’est pas aux familles d’en porter les conséquences ".

"Il suffit de faire un peu moins la fête"

La députée, ainsi que son collègue Jean-Hugues Ratenon, ont donc demandé une subvention exceptionnelle pour les 45 familles concernées par cette suppression de bourses. " Il suffit de faire des coupes ailleurs ! On vote bien des subventions pour des fêtes, eh bien, cette année, il suffit de faire un peu moins la fête ", décrète l’élue, qui a quitté en début d'après-midi le sitting pour laisser le terrain aux familles. Et de décocher au passage une pique envers les élus régionaux : " On m’a dit que je politisais le sujet ".

Olivier Lambert, porte-parole du mouvement jeunes LPA, se moque bien du procès d’intention et ne mâche pas ses mots, dans une tribune libre envoyée aux médias : " Quelques jours après que nous ayons franchi la barre des 140 000 chômeurs à la Réunion, le Président de Région et son équipe, au lieu de soutenir les jeunes qui se donnent les moyens de réussir, décident de supprimer une bourse d’études. Qu’en est-il de l’égalité des chances que prône le Président de Région ? Les étudiants dont les parents n’ont pas les moyens d’assumer les dépenses liées aux études de leurs enfants doivent-ils renoncer à construire leur avenir ? " Jugeant la situation " simplement scandaleuse ", Olivier Lambert déplore que la jeunesse réunionnaise ne soit pas la priorité du Président de Région et attend qu’il revienne " sur cette suppression brutale ".

Quant au candidat aux législatives dans la 7e circonscription, Gilles Leperlier (PRC), il déplore que " de nombreux jeunes doivent aujourd’hui renoncer à leurs études pour des raisons financières et que leur famille se retrouve dans l’impasse, démunie et victime de la politique d’austérité du Gouvernement ". Et estime qu’une  prolongation du dispositif actuel de bourse régionale d’aide aux étudiants " doit être trouvée en urgence pour permettre à nos jeunes de poursuivre leurs études. "

Dans son programme et dans le cadre de son mandat de président de Nou lé Kapab, Gilles Leperlier plaide pour la mise en place d’une allocation d’autonomie pour tous les jeunes en formation quel que soit le revenu de leurs parents. " L’aide aux étudiants ne doit pas être basée sur la situation de leurs parents mais bien sur leur situation personnelle. Cette allocation individualisée, mensualisée et contractualisée sur la durée de leurs études serait la clé de réussite de notre jeunesse ". Ce ne sont pas les étudiants réunionnais inscrits en carrières sanitaires et sociales en métropole qui le contrediront.

Et le p’tit Livre bleu a dit…

Alors que le conflit se durcit autour de l’Hôtel de Région, avec des familles et des étudiants qui se disaient prêts à passer la nuit sur les lieux pour faire fléchir les élus régionaux mais ont fini par lever le camp à 19h, avec la promesse d'une rencontre avec la directrice de cabinet du préfet mercredi 1er août 2018, on se peut se demander ce qu’il en est des grandes déclarations du Livre Bleu sur l’impératif de formation des jeunes ultramarins pour lutter contre le chômage…
Est-il permis de s’interroger sur le poids que pèsent réellement dans le budget de la Région les quelques bourses jusqu’ici versées aux étudiants des carrières sanitaires et sociales en mobilité ? A peine un atome de goutte d’eau dans l’Océan Indien sur lequel est érigée la Nouvelle Route du Littoral. Cette fameuse NRL qui coûte une fortune à la Région, laquelle vient encore de faire une rallonge de 30 millions d’euros à La Possession.
Que pèse l’avenir d’une quarantaine de jeunes Réunionnais face à un tel chantier ? La Région semble en tout cas en faire peu de cas. Et pendant ce temps-là, le chômage des jeunes réunionnais atteint un niveau abyssal. Lauriane, elle, si elle parvient à faire ses études, n’a pas prévu de revenir travailler ici. Un chômeur de moins donc. Et les autres ? Il leur restera toujours la possibilité d’aller casser des cailloux dans la carrière des Lataniers, où, dit-on, la Région a investi récemment quelques jolis millions… Merci qui ?
 
ml/www.ipreunion.com (mis en ligne mercredi 1er août 2018 à 3h - actualisé à 11h03

   

6 Commentaire(s)

Didier s'occupe de sa communication, Posté
A la région, 35 personnes s'occupent de la communication de Didier Robert.
Cela fait en gros 3 600 000€ dépensés pour encenser, faire briller, et tenter de faire réélire le grand, le magnifique, l'intelligent Didier Robert incapable de signer un contrat contenant l
origine de l'extraction des roches destinées à sa route digue.
Didier Robert incompétent et stupide.....ù......
Lol, Posté
La porte de sortie commence petit à petit à s' ouvrir pour Didier ROBERT qui sera remercier en 2021 comme l'a été Verges au bout de 2 mandats. Foutre de l'argent à gogo dans la continuité térritorial pour des couples qui touchent un max et 400€ la Région ne peut pas verser à des jeunes qui vont faire leur s études en carrière sanitaire et social
RIPOSTE974, Posté
Didix robertix a d'autres chats à fouetter semble t-il quand on voit de la manière est gérée cette collectivité , 144 collaborateurs au cabinet de la Région REUNION . De qui se fiche t-on ???
Agent , Posté
Avez vous juste vu le niveau intellectuel de celle qui gère les carrières sanitaires et sociales dans cette collectivité? Ses compétences sont juste à revoir . Le DGA n’est qu’un fusible , car tout le petit peuple est en vacances loin d’ici !!!!
AFZ, Posté
La politique de la pyramide inversée c’est fête, bat’kare, gaspillage à outrance ( voyez juste les repas lors des plénières et commission permanente), et les diverses fêtes chinois, malgaches, tamoules, musulmanes, ..... les étudiants les importent peu , tracez votre chemin nou on trace les carrières ! Fermez le ban
Aterla, Posté
Bravo à Mme BELLO et à M. RATENON.
Pour la direction de la Region par contre, quelle honte, quelle honte!